Le groupe Doux, c'est quoi?

© Pascal Cosset
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Doux a connu des difficultés récurrentes jusqu'à sa déclaration de cessation de paiement au tribunal de Quimper.

Par Sylvaine Salliou

Poids lourd de la volaille en France et en Europe, le groupe Doux, propriétaire

du célèbre "Père Dodu", a connu des difficultés jusqu'à sa déclaration

de cessation de paiement au tribunal de commerce de Quimper.

Principal bénéficiaire français de la PAC, avec 59 millions d'euros d'aides versées lors du dernier exercice, le groupe emploie près de 10.000 personnes dans le monde, dont 3.400 en France, essentiellement en Bretagne mais aussi dans le Centre et le Pas-de-Calais.

Présent sur toute la filière - des produits frais et congelés aux produits élaborés

- il revendique la 5ème place mondiale à l'exportation.

Mais "le colosse aux pieds d'argile", comme le décrit la FDSEA des Côtes d'Armor, croule sous le poids de la dette qui, selon un spécialiste, le prive de fonds propres.

"Les comptes de Doux en 2009, 2010 et 2011 sont équilibrés", reconnaît-il, mais "le problème, c'est la dette", estimée à plus de 430 millions d'euros, dont "près de 300 millions" pour la seule filiale brésilienne Frangosul, dont les actifs sont désormais loués par JBS, numéro un mondial de la viande bovine.

Le groupe, détenu à 80% par la famille Doux et à 20% par la BNP Paribas, doit aussi quelque 140 millions d'euros à la banque d'affaires Barclays et a des encours importants avec ses fournisseurs de volailles, "utilisés comme trésorerie", selon un spécialiste.

Figure industrielle de la Bretagne, la saga de Doux commence en 1955, avec la construction par Pierre Doux du premier abattoir à Port-Launay (Finistère), près de Chateaulin. Après une période de croissance dans les années 90 - au cours desquelles le groupe, devenu un acteur majeur du commerce international de la volaille, s'implante en Espagne et en Allemagne et rachète sa marque phare "Père Dodu" - le volailler acquiert Frangosul en 1998 au Brésil.

Un tournant dans la stratégie de l'entreprise, qui "cherchait des pays à faible coût de main-d'oeuvre", explique Raymond Gouiffès, délégué central de la CGT, en relevant que ce choix s'est révélé dévastateur pour l'emploi en France où 15 sites ont été fermés à la suite de cette acquisition.

"Doux s'est fait torpiller au Brésil : le marché était très difficile et il n'y bénéficiait pas des aides brésiliennes à l'exportation. Il n'a pas pu payer ses éleveurs", accumulant une dette colossale, explique aussi une source proche du dossier.

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