Prison ferme pour deux Roumains qui volaient les GPS de bateaux sur les côtes de la Manche à la Méditerranée

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Écrit par SG/JG (PressPepper)

Deux ressortissants Roumains ont été condamnés par la juridiction régionale inter-spécialisée de Rennes à trois et quatre ans de prison ferme. Ils ont multiplié les vols de GPS dans des bateaux stationnés dans de nombreux ports français des côtes de la Manche, de l'océan Atlantique et de la Méditerranée.

La JIRS de Rennes a condamné deux ressortissants Roumains à trois et quatre ans de prison ferme pour des vols multiples de GPS de bateaux. Ils avaient notamment sévi à Noirmoutier-en-l'Île, L'Epine, Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Talmont-Saint-Hilaire (Vendée). Ils s'en étaient aussi pris au canot de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) à La Turballe (Loire-Atlantique) en février 2022. Des faits leur avaient aussi été reprochés à Arzon (Morbihan).

L'enquête menée par la Brigade de recherches (BR) de la gendarmerie nationale des Sables d'Olonne (Vendée), avec le renfort ultérieur de la Section de recherches (SR) de Nantes, avait permis finalement de les intercepter le 3 avril 2022 dans un hôtel du Var après qu'ils aient commis des vols dans des bateaux amarrés à Bandol et Six-Fours-les-Plages (Var). Les deux hommes étaient jusqu'alors inconnus de la justice française mais avaient déjà des antécédents dans d'autres pays d'Europe.

La relative tardiveté de leur arrestation, alors qu'ils étaient sous surveillance depuis un certain temps, a d'ailleurs poussé l'un des prévenus à se demander à voix haute "pourquoi" lui et son complice n'avaient "pas été arrêtés plus tôt". L'homme fait preuve d'un "certain toupet", a réagi la présidente, et qui n'a pas pour autre objet que "d'inverser les choses".

Ils suivaient la côte en regardant "le gps"

Lors de l'audience, pas moins de cinquante propriétaires de bateaux se sont ainsi constitués parties civiles, parmi les 108 victimes recensées. Le préjudice total causé par ces deux voleurs avait été évalué à 300.000 € par les gendarmes.

Lors de la première journée d'audience, ce lundi 23 mai 2022, Andrei Falan et Marian Zangorescu avaient ainsi admis avoir visité "tous les ports" de la Vendée. Le choix de la destination n'était pas défini à l'avance, à les croire : ils "suivaient la côte" en regardant "le GPS"...

La présidente de la JIRS de Rennes a toutefois jugé "surprenante" cette prétendue "absence d'anticipation" de leurs vols : elle a relevé que les prévenus avaient acheté des "outils" pour "sectionner" les bateaux, du matériel pour former des "colis" et qu'ils s'étaient rapprochés de sociétés de transport de marchandises pour pouvoir expédier les GPS à l'étranger.

Le mode opératoire était ainsi toujours le même, selon les enquêteurs : les voleurs se stationnaient aux abords du port avant de monter à pied sur les pontons. Ensuite, l'un d'entre eux pénétrait dans le bateau tandis que l'autre faisait le guet. Grâce aux outils achetés en amont, ils sectionnaient les fils leur permettant de retirer les GPS de leurs compartiments.

Des excuses à la SNSM

Plus de trente bateaux avaient de cette manière été forcés dans le seul port de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée), selon les gendarmes. Un chiffré contesté par les prévenus, qui cambriolaient selon eux dix bateaux par nuit, en moyenne.

Andrei Falan et Marian Zangorescu se sont par ailleurs excusés pour le vol subi par la SNSM à La Turballe (Loire-Atlantique). "On ne l'aurait jamais fait si on avait su que c'était un bateau de sauveteurs", ont-ils assuré au cours de leur procès.

Tandis que l'un des deux avait minimisé en garde à vue la gravité de ses actes en soulignant que ses victimes "avaient de l'argent et de bonnes assurances", les préjudices résultant de ses vols ont été évalués à 300.000 € par les gendarmes. À ce montant, doit s'ajouter le préjudice moral résultant de la privation du bateau pour certaines victimes.

Outre les peines de prison ferme, la Juridiction inter-régionale spécialisée de Rennes a aussi prononcé des interdictions de séjour pour les deux prévenus dans les départements de la Loire-Atlantique, de la Vendée, du Morbihan et du Var. Ils ont été déclaré solidairement responsables des dommages et intérêts qu'ils devront verser aux parties civiles.