Rythmes scolaires : à Montgermont la réforme est bien passée

Après les activités périscolaires, à 17h, les enfants vont faire leurs devoirs à l'étude / © France 3 Bretagne
Après les activités périscolaires, à 17h, les enfants vont faire leurs devoirs à l'étude / © France 3 Bretagne

Depuis la rentrée 2014, les nouveaux rythmes scolaires, ont été généralisés en Bretagne comme partout en France. Aujourd'hui les polémiques qui ont accompagné la mise en place se sont largement calmées. A Montgermont, près de Rennes, la réforme est bien passée, ce qui n'est pas toujours le cas... 

Par Krystell Veillard

A l'école Gérard Philippe à Montgermont, en Ille-et-Vilaine, la cloche sonne tous les soirs à 15h45, heure de la sortie de l'école. Si certains élèves rentrent chez eux, la grosse majorité, une bonne centaine, se dirige vers les ateliers. Des ateliers qu'ils ont choisis et qu'ils appellent des TAP, pour temps d'activité péri-scolaires. Sport, ateliers photos, nature, couture, tricot, jeux de société, le choix est large et varié...

A Montgermont on a pris le temps de la réflexion


Depuis septembre 2014, la communes de Montgermont, à côté de Rennes a mis en place la réforme des rythmes scolaires, ou plutôt éducatifs, avec école le mercredi matin, des journées plus courtes, toutes identiques (8h45-11h45 puis 13h30-15h45), et des activités les jeudis et vendredis soir. Des nouveautés qui satisfont grandement les enfants. La commune a, semble t-il, pris le temps de la consultation des différents partenaires, de la réflexion et engagé les moyens nécessaires à cette nouvelle organisation autour du temps de l'enfant.

Des matinées profitables aux enseignements


Même si la mise en place a été comme souvent, un peu compliquée la première année, aujourd'hui les enseignants de cette école primaire, qui compte 176 enfants, sont unanimes. La semaine est cohérentes, très régulière, c'était leur voeux et surtout les cinq matinées de travail sont profitables aux enseignements, car ce sont les moments où les élèves sont le plus réceptifs.
Mais de leur côté, les parents regrettent la matinée libre du mercredi, qui permettait aux enfants de dormir, et ils remarquent une fatigue plus grande chez leurs enfants.

Pourtant de nombreux bémols subsistent 


Cette réforme est source de disparités. Son financement reste en effet un gros point noir. L’aide versée par l’Etat aux communes, aujourd'hui pérennisée, de 50 € par enfants, ne couvre pas la totalité de la dépense, évaluée en moyenne à 150 €. (La CAF participe également en cofinançant l’accueil des enfants pendant le temps périscolaire).
C’est donc un coût qui pèse largement sur le budget des communes et en particulier les plus petites, même si certaines se sont regroupées pour mieux s’organiser. Maist beaucoup sont contraintes de faire payer le coûts des activités aux familles.
Par conséquent, cette réforme est appliquée de façon très inégale sur le territoire. Les activités proposées sont de qualités très diverses selon les écoles, car tout cela nécessite des moyens, des animateurs formés, compétents. Tous les petits élèves français ne sont donc pas logés à la même enseigne, loin s’en faut !

Le cadre de la réforme est plutôt flou 


Entre les décrets Peillon et Hamon, les organisations sont très variables. Si certaines communes, comme Montgermont, ont vraiment raccourci la durée des journées d’école, ce qui était l'esprit de la réforme, d’autres ont allongé la pause du midi, certaines encore ont regroupé les activités sur une seule demi-journée. Bref chacun a pu mettre en place ces rythmes à sa sauce et le gain n’est pas toujours évident pour les enfants.

Des polémiques pourtant moins virulentes


C'est la seconde, voire la troisième année d'application selon les écoles et la fronde est un peu passée, pourtant les syndicats de parents et enseignants dénoncent tous ces inégalités sur le territoire, mais côté enseignant, on regrette aussi parfois que cette réforme n’ait pas totalement remis à plat l’ensemble de l’année scolaire et n’ait pas été associée à une refonte des programmes.

Enseignants comme parents posent encore la question des tout petits en maternelle. Pour eux cette organisation n’est pas toujours adaptée et peut être plus fatigante, la sieste de l’après-midi n'étant pas toujours facile à mettre en place.

Une réforme avec des atouts 


Bien appliquée, cette réforme comporte tout de même des atouts, notamment en terme de régularité des rythmes de la semaine pour les enfants et puis elle a eu un mérite, c’est qu’au delà des sempiternels débats sur les effectifs, les postes, les ouvertures et fermetures de classes, elle a permis d'élargir le débat et de réunir autour d’une table de nombreux acteurs, élus, enseignants, parents, la CAF, l’Inspection académique, pour parler du temps de l’enfant...
Des études sont actuellement en cours afin d'évaluer les effets et l'intérêt pédagogique de ces nouveaux rythmes.


Le reportage à Montgermont (35) de Krystel Veillard et Jean-Michel Piron

Les rythmes scolaires à Montgermont
Le reportage à Montgermont (35) de Krystel Veillard et Jean-Michel Piron - Interviews : Emilien puis Pierre 10 ans, élèves de CM2 - Nathalie Jouffe, coordinatrice du temps périscolaire - Karine Bars, directrice de l'école élémentaire Gérard Philippe à Montgermont - Aïda Letexier, maman d'élèves de CE2 et CM2 - Jérémy Lasbleiz, papa d'élèves de CE1 et CM2
Interviews :
- Emilien puis Pierre, 10 ans, élèves de CM2
- Nathalie Jouffe, coordinatrice du temps périscolaire à Montgermont
- Karine Bars, directrice de l'école élémentaire Gérard Philippe à Montgermont
- Aïda Letexier, maman d'élèves de CE2 et CM2
- Jérémy Lasbleiz, papa d'élèves de CE1 et CM2

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