Le point de l'enquête sur le TK Bremen

Le point sur l'enquête du cargo maltais échoué vendredi sur la plage d'Erdeven (56) qui sera déconstruit sur place

Par Krystel Veillard

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Erdeven: Le cargo maltais devrait être déconstruit

La seule solution envisageable est la déconstruction du cargo maltais le TK Bremen, échoué vendredi sur la plage d'Erdeven dans le Morbihan. C'est la décision annoncée aujourd'hui au grand dam des écologistes qui redoutent des conséquences néfastes pour la dune.

Le capitaine du cargo, placé en garde à vue, et présenté au parquet de Brest, est sorti libre ce mercredi, comme simple témoin assisté. Il est reparti pour Malte. Une information judiciaire a été ouverte par le TGI de Brest, compétent en matière de pollution volontaire mais aussi involontaire.

L'enquête

Le capitaine du cargo, d'origine turque, placé en garde à vue hier, et présenté au parquet de Brest, est sorti libre ce mercredi, comme simple témoin assisté. L'enquête est désormais double, à la fois nautique, ce sont les Affaires maritimes qui sont alors compétentes, mais également technique, et là c'est du ressort du BAM, le bureau accident mer. la question cruciale ici, c'est le choix du capitaine d'appareiller du port de Lorient, malgré la tempête. Il encourt une peine de 5 ans d'emprisonnement, assortie d'une amende de 7,5 millions d'euros.

Aurait-il dû rester au port de Lorient et ne pas appareiller ? Doit-on modifier la législation en matière portuaire ? Accorder davantage de prérogatives aux commandants de port, comme le suggère les politiques, ce sont les questions auxquelles répondent maître Michel Quimbert et le Préfet maritime.

Interview de maître Michel Quimbert, avocat spécialiste en droit maritime

Interview du Préfet maritime de l'Atlantique, Anne-François de Saint Salvy (qui vient de quitter ses fonctions ce mercredi 21 decémbre)

Interview de Bertrand Leclerc, procureur de la république de Brest


 

Le point de l'enquête sur le TK Bremen

La déconstruction

La décision officielle a été annoncée lors d'une conférence de presse ce mardi sur la plage de Kerminihy. Le TK Bremen sera déconstruit sur place, c'était une des hypothèses avancées dès vendredi par la Ministre de l'écologie et des transports Nathalie Kosciusko-Morizet.

Même si la décision finale appartient au propriétaire du bateau, la raison de privilégier cette option est assez simple. La Préfecture maritime a interdit le remorquage du bateau, qui ne ferait qu'aggraver encore l'état de la coque déjà très abîmée, lors de la tempête et de l'échouement. "L'état du navire montre qu'aujourd'hui il ne peut pas reprendre la mer et la préfecture maritime n'accordera pas d'autorisation en ce sens. L'option la plus probable est celle d'une déconstruction sur place", a déclaré le porte-parole de la préfecture maritime, Marc Gander  "On ne peut pas prendre le risque de le remorquer : il risque de se casser et de devenir une épave" plus difficile encore à éliminer, a-t-il détaillé.
Selon les experts qui examinent le cargo, le déconstruire sur place, sur cette plage de Kerminihy, apparaît ainsi comme la seule alternative.

La question désormais c'est la durée du chantier et le préjudice pour le site. Avant de commencer la déconstruction, il faut achever le pompage des cuves, prévu pour cette fin de semaine. Puis le chantier commencera par "une mise en sécurité du navire et un inventaire des matières dangeureuses à bord", a savoir notamment, dans ce cargo construit en 1982, de l'amiante, des hydrocarbures et les liquides des systèmes hydrauliques.
 "Il s'agit d'un chantier industriel compliqué à mettre en place dans une zone
protégée"
. En cas de déconstruction, le bateau sera tronçonné et ses pièces évacuées pas camions. Selon M. Gander,  "En tout état de cause, l'armateur est assuré et assume parfaitement ses responsabilités".

Une des difficultés du chantier étant de se trouver sur une plage, avec deux marées par jours, sur un site à préserver au maximum. "Le futur chantier sera d'autant plus délicat à mener qu'il se déroulera en site classé Natura 2000", a souligné le sous-préfet de Lorient, Jean-Francis Treffel. "L'objectif est que la plage et la dune reviennent à leur état initial pour les vacances de Pâques", a-t-il déclaré, estimant qu'il s'agit là d'un "objectif raisonnable".

La dune souffre déjà de l'affluence des curieux et des manifestants, qui la piétinent chaque jour. La mairie d'Erdeven a d'ailleurs pris un arrêté d'interdiction d'accès au site.

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