Traiteur à Hennebont depuis 25 ans, Gaëtan Poulain "espère encore s’en sortir"

Depuis le début de la crise du coronavirus le secteur de la restauration est touché de plein fouet. À Hennebont, un traiteur n’assure plus aucune commande depuis début mars. Pour son fondateur, Gaëtan Poulain, et ses 30 salariés, cette situation sera difficile à tenir au-delà de la mi-juillet.


Ils font partie des très nombreuses victimes indirectes du coronavirus. Les traiteurs, depuis le début de la crise, reçoivent annulation sur annulation. 

Ainsi, à Hennebont, Gaëtan Poulain, emploie 30 salariés. Et dès le 3 mars, après la découverte de 13 cas de personnes infectées dans le Morbihan par le coronavirus et la décision du préfet du Morbihan d’interdire tous les rassemblements, il a été contraint de mettre sa cuisine à l’arrêt. "Un outil de travail conçu pour faire du volume", explique-t-il. 
La partie chaude des 1 000 m2 de cuisine de Poulain-Traiteur vidée de ses salariés.
La partie chaude des 1 000 m2 de cuisine de Poulain-Traiteur vidée de ses salariés.



Des défections en cascade


Les événements, en effet, qui font appel à lui, rassemblent plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de convives. Des cocktails, des congrès, le monde du sport ou de la culture. 

Au nombre de ses clients, on compte le Festival Interceltique (dont la programmation est pour l'instant maintenu cette année), des clubs tels que le Rugby Club de Vannes, le Stade Rennais, le Bretagne Brest Handball, le Tennis de table à Hennebont, l’équipe Cycliste Professionnelle B&B Hôtel-Vital Concept, tous en repos forcé. 

Pour pallier l’arrêt de l’activité, le traiteur a d’abord eu recours aux RTT et aux congés payés avant d’user du chômage partiel pour tous ses salariés. Excepté l’équipe commerciale qui consacre désormais tout son temps à reporter ce qui peut être reporté.

"Principalement des événements privés, et principalement des mariages. Il s'en déroule 2800 par an dans le Morbihan, nous en réalisons environ 150 par an et l'on se dirige tout droit vers un cataclysme qui ne fait pas de bruit", s’alarme Gaëtan Poulain.
Elsa Brégand (Chargée d'affaires mariages) et Lauriane Pronost (Responsable commerciale) en télétravail
Elsa Brégand (Chargée d'affaires mariages) et Lauriane Pronost (Responsable commerciale) en télétravail


Une catastrophe économique sans précédent


Depuis le début de la crise, l’entreprise familiale a perdu 400 000 euros. 70 % de son activité étant concentrés sur les mois d’avril à fin septembre.

"Tel qu’on est parti, la projection est de 50 à 60 % de chiffre d’affaires en moins. Tout va dépendre de ce qui va se passer", s’inquiète l’entrepreneur.


Car l’intervention du président Emmanuel Macron ce lundi ne l’a en rien rassuré. Pour les métiers de la restauration, aucune annonce concrète."Tout le monde est dans le flou, on ne fait que des hypothèses avec nos clients", regrette l’entrepreneur. 


"Il va y avoir beaucoup de souffrance si rien n’est fait"


Si à ce jour, Gaëtan Poulain estime ne pas être en danger. "On avait projeté des investissements cette année qu’on ne pourra pas faire", le restaurateur est bien conscient que pour beaucoup de ses confrères, plus la crise dure, plus la situation devient critique.

"Les entreprises ne pourront pas s’en sortir avec le PGE (Prêt Garantie par l’Etat). C’est un peu d’oxygène, mais qu’il faudra rembourser. Et il ne faut pas se faire d’illusion, le chiffre d’affaires perdu aujourd’hui ne sera pas rattrapé demain. Il va y avoir beaucoup de souffrance si rien n’est fait". 
 
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