Mineurs interdits de centre-ville la nuit à Janzé : l'arrêté du maire fait réagir

Suite à des dégradations répétées l'an passé, le maire de Janzé a décidé d'interdire l'hypercentre aux mineurs non accompagnés entre 23h et 6h du matin. Les habitants semblent reconnaître le phénomène de nuisance mais déplorent de devoir en arriver là.
 
L'arrêté municipal interdisant le centre-ville de Janzé (35) aux mineurs entre 23h et 6h concerne trois places et leurs rues adjacentes.
L'arrêté municipal interdisant le centre-ville de Janzé (35) aux mineurs entre 23h et 6h concerne trois places et leurs rues adjacentes. © France Télévisions
"Je ne sors pas plus que ça, le soir. Mais ça doit en énerver certains !"  nous dit Julie, 18 ans et pas dérangée par l'arrêté du maire. La jeune femme reconnaît qu'il y a beaucoup de dégradations à Janzé. "Mais j'ai peur que ça ne serve pas à grand-chose, car ils sortiront quand même."

Un peu plus, loin, Jacques défend cet arrêté. "Il est tout à fait logique, il n'y a pas assez de sanction ! Le maire doit taper du poing sur la table. On a subi des dizaines de milliers d'euros de dégradations il y a six mois et ça continue !" déplore celui qui se définit comme éducateur dans le domaine du foot.

"C'est dommage d'en arriver là" disent la plupart des habitants croisés ce dimanche. "Mais c'est aux parents de surveiller leurs enfants". Devant la boulangerie, Michelle et Marie-France sont d'accord. "Certains ont 11, 12 ans. Que font-ils dans les rues ? Il y a du bruit et des gens qui ne peuvent pas dormir."

"Il n'y a pas de mineurs dans la rue jusqu'à 3h du matin, enfin j'espère !"
s'exclame Johanne, en compagnie de son fils Lenny. A 15 ans, il ne sort pas la nuit, c'est clair ! J'imagine que ça concerne toujours les mêmes, c'est un petit noyau. Un arrêté peut donner un cadre à la gendarmerie pour intervenir." Mais Lenny, lui, n'est pas convaincu. "Je ne sais pas si les dégradations ont été commises le soir ou en journée. Ce qu'il faut faire, c'est de la prévention".

Le périmètre de l'interdiction concerne trois places du centre-ville et les rues adjacentes. Le maire de Janzé, Hubert Paris, ne voit pas son arrêté comme un couvre-feu qui interdit à tout mineur de sortir mais comme un moyen juridique supplémentaire donné aux forces de l'ordre pour interpeller et raccompagner chez eux des mineurs bien identifiés. "Sur les 600 jeunes de Janzé et des communes limitrophes, ils sont une douzaine à poser problème. Et parmi eux, quatre meneurs."

L'élu considère que la justice n'a pas les moyens de travailler dans l'urgence et d'apporter une réponse rapide face aux dégradations. "Les quelques jeunes en question se sentent impunis." Pour autant, Hubert Paris n'est pas "naïf", comme il dit. "C'est pas l'arrêté qui va tout régler". Il veut faire de la prévention auprès des collèges en ciblant les décrocheurs. "C'est au départ, le profil des meneurs qu'on a identifiés."
 
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