Un automobiliste jugé après la mort d'un motard qui roulait "comme une fusée" entre Janzé et Saulnières

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Écrit par SG//CB (PressPepper)

Un automobiliste de 54 ans a été jugé ce mardi 10 mai 2022 pour "homicide involontaire" devant le tribunal correctionnel de Rennes après avoir été impliqué dans le "choc frontal" qui avait coûté la vie à un motard de 30 ans, le 3 mars 2021, sur la route qui relie Janzé à Saulnières, en Ille-et-Vilaine.

Julien Pichot, père de deux enfants et habitant de Saulnières, rentrait à moto d'un rendez-vous chez le dentiste peu après 19h : la visibilité était en fait "plutôt bonne" ce soir-là sur la route départementale D777, et le motard avait "effectué un dépassement d'un véhicule" conduit par une femme. Celle-ci déclarera, par la suite, qu'il était passé "comme une fusée". 

Alors que le motard effectuait ce dépassement et qu'il était sur la voie de gauche de la route départementale, sa moto s'était "encastrée dans le véhicule utilitaire" de Pierre-Yves X. Cet habitant de Janzé de 54 ans "sortait de chez son beau-frère" : il était venu lui "rendre des outils" et "avait bu deux bières" avec lui.

Le trentenaire était malheureusement "décédé sur le coup", malgré les "tentatives de réanimation" des témoins "intervenus tout de suite"...

Le motard roulait "entre 188 et 266 km/h", selon les gendarmes

Lors de l'audience devant le tribunal correctionnel de Rennes, ce mardi 10 mai 2022, le quinquagénaire a répété qu'il "venait de passer la première" et qu'il avait "regardé à gauche, puis à droite, et encore à gauche" avant de s'engager sur la RD 777.

"Mais d'où il sort ???", avait d'ailleurs hurlé l'automobiliste "en état de choc" à la conductrice que la moto venait de dépasser et qui a assisté à cette collision "extrêmement violente".

Celle-ci avait confirmé par la suite que le motard était "passé plein gaz". Les gendarmes avaient quant à eux "estimé" que la moto roulait "entre 188 et 266 km/h", selon les "deux itinéraires" qu'il aurait pu emprunter entre Janzé et Saulnières.

Son épouse, avec qui il a eu deux enfants aujourd'hui âgés de 4 et 7 ans, s'était inquiétée de son côté de l'absence de son mari. Après avoir "fait le trajet avec [son] père", elle était alors "tombée sur les lieux de l'accident"...

Le procureur conclut a la relaxe du prévenu

Pierre-Yves X., technicien de maintenance "depuis vingt-six ans dans la même entreprise", n'avait "pas d'alcool ni de stupéfiants" dans l'organisme au moment de l'accident. Jusqu'alors inconnu de la justice, le quinquagénaire était apparu comme "psychologiquement détruit" aux yeux de la témoin de l'accident alors qu'il avait "largement le temps de passer".

"Encore un accident de la route avec une issue tragique, effroyable, alors que rien ne disposait M. Pichot à trouver la mort au coin d'une route ce soir-là", a pour sa part déploré le procureur de la République.

Néanmoins, l'automobiliste "n'a matériellement pas eu le temps de voir la moto" arriver, a-t-il considéré. "Puis-je reprocher une faute à Pierre-Yves X. ? La réponse est non", a-t-il tranché, avant de requérir la relaxe de ce prévenu.

Me Benoit Perrotin, l'avocat de l'automobiliste, avait abondé dans le même sens : aucune "faute" de conduite ne peut être reprochée à son client, "profondément traumatisé". "Il a accompli toutes les diligences normales d'un bon conducteur, et s'est assuré que la voie était libre", a-t-il dit. "N'importe quel conducteur aurait pu se retrouver dans la même situation."

La famille de la victime - répartie entre Plélan-le-Grand, Tresboeuf et Saint-Jacques-de-la-Lande - est pour sa part sortie très affectée de la Cité judiciaire de Rennes. "C'était le procès de Julien en fait", a ainsi déploré une proche. Le tribunal correctionnel de Rennes, qui a mis son jugement en délibéré, rendra sa décision dans trois semaines