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Internet : le .bzh continue de tisser sa toile

Les extensions de noms de domaines régionaux remportent l'adhésion depuis leur création. C'est le cas pour le .bzh avec 9000 noms de domaines. Un meilleur ancrage régional, une plus grande lisibilité pour les touristes, à quoi ça sert exactement ? 

Par E.C avec AFP


Les extensions de noms de domaine régionaux, .bzh ou .paris,  connaissent un "engouement récent", selon l'agence qui opère le .fr, l'Afnic. Leurs tarif est plus élevé mais elles permettent un meilleur ancrage régional et une plus grande lisibilité pour les touristes.

"C'est assez lié à l'idée générale de traçabilité, d'appellation d'origine contrôlée", analyse le directeur général de l'Afnic Pierre Bonis. "Attention, ce ne sont pas des extensions AOC, mais ça témoigne de la volonté d'un certain nombre d'entreprises avec un ancrage territorial de l'afficher au travers de leur extension".   


Qui sont les utilisateurs du .bzh ?


A l'échelle nationale, "une très forte majorité des utilisateurs sont des entreprises", précise Pierre Bonis. "80% des utilisateurs du .bzh sont des personnes morales",  explique aussi à l'AFP David Lesvenan, le président de l'association qui gère la dynamique extension bretonne. Entreprises, mais pas que :  "plus de la moitié des intercommunalités en Bretagne sont en .bzh."
 

Un rapide tour sur l'annuaire développé par l'association (web.bzh), permet d'envisager la diversité des acteurs séduits par l'extension: s'y croisent, pêle-mêle, la communauté de commune de Pontivy, des cabinets d'expertise comptable, le Festival interceltique de Lorient ou un restaurant ouvert par un Breton à Caen, en Normandie voisine.


Comment ça marche ?


"Vous passez par votre bureau d'enregistrement habituel, ça peut être OVH, Gandi, Orange...", détaille Pierre Bonis, évoquant un tarif d'une trentaine d'euros. "Ensuite une grosse partie de cette somme va au registre", c'est-à-dire l'entité chargée de réguler l'utilisation de ces noms de domaines régionaux. Soit la mairie de Paris 
pour le .paris, ou l'association .bzh pour cette dernière entité.

Avec cet argent, "elle paie son opérateur technique - l'Afnic - et un certain nombre de taxes dues à l'ICANN, l'organisme californien de gestion des nouvelles extensions". L'activité est rentable "pour tout le monde". L'Afnic, qui gère l'extension .fr, explique que 90% de l'argent qu'elle perçoit ainsi - une manne comprise entre 1 et 2 millions d'euros, dixit Pierre Bonis - est réinvestie dans une fondation "pour la solidarité numérique".


Quels contrôles ?


"Il n'y a pas de vérification a priori des noms de domaine, et rien ne vous oblige à brasser votre bière en Alsace pour prendre l'extension .alsace", répond le directeur général de l'Afnic. "Mais ça n'a pas beaucoup d'intérêt et ça risque de se voir assez vite". En outre, il peut y avoir "une vérification a posteriori" afin de voir si le site est "en lien avec le territoire ciblé par l'extension".

Côté .bzh, "si vous enregistrez un nom de commune, on va s'assurer que la demande a bien été faite par cette commune", explique David Lesvenan. "Ensuite il y a un contrôle a posteriori pour s'assurer qu'il y a bien un lien avec la Bretagne, et si le site ne renvoie pas à des contenus qui ne sont pas conformes aux règles de sécurité." La fréquence des alertes est d'environ "une tous les deux mois", souvent des défaut de mises à jour.


Quelles perspectives ?


Alors que "cet usage n'était pas encore très bien compris il y a cinq ou six ans", l'Afnic voit désormais une "croissance qui, depuis 1 an, 1 an et demi, se consolide". Lancées en 2014, les extensions .paris et .bzh revendiquent respectivement 21.000 et 9.000 noms de domaines. Suivent le .alsace, 2.100 noms de domaine, et le .corsica, 1.400 noms de domaine, lancées en 2015. L'organisme évoque encore un "retard" par rapport à des villes comme Londres (.london, 66.000) ou New York (.nyc, 68.000). Mais les perspectives sont bonnes, selon les acteurs, et l'ICANN "devrait ouvrir la possibilité de candidater à la création de nouvelles extensions à l'horizon 2020/2021".   

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