Pourquoi un syndicat d'entreprises de travaux publics menace de bloquer les étapes bretonnes du Tour de France

Un syndicat d'entrepreneurs de travaux publics menace de bloquer les quatre étapes bretonnes du Tour de France, pour protester contre le raccourcissement du délai du report de la hausse du gazole non routier, voté vendredi 11 juin par l'Assemblée Nationale.

Pour réclamer la baisse du gazole non routier en 2019, les professionnels des travaux publics avaient bloqué le dépôt  pétrolier avec leurs engins
Pour réclamer la baisse du gazole non routier en 2019, les professionnels des travaux publics avaient bloqué le dépôt pétrolier avec leurs engins © Stéphane Izad France3 Bretagne

Le syndicat des Travaux publics et des paysagistes (CNATP) menace de bloquer le Tour de France lors de ses quatre étapes en Bretagne du 26 au 29 juin prochain.

"Il veut nous la faire à l’envers mais si le Gouvernement ne revient pas sur un sous-amendement adopté vendredi dernier, 11 juin, nous prendrons le Tour en otage", menace Norbert Guillou, chef d’une entreprise de Travaux publics à Caudan (Morbihan) et président du syndicat dans le Morbihan. "Nous avons du matériel et se sera facile pour nous de bloquer les routes sur l'itinéraire du Tour dans la région", menace t-il.
 

Une mesure repoussée à juillet 2021 puis janvier 2023 ...

En 2019, aux côté des gilets jaunes, ces gilets oranges avaient déjà bloqué les accès aux dépôts pétroliers de Lorient et de Brest, provoquant une importante pénurie dans les stations-service. Une action qui avait permis à ces professionnels des travaux publics de repousser la fin de la détaxation du gazole non routier (GNR) et de son avantage fiscal à juillet 2021. 

Le 26 mai dernier, le ministère du Budget, décidait de ne pas augmenter la taxe sur le gazole non routier au 1er juillet comme prévu mais au 1er janvier 2023. Le prix devait alors être gonflé de 40,58 centimes d'euros par litre. Une augmentation de taxe qui devait inciter les entreprises à investir dans du matériel plus écologique. Bercy justifiait ce nouveau report par la volonté de ne pas asphyxier fiscalement le secteur en crise.

D’ici là, un nouveau carburant devait être mis au point pour alimenter leurs engins de chantier et ainsi prévenir les vols dont ils font l’objet avec ce nouveau carburant bleu identifiable. Une liste de matériels spécifiques à l'utilisation de ce carburant accompagnait la mesure, pour éviter la concurrence avec les entreprises agricoles, qui font aussi des travaux publics.
 

... mais avancée à juillet 2022 par un amendement 

Mais un nouveau sous-amendement voté ce vendredi 11 juin par l'Assemblée nationale vient chambouler ce calendrier. Il prévoit d'avancer la réforme au 1er juillet 2022. Mais selon Norbert Guillou, les pétroliers ne sont pas prêts à fournir ce nouveau carburant à cette échéance, il faut encore au moins deux ans, explique t-il.

Concrètement, pour ces entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics, cela signifie, selon eux, que le litre de gazole leur reviendra 50 centimes d’euros plus cher, si la réforme est appliquée dès l'année prochaine. 

"Chez nous, quand on dit, on fait. On ne rigole pas." prévient le président du syndicat de cette corporation. Un courrier va être adressé ce lundi 14 juin à Christian Prud’homme, directeur l’ASO, l’organisateur de la Grande boucle.

 

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