Saint-Jacques-de-la-Lande : le médecin de quartier part à la retraite, un collectif d'habitants se mobilise

Depuis près d'un an et demi, leur mobilisation est sans faille. À Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes, un collectif d'habitants du quartier bourg-aéroport se démène pour trouver un médecin et aider à son installation, celui en place depuis des décennies prenant sa retraite fin mars.

La maison boulevard Eugène-Pottier, à Saint-Jacques-de-la-Lande, propriété de l’aviation civile, et repérée par le collectif d'habitants pour devenir local médical
La maison boulevard Eugène-Pottier, à Saint-Jacques-de-la-Lande, propriété de l’aviation civile, et repérée par le collectif d'habitants pour devenir local médical © DR

"C'est sûr que l'on n'est pas dans un désert médical, loin de là, mais il est important pour nous de trouver un successeur à notre médecin de quartier". Gaby Bonnand ne le cache pas. Même si son quartier n'est pas dans la situation que vivent certains petits villages excentrés des grandes villes, la détermination pour le collectif qu'il représente, le club santé de citoyens, est toujours aussi forte.

Succéder au médecin de quartier


Depuis un an et demi, ce collectif d'habitant s'est donné comme mission de résoudre cette succession, celle du médecin de quartier qui soigne depuis des lustres, le Dr Amiot. Ce dernier ne souhaitant pas céder la maison personnelle dans laquelle il exerce depuis toujours, il ne s'est pas mis en tête de transmettre son cabinet.

Le collectif a donc décidé de se mobiliser pour faciliter l'arrivée d'un nouveau praticien, surtout que les médecins de la ville et principalement ceux du quartier voisin de la Morinais ont déjà leur patientèle complète et ne prennent quasiment plus de nouveaux patients si ce n'est pour dépanner.

"Vous êtes dans un quartier de 2 000 habitants avec une population âgée importante, même si la ville a fait venir de jeunes couples avec la construction ces dernières années de petits collectifs. Le besoin d'un médecin à Saint-Jacques bourg-aéroport est bien réel" explique Gaby Bonnand.
 


Le collectif entend aussi plus largement, "contribuer à créer les conditions pour une plus grande coordination des soins entre professionnels de santé sur l'ensemble de la commune" et se met même à imaginer une maison de santé.


Une médecin intéressée


Suite aux différentes démarches et réunions engagées par le collectif auprès des professionnels de santé, une doctoresse a manifesté son intérêt il y a trois mois pour s'installer dans le quartier, ainsi que d'autres professionnels paramédicaux. Pour l’instant, en congé maternité, la jeune médecin a rapidement évoqué la question centrale du local pour exercer.

Une problématique à laquelle s'était déjà attelé le collectif. Celui-ci a formulé plusieurs demandes à la municipalité pour que cette dernière favorise la mise à disposition de locaux.

Le collectif 'santé citoyens' a d'ailleurs repéré une maison rue Eugène Pottier, inoccupée pour l'instant. Il s'agit d'un logement de fonction appartenant à la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). 

 

Un concours actif de la ville


"Nous avons beaucoup insisté pour que la mairie se mobilise et elle a répondu présente, pour l'instant" explique Gaby Bonnand. "La ville se bat pour trouver une solution" .

Marie Ducamin, la maire de Saint-Jacques-de-la-Lande est en effet bien consciente de l'importance que revêt la succession de "ce médecin de famille, à 'l'ancienne', qui se déplace à domicile et qui répond présent à toutes heures ou presque". 

La maire de la ville de 14 000 habitants, dans laquelle exercent une dizaine de médecins généralistes, constatent elle aussi que leurs patientèles sont plus que chargées. Elle se veut "optimiste" car croit en l'attractivité de sa ville, aux portes de la capitale régionale.

Elle précise avoir engagé des discussions avec la DGAC pour une éventuelle mise à disposition de la maison inoccupée, repérée par le collectif.

Même si comme elle le précise, "la ville ne peut intervenir directement pour installer un médecin, car on est pas en territoire prioritaire, selon l'ARS [Agence régionale de santé, NDLR]", l'élue a sollicité "un promotteur de santé pour étudier la faisabilité de l'installation d'une maison santé avec plusieurs cellules."

Alors que le collectif envisage même un bâtiment modulaire, la maire ne se dit pas opposée à l'idée, mais rappelle que c'est une solution coûteuse, "un investissement important très difficile à supporter pour un médecin qui voudrait s'installer".

De plus, la mairie ne peut pas assister financièrement le nouvel arrivant car "ce serait une rupture du respect de la concurrence si on l'aidait à s'installer au bourg alors que l'on n'a pas aidé ceux qui se sont installés 500 m plus loin. On peut le faire dans le cas des déserts médicaux, mais là, ce n'est pas le cas."

La mairie devrait prochainement rencontrer la médecin intéressée.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société