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Le Goncourt des Lycéens attribué à Carole Martinez

Depuis 24 ans, ce prix est décerné à Rennes par des lycéens venus de toute la France.

Par Géraldine Lassalle et AFP

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Rennes: C. Martinez lauréate Goncourt des lycéens

"Du Domaine des Murmures" de Carole Martinez s'est vu décerné le Goncourt des LYcéens 2011 à Rennes.

Le 24e prix Goncourt des lycéens a donc été décerné à Carole Martinez pour "Du Domaine des Murmures" (Gallimard), a annoncé le jury ce lundi midi à Rennes. Il réunissait 13 délégués représentant au plan national la cinquantaine d'établissements participant à cette manifestation.
Six romans figuraient dans la dernière sélection de cette 24e édition. Outre le roman couronné, il s'agissait de "Retour à Killybegs" (Grasset) de Sorj Chalandon, "Les Souvenirs" (Gallimard) de David Foenkinos, "Monsieur le commandant" (Nil) de Romain Slocombe, "Tout, tout de suite" (Fayard) de Morgan Sportès, et "Rien ne s'oppose à la nuit" (JC Lattès) de Delphine de Vigan.
"Du Domaine des Murmures" a été choisi au 3è tour de scrutin par 7 voix contre 6 au roman de Sorj Chalandon "Retour à Killybegs", par un jury de 4 garçons et 9 filles représentant une cinquantaine d'établissements français et 3 de l'étranger (Belgique, Québec et lycée français de Londres).
Le président du jury, Benjamin, a été séduit par "l'écriture poétique" du roman couronné "qui offre une autre vision du monde". Pauline, autre membre du jury, a estimé de son côté qu'il s'agissait du  "roman le mieux écrit, avec du lyrisme, de la poésie. Et il nous fait voyager".


Le livre

Ancienne comédienne née en 1966, recyclée dans l'enseignement du français, Carole
Martinez a recréé la féerie de son premier livre, "Le Coeur cousu", sorti en 2007.

Mi-roman, mi-conte, "Du Domaine des Murmures" de Carole Martinez  est une  confession aux accents merveilleux d'une jouvencelle du Moyen-Age, emmurée vivante pour se donner à Dieu, mais que la fureur du monde rattrapera malgré sa "robe de pierre".
A 15 ans, Esclarmonde, fille unique du seigneur des Murmures, longs cheveux et "visage d'albâtre", a tout de l'héroïne des troubadours. Mais on a beau être en 1187, "ces histoires de braves chevaliers aux ordres de leur dame ne m'intéressaient pas", dit-elle d'outre-tombe au lecteur d'aujourd'hui.
Pas question donc d'épouser Lothaire de Montfaucon, rustre "à l'habit de métal, formé à tuer". Devant l'autel, elle se coupe l'oreille, dit non. Un agneau surgit dans l'église (discrètement introduit par une suivante). L'assistance, évêque en tête, crie au miracle et Esclarmonde impose son choix : son père qui l'aime trop lui construira une chapelle.
Deux ans plus tard, la jeune fille emménage dans son réduit adossé à la chapelle où on l'emmure, ne laissant qu'une petite ouverture.
Mais celle qui se croyait vouée à une vie d'ascèse et de contemplation va vivre mille passions entre ces murs jusqu'à l'embrasement final. "Le pouvoir des immobiles était grand en mon siècle", dit-elle.

Dans sa cellule, Esclarmonde n'a pas le temps de s'ennuyer. Violée juste avant d'être emmurée, elle se retrouve enceinte et laisse les villageois et la hiérarchie catholique croire à un deuxième miracle quand elle met au monde un petit Elzéar. D'autant que les récoltes sont désormais abondantes et que la mort s'arrête aux portes du fief.
Marchands du temple et vendeurs de reliques s'installent devant sa chapelle. Les villageois lui confessent leurs péchés.
Esclarmonde garde un oeil amusé et désabusé sur les passions des autres, avant de se découvrir de chair et de sang lorsque l'amour maternel l'envahit. Le lourd secret de la conception de son fils la poussera à envoyer son père et ses frères devant les murs de Saint Jean d'Acre pour la troisième croisade menée par Frédéric Barberousse.
Forts en gueule, les hommes des Murmures n'ont guère de substance : le frère prieur note en latin les "extases" de sa soeur; l'évèque ne rêve que de machines de guerre; le fiancé brutal se transforme en agneau versificateur.
Les femmes, elles, se serrent les coudes. Esclarmonde octroie la gestion du fief à sa belle-mère, dont la servante "connaît tous les secrets des fleurs" pour ne pas tomber enceinte.
D'un style fluide et élégant, plein d'inventivité, Carole Martinez ne s'interdit rien, ni les coursiers fantômes avides de vengeance, ni les spectres ou les fées aux cheveux verts.
Le temps de quelques pages, elle pose même le mystère d'une double crucifixion
en chambre, dont "la porte était pourtant fermée de l'intérieur".

(AFP)

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