Coût de l’électricité. Au port de Lorient, fini le forfait. Les plaisanciers devront désormais payer leur surplus de consommation

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Écrit par Maylen Villaverde .

A Lorient, la facture d’électricité des ports va être multipliée par cinq l’année prochaine. La société gestionnaire a donc décidé de faire payer leur consommation réelle aux plaisanciers branchés à l'année.

Télévision, ordinateur, micro-ondes, sur son voilier, Jean-Michel est aussi bien installé que dans une maison en dur. Car depuis 4 ans, son bateau est devenu sa résidence principale.

Jusque-là l’électricité n’était pas un problème pour ce résident du port de Kernevel à Larmor-plage, car sa consommation électrique, tout comme l’eau, la wifi, la collecte des déchets, ou l’utilisation des sanitaires, était comprise dans le prix de la place de port.

Mais les choses vont désormais changer.

Une facture d'électricité qui bondira de 315.000 à 1,7 millions d'euros

La Sellor, société gestionnaire des ports de Lorient, vient, en effet, d’annoncer qu’elle allait mettre en place une facturation complémentaire, ainsi qu’un système de temporisateur pour limiter les consommations d'électricité des plaisanciers. Une décision qui s'est imposée au moment de la signature du nouveau contrat avec son fournisseur d'énergie. Sur ce document, le prix du kilowatt heure est passé de 38 à 505 euros ! Pour 2023, la Sellor prévoit que sa facture d’électricité va être multipliée par 5 et passer de 315 000 en 2021 à 1,7 million d’euros en 2023.

La société gestionnaire du port a donc choisi de faire payer les consommations « extra-ordinaires ». C’est-à-dire faire payer aux bateaux banchés toute l’année, leur consommation réelle.

« On a isolé nos consommations sur l’année, explique Brieuc Morin directeur de la Sellor, et le pic de conso s’établit clairement entre novembre et mars parce qu'il y a les chauffages et les déshumidificateurs qui tournent à plein, parce qu’on a des périodes de froid et que les gens, même s’ils ne sont pas à bord, laissent les bateaux maintenus en chauffage.»  Et d’ajouter « Il faut être honnête. C’est une habitude qu’on a laissée aux plaisanciers dans les ports de Lorient ou ailleurs, et ce confort-là n’est plus entendable dans le contexte actuel. »

Des compteurs et des temporisateurs pour contrôler les consommations

D'ici 2 ans, la Sellor souhaite mettre en place des bornes intelligentes qui permettront de quantifier les consommations exactes des bateaux et donc de facturer celles dépassant un niveau considéré comme " normal ". En attendant, elle compte installer des temporisateurs qui permettraient de couper l'électricité après 8, 10 ou 12 heures de consommation discontinue.

Pour l’instant Jean-Michel, le plaisancier de Larmor-Plage, ne s’inquiète pas trop. « On verra s’il faut restreindre notre consommation. On attend de voir comment on va être mangés » dit-il en souriant. Il envisage tout de même d’améliorer ses équipements « Ça fait longtemps qu’on a mis des panneaux solaires. Je réfléchis encore à augmenter ma production ».

Sur les pontons, la décision de la Sellor n’est pas une surprise, ni un motif de colère. « Les plaisanciers comprennent bien le problème » confirme Lionel Hériquet, maître de port au centre-ville de Lorient.

Aller vers davantage d'autonomie

Au delà de la nécessité urgente de facturer les consommations et d'inciter à davantage de modération, Patrice Valton, président de la Sellor explique que la volonté est désormais d'aller vers plus d'indépendance énergétique : "Il y a  une réflexion qui est menée sur le long terme. On peut imaginer qu’à terme on puisse équiper les pontons de panneaux solaires. L'idée c'est d'être complètement en autonomie".

Mais pour le maître de port du centre ville de Lorient, cela ne dispensera pas les plaisanciers de veiller à économiser au maximum leurs ressources. « Il faut garder notre esprit de marin, même aux pontons » conclut-il.

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