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Vitré : comment les chaussures Noël en sont arrivées à la liquidation judiciaire ,“victimes des tendances” ?

Le magasin vitréen des chaussures Noël / © Google Maps
Le magasin vitréen des chaussures Noël / © Google Maps

Le groupe Noël, fabricant de chaussures, basé à Vitré en Ille-et-Vilaine, a été placé en liquidation judiciaire, ce mercredi 18 septembre. Une poursuite d’activités a été accordée jusqu’au 15 décembre par le tribunal de commerce de Rennes. 89 salariés dont 62 à Vitré sont concernés.

Par Thierry Peigné


Le groupe Noël, ce sont actuellement les marques Babybotte, Noël-Kids, Mary Isa-Minibel et Easy Peasy. Des chaussures pour bébés qui sont l'activité principale du groupe ainsi que des chaussures pour enfants. Des produits réputés pour leur qualité.


"Victime des tendances"

Reste que l'entreprise est victime de nouvelles tendances, "des jeunes mamans qui ont porté des sneakers toute leur jeunesse et préfèrent en acheter pour leurs progénitures plutôt que des chaussures" explique Patrick Noël, le PDG du groupe. "La montée en puissance des marques de sport est de plus énorme. On subit également les conséquences de la baisse de la natalité en France" ajoute-t-il. Cette dernière est passée en quatre ans de 850 000 naissances par an à 760 000, soit une baisse conséquente de 16% et donc des "clients en moins". De plus, le plan de continuation acté en juin 2016 après le redressement judiciaire de 2014 avait instauré un remboursement progressif de la dette. "Ces remboursements devenaient trop lourds alors que l'activité et le chiffre d'affaire était en baisse" rapporte le PDG. 

Depuis ce redressement judiciaire, le groupe s'était recentré sur la chaussure pour bébé et enfants. Les cinq premières saisons (deux par an, été et hiver) avaient été "encourageantes" mais depuis début 2018, "il y a eu un retournement de situation avec une chute de 14% des carnets de commandes" explique Patrick Noël. "Nous avons recherché des partenaires financiers ou des confrères du milieu pour trouver des solutions mais les dernières pistes ont été épuisées en août dernier. Il ne nous restait plus qu'à nous tourner vers le tribunal de commerce. Depuis plusieurs mois j'avais réuni 6 ou 7 fois l'ensemble du personnel pour les prévenir des difficultés et il y a 15 jours je lui ai annoncé qu'il fallait en passer par le tribunal".
 

89 salariés dans la balance

Le chiffre d'affaire du groupe était devenu insuffisant, 18 millions d'euros lors du dernier exercice clos en avril 2019 alors qu'il était de 105 millions d'euros en 2007 lorsque la marque Umbro faisait partie du groupe. 

Le groupe a déposé le 13 septembre auprès du tribunal de commerce de Rennes des déclarations de cessation de paiement en vue de la liquidation judiciaire de chacune de ses sociétés françaises. Le tribunal a prononcé ce mercredi la liquidation de l’ensemble des sociétés avec une poursuite d’activité de trois mois soit jusqu’au 15 décembre.

Patrick Noël espère trouver des solutions de reprise de tout ou partie des actifs, à savoir les marques du groupe. Les repreneurs potentiels ont jusqu'au 11 octobre pour déposer leurs offres, avant qu'elles ne soient étudiées par le tribunal.

89 personnes travaillent en France pour le groupe Noël, dont 62 à Vitré, 21 à Pau et le reste dans deux magasins d'usine.

Le groupe comprend également trois filiales en Tunisie qui emploient 700 personnes. Ces dernières ne sont pas concernées par cette liquidation judiciaire, le tribunal n'étant compétent que sur les sociétés françaises. "Mais, il est certain que ces entreprises pourraient être impactées par la suite des évènements" s'inquiète Patrick Noël.

Historiquement implantée à Vitré, l'entreprise a été créée par Henri et Edouard Noël en 1927.
 

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