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sangliers morts : Les analyses se précisent

Morieux (22) : La responsabilité des algues vertes dans la mort des sangliers fait de moins en moins de doute.

Par Krystel Veillard

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Strasbourg: le labo qui a analysé les sangliers.

Les dépouilles de six sangliers découverts morts sur la plage de Morieux (22) ont été confiées à un laboratoire près de Strasbourg appelé ChemTox. Le seul en France a pouvoir mesurer le taux d'hydrogène sulfuré.

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Morieux (22) : hécatombe de sangliers

La Préfecture des Côtes d'Armor a communiqué vendredi soir, tardivement, les résultats des analyses complémentaires réalisées sur les poumons de 7 sangliers, sur les 36 retrouvés morts sur la plage de Morieux. La responsabilité des algues vertes fait de moins en moins de doute. 

Le communiqué précise : "En l’état actuel des données, les seuls résultats significatifs portent sur le H2S."

L'éventualité d'une intoxication alimentaire est en effet définitivement écartée : il n'y a de trace, ni d'insecticide, ni d'anticoagulant. Les recherches sur les cyanobactéries dans le lit du Gouessant sont elles aussi négatives. Un autre élément corrobore la responsabilité de l'hydrogène sulfuré dégagé par les algues, il en a été retrouvé une dose très importante dans les poumons d'un ragondin, retrouvé mort au même endroit, 2,45mg/kg, c'est beaucoup plus que dans les poumons des sangliers étudiés.

Les résultats des analyses sont sur le site de la Préfecture de Bretagne

http://www.bretagne.pref.gouv.fr/Salle-de-presse/Communiques-de-presse/Aout-2011

Le communiqué rappelle en outre que :

- les accès au cours d’eau du Gouessant et à la plage Saint Maurice de

Morieux sont toujours strictement interdits.

- Les préconisations et prescriptions sont toujours en cours concernent notamment la collecte quotidienne des algues fraîches sous 24 heures par des personnels des collectivités territoriales et entreprises privées, personnels formés aux bonnes pratiques pour leur sécurité.

- Il est rappelé qu’est immédiatement interdite au public toute plage ou portion de plage sur laquelle les algues fraîches n’auraient pas pu être ramassées, et ce jusqu’à nettoyage complet. Il est procédé à un contrôle journalier de ces ramassages, ainsi qu’à un contrôle régulier des conditions de transport et de traitement des algues sur les sites dédiés, par l’inspection du travail.

 - La gendarmerie est en charge de faire respecter les différentes réglementations, ermanentes ou provisoires, qui concernent l’accès et l’utilisation des plages.

- Par ailleurs, l’information du grand public est assurée en permanence. 40 000 flyers ont été mis à disposition, 345 affiches ont été distribuées et 400 panneaux d’information ont été apposés aux entrées de plage. L’Etat s’est assuré le concours du Comité Régional du

Tourisme, des offices de tourisme, et de toutes les structures qui accueillent les vacanciers à un titre ou à un autre pour diffuser ces informations.

Une lettre de 6 scientifiques

Six scientifiques ont demandé ce vendredi la publication complète des rapports d'autopsie
et d'analyse "pour pouvoir statuer de façon catégorique sur la cause de cette hécatombe d'animaux". Le communiqué est signé par Claude Lesné, médecin spécialiste des polluants aériens, qui dénonce depuis longtemps les dangers représentés par le H2S produit par les algues en décomposition, ainsi que par le vétérinaire Gaël Virlouvet, le biologiste Jean-Paul Guyomard, Françoise Riou, médecin de santé publique, le toxicologue Jean-François Narbonne et le toxicochimiste André Picot.
"Au vu des données fragmentaires fournies par la préfecture des Côtes-d'Armor, l'hécatombe de sangliers sur les vases gorgées de sulfure d'hydrogène (H2S) semble bien due à une intoxication aigüe par le sulfure d'hydrogène", écrivent les six scientifiques .
"Pour pouvoir statuer de façon catégorique, il faut disposer des rapports d'autopsie et des résultats des dosages de H2S dans les tissus pulmonaires. C'est pourquoi nous demandons que toutes les informations des rapports d'expertise soient rendues publiques, sans restriction", ont-ils ajouté.

Les associations environnementales accusent

Si la Préfecture n'a pas de certitude, pour de nombreuses associations environnementales, le doute n'est plus permis. "Le faisceau de présomption sur le H2S se renforce de façon assez claire", a estimé pour sa part Gilles Huet délégué général de l'association écologiste Eau et rivières de Bretagne, qui réclame la fermeture immédiate des plages où les algues vertes ne sont pas ramassées chaque jour.

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