Malguénac à la pointe des fléchettes

Publié le

La petite commune de Malguénac dans le Morbihan près de Pontivy est décidément une terre de fléchettes. Après Thibault Tricole, le premier Français sacré vice-champion du monde, c’est au tour d’Anthony James de participer ce week-end à la Coupe du monde handisport en Belgique.

Malguénac, seulement 1 800 habitants, compte pourtant ce qui se fait de mieux en France dans la compétition de fléchettes. A commencer par Thibault Tricole, connu dans le milieu sous le nom de la "French Touch". Le Morbihannais de 32 ans a été sacré en avril dernier, vice-champion du monde WDF, de fléchettes traditionnelles.

Une performance unique dans l’histoire de ce sport. Jamais un Français n’avait atteint un tel niveau. Thibault a été battu sur le fil par le nord-Irlandais Neil Duff. Le Breton espère néanmoins intégrer l’élite de la discipline, la ligue professionnelle.

Une entrée digne d'une rock-star

Si ce sport est cantonné aux cafés et aux bistrots en France et demeure confidentiel avec à peine 2000 licenciés, ce n’est pas le cas dans les pays anglo-saxons par exemple. En Angleterre, c’est le second sport le mieux rétribué après le foot, car les paris sportifs sont nombreux. Chaque année, des centaines de milliers de personnes dans le monde suivent les meilleurs joueurs de la planète.

Les meilleurs joueurs dans le monde sont millionnaires. En Angleterre, c’est un sport national. En Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, il y a des pros depuis des années. En France, je suis le premier en devenir.

Thibault Tricole, vice-champion du monde de fléchettes

Difficile de se rendre compte d’un tel engouement depuis l’hexagone, quand Thibault s’entraîne dans le café de Malguénac. Pourtant, il parcourt le monde et fait à chaque fois une entrée digne d’une rock-star dans l’arène de la compétition.  

La toute première équipe de France handisport

Un ambassadeur de la discipline qui fait office de mentor à Anthony James. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps, avant la maladie d’Anthony. "Je joue aux fléchettes depuis 17 ans, détaille le Morbihannais, mais à la suite d’un cancer j’ai perdu l’usage de mes jambes. Beaucoup de gens me disent que j’ai du courage de continuer à faire ce que j’aime et à y arriver car c’est difficile de se relever de son handicap"

Un mental d’acier soutenu par les copains du club de fléchettes. Thibault Tricole et les autres ont même organisé un tournoi en sa faveur en 2018 pour l’aider moralement et financièrement. Pour Anthony James reprendre la compétition a toujours été un objectif, une manière de "retrouver ses amis et sa joie de vivre".

Il ne pensait cependant pas qu’il intègrerait un jour la toute première équipe de France handisport de la discipline. "C’est une chance, c’est un honneur – se réjouit-il – de pouvoir représenter la France. Je suis serein, j’y vais sans pression" .

Anthony participe en effet tout le week-end à la Coupe du monde de fléchettes handisport à Ostende en Belgique. 14 équipes en lice, chacune composée de deux joueurs en fauteuil et de deux joueurs souffrant d’un autre handicap.  

Si le Bleiz Darts club de Malguénac met dans le mille en terme de compétiteurs, il reste néanmoins isolé comme le déplore Thibault Tricole : "Nous sommes au tout début de cet engouement en France. Les gens s’y intéressent à partir du moment où il y a une performance à l’exemple d’un Martin Fourcade en biathlon. C’est compliqué car tout est une question d’argent. Nous n’avons pas de structure, pas d’aide, on doit pour le moment se débrouiller seul ".