Baie de Saint-Malo : à la découverte du fort national et de l'île de Cézembre

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Écrit par Nathalie Rossignol et Catherine Deunf

Dernier épisode de notre série consacrée aux forts de la baie de Saint-Malo. Aujoud'hui, nous partons visiter le fort national, construit en 1689 d'après les plans de Vauban. Puis, nous poursuivrons jusqu'à l'île de Cézembre qui bien que n'abritant aucun fort a longtemps eu une vocation militaire. 

Parmi les fortifications qui ont défendu la cité corsaire des attaques maritimes, le fort national construit en 1689 sur ordre de Louis XIV selon les plans de Vauban, a connu bien des événements, comme notamment un duel de Robert Surcouf !
Classé aux monuments historiques en 1906, il a été acheté en 1927 par un industriel rennais, Edmond Bolleli. Ce sont encore aujourd’hui ses descendants qui l’entretiennent. Pour subvenir aux dépenses, la famille organise des visites de juin à fin septembre. Les 20 000 visiteurs annuels et les subventions permettent de maintenir le bâtiment à flot.

Direction l'île de Cézembre

Du fort national, direction Cézembre, un confetti de 18 ha à 2 milles nautiques de là. Aucun fort ici, pourtant Cézembre a toujours eu un rôle martial, puisque dès 1696, Vauban y installait six canons et 130 hommes pour participer à la sécurisation de la cité corsaire.


2000 tonnes de bombes sur Cézembre 

Durant la seconde guerre mondiale, environ 2000 tonnes bombes, dont des bombes au napalm, sont lâchées sur la seule île de Cézembre. Pourquoi un tel acharnement ? En août 1944, après 13 jours de siège, les alliés sont venus à bout de toutes les garnisons allemandes de la région malouine sauf celle qui occupe Cézembre. Un officier subalterne dirige les 400 hommes de cette unité. Malheureusement, il n'a pas le pouvoir de capituler. Ce n'est qu'au bout de 28 jours sous un déluge de bombes, que l'autorisation de se rendre lui arrive.


Ces bombardements ont bouleversé à jamais la physionomie de l'îlot. Aujourd'hui encore, l'île est infestée de munitions. Exceptée la plage et son restaurant, elle est en zone rouge, c'est à dire un terrain militaire interdit aux visiteurs.
Cette absence d'intrusion humaine a eu une conséquence positive puisqu'elle a permis aux oiseaux marins (goélands, mouette, cormorans) de s'y implanter en toute sécurité et d'en faire un lieu de reproduction.

Ouverture au public fin 2017

L'armée se lance dans une opération de déminage d’envergure afin de sécuriser un sentier de 600 m de long qui permettra aux visiteurs d’accéder aux sites les plus extraordinaires de l’île. Une fois ces travaux achevés, vers la fin 2017, l'armée cèdera le site au conservatoire du littoral. Les visiteurs pourront alors découvrir sa faune, sa flore mais aussi ses vestiges historiques et militaires.

Itinéraires Bretagne, le fort national et l'île de Cézembre
Avec : Véronique Véron, une des quatre propriétaires du Fort National. Aimery Dadillon, cousin germain de Véronique Véron, 21 ans. Thibault Véron, fils de Véronique Véron, 16 ans. Humbeline Dadillon, cousine germaine de Véronique Véron, 19 ans. Hermine Véron, fille de Véronique Véron, 19 ans. Dominique Halleux, chargé de mission Conservatoire national du littoral.