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Législatives en Bretagne : quel jeu politique derrière les candidatures de La République En Marche!

Le nouveau parti du président de la République a présenté ce jeudi une liste de 428 candidats pour les élections législatives. 22 candidats ont été investis en Bretagne sur les 27 circonscriptions. Que peut-on repérer derrière ces investitures?
Richard Ferrand, secrétaire général de La République En Marche!
Richard Ferrand, secrétaire général de La République En Marche! © AFP - E. Feeferberg
Derrière l’annonce officielle des investitures de La République En Marche! pour les prochaines élections législatives, se cache certainement un savant calcul politique.

Sous couvert de parité homme/femme et candidats avertis en politique ou issus de la société civile, le parti d’Emmanuel Macron suit ses engagements, mais mise sûrement en coulisses, sur le soutien prochain de candidats non officiellement sélectionnés.

A noter que si la parité homme/femme est respectée au niveau national avec 214 femmes et 214 hommes annoncés ce jeudi, elle est loin d'être respectée en Bretagne avec 8 femmes pour 14 hommes. De même, seuls 9 candidats sont issus de la société civile, les 13 autres étant conseillers municipaux, conseillers départementaux ou déjà députés comme Richard Ferrand dans le Finistère ou Paul Molac dans le Morbihan.

Pas de candidats sur 5 circonscriptions en Bretagne

Sur notre carte interactive des candidats La République En Marche! investis ce jeudi, on peut remarquer que 5 circonscriptions sont dépourvues de candidats.

© Baptiste Galmiche / France 3 Bretagne
Si on regarde de plus près quelles sont les circonscriptions où un candidat n'a pas encore était choisi par le parti du nouveau chef de l'Etat, on peut observer que ce sont des circonscriptions où les députés en place sont plutôt pro-Macron.

Pas de candidats encore investi contre les députés pro-Macron

Ainsi, dans la 6ème circonscription d'Ille-et-Vilaine, celle de Fougères, pas de candidat choisi à opposer au député UDI Thierry Benoît. Ce dernier, soutien de François Fillon pour la primaire de la droite, n'avais pas tardé au moment des affaires à demander le retrait dans la course à la présidentielle du leader Les Républicains et avait vite appelé à voter Macron. 

Dans la 3ème circonscription d'Ille-et-Vilaine, Rennes Nord-Ouest, même cas de figure. Pas de candidat face au député PS François André, qui début mars annonçait qu'il voterait Emmanuel Macron. 

De même, pas de candidat désigné dans la 5ème circonscription du Morbihan, Lorient, fief du député Gwendal Rouillard, proche de Jean-Yves Le Drian, qui s'était rallié au candidat Macron. 

Reste à savoir si un candidat La République En Marche! va être investi face à ces ténors régionaux d'ici mercredi prochain, date où de nouveaux noms seront annoncés selon Richard Ferrand, le secrétaire général du parti, afin que "puisse être maintenu vivant un espace permettant à la recomposition du paysage politique français de se concrétiser encore".

Rien n'est moins sûr. On peut imaginer que les députés sortant verraient d'un bon oeil que l'on ne leur mettent pas de bâton dans les roues, eux qui seraient enclins à rejoindre une éventuelle majorité présidentielle.

Pas de candidat investi également dans la 5ème circonscription des Côtes-d'Armor, celle de la députée Corinne Erhel, décédée il y a une semaine et dont il était envisagé que son suppléant Eric Bothorel, référend du mouvement dans le département soit investi. Est-ce que le fait qu'il y ait déjà trois hommes investis dans les Côtes-d'Armor a nui pour l'instant à sa candidature?


La surprise en Bretagne
Gaspard Gantzer, le conseiller en communication de François Hollande, camarade de promo d’Emmanuel Marcon à l’ENA est investi dans la 2ème circonscription en Ille-et-Vilaine. C’est une surprise, voire un parachutage sur l’ancienne circonscription de Nathalie Appéré, la maire de Rennes, celle où se trouve la candidate Gaëlle Andro sous les couleurs du parti socialiste. Une investiture qui peut apparaitre comme une faveur accordée au protégé de Hollande pour une investiture sur un secteur où Emmanuel Macron avait recueilli plus de 85% de votes au second tour de la présidentielle.

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