Caudan : les salariés de la Fonderie de Bretagne mettent l'usine à l'arrêt

Avec la menace qui plane sur l'éventuelle fermeture de quatre usines Renault en France, dont la fonderie de Bretagne, à Caudan (Morbihan), les syndicats ont appelé ce lundi matin à la mobilisation et ont mis l'usine à l'arrêt.

Rassemblement ce lundi, 8h, devant la Fonderie de Bretagne, à Caudan (Morbihan)
Rassemblement ce lundi, 8h, devant la Fonderie de Bretagne, à Caudan (Morbihan) © Stéphane Izad

Plus de 300 salariés, quelques sympathisants et quelques élus locaux se sont rassemblés ce lundi 25 mai dès 8h devant la Fonderie de Bretagne pour exprimer leurs inquiétudes devant les menaces de fermeture de leur entreprise.

Le Groupe Renault, lors de la présentation de ses résultats financiers, avait évoqué cette possibilité il y a quelques jours.
 
Depuis l'inquiétude grandit et les syndicats, principalement la CGT, majoritaire dans l'usine, ont mis l'entreprise à l'arrêt ce lundi, comme le précise Maël Le Goff, secrétaire de la CGT Fonderie. Un CSE devait se tenir ce matin à 11h pour apporter des précisions sur la situation, mais devant la mobilisation, la direction attend les annonces d'Emmanuel Macron mardi pour la filière automobile et a reporté cette réunion à mercredi matin.

Encore un coup dur pour l'entreprise qui avait déjà été confrontée à un incendie qui avait détruit entièrement une des chaînes de production il y a presque un an jour pour jour (14 mai 2019) et avait contraint l'entreprise à la mise en chômage partiel des salariés.
Les quatre sites concernés par le vaste plan d'économies de 2 milliards d'euros de Renault sont Choisy-le-Roi (94), Dieppe (76), la Fonderie de Bretagne (56) et Flins (78). Pour l'instant, l'activité des autres sites concernés était encore au ralenti ce matin et les salariés des autres entreprises étaient encore dans l'incertitude quant aux actions à mener.

La Fonderie de Bretagne emploie environ 400 salariés et fabrique principalement des fusées d'amortisseurs.


Le reportage de Eric Pinault, Pascal Cosset et Tanguy Descamp


Mobilisation des élus


Pour Fabrice Vély, le maire de Caudan en place depuis deux jours à peine, "c'est sûr qu'il y a une grosse inquiétude, beaucoup de salariés de la Fonderie sont caudanais et l'usine est sur le territoire de la commune. Le site industriel, ici, s'est bâti autour de cette usine, mais nos pouvoirs sont limités, la décision appartient au groupe Renault."

Le toujours maire et président de l'agglomération Norbert Métairie a fait savoir par voie de communiqué que : "Si cette décision se confirmait, ce serait incompréhensible et inacceptable" et rappelle les 8,2 millions d'euros versés par les collectivités territoriales pour moderniser l'usine en 2009.

Les trois sénateurs du Morbihan, Muriel Jourdra, Joël Labbé et Jacques Le Nay ont conjointement adressé une lettre au ministre de l'économie pour lui rappeler le rôle de l'entreprise dans le tissu économique et souligner que d'après eux, "la fermeture d'une usine dont l'outil de production est neuf et la production de qualité reconnue n'aurait aucun sens alors même que la relocalisation de la production industrielle est au coeur de l'actualité"
 
Malgré les masques, l'inquiétude se lisait ce matin sur les visages des salariés de la Fonderie de Bretagne
Malgré les masques, l'inquiétude se lisait ce matin sur les visages des salariés de la Fonderie de Bretagne © stéphane Izad

Certains salariés sont complètement désabusés, à l'image de Jean-Paul : "Là où le directeur général est très fort, c'est qu'il joue le "stupéfait" la semaine dernière dans la presse,  alors qu'il répète à tout le monde qu'il discute "très haut" chez Renault, alors forcément, ça énerve d'être pris pour des lapins de 6 semaines"!

Le ministre de l'économie Bruno Lemaire a indiqué par ailleurs, ce matin, sur BFM TV, qu'il voulait laisser à Renault la possibilité d'adapter son outil de production, sans s'opposer aux fermetures de certains sites. Pour mémoire, le gouvernement s'est porté garant d'un emprunt de 5 milliards d'euros contracté par Renault et demande comme conditions qu'il n'y ait pas de dividendes versés aux actionnaires cette année.
 

Réaction de Maël Le Goff : "ça nous rassure pas trop ! c'est l'argent de nos impôts et ça va servir à nous licencier, c'est lamentable"!

Les salariés ont décidé ce matin d'occuper 24h sur 24 l'esplanade en face de l'usine jusqu'à la tenue de la réunion de mercredi.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
mouvement social société crise économique économie social
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter