Vannes : blocage de la zone industrielle du Prat par les salariés du transport routier

Barrage filtrant sur la Z.I. du Prat à Vannes / © Pascal Flipeaux
Barrage filtrant sur la Z.I. du Prat à Vannes / © Pascal Flipeaux

En plein conflit social sur la réforme des retraites, les salariés du transport routier se mobilisent sur des problématiques spécifiques : revalorisation des salaires, treizième mois, congé de fin d'activité. La CFDT Transport a bloqué un rond-point à Vannes. La CGT prévoit une action ce mardi.

Par Bruno Van Wassenhove


Une centaine de salariés CFDT Transport ont bloqué l'accès à la zone industrielle du Prat toute la nuit. Le barrage filtrant a été levé ce matin, mais d'autres actions pourraient suivre en Bretagne, notamment à l'appel de la CGT, de FO, de la CFTC et de la CGC.

"Il est temps que tout le monde se réveille!" déclare Pascal Flipeaux, de la CFDT du Morbihan, présent cette nuit sur le barrage du Prat. "Les salariés Transport de Fonds n'ont pas eu d'augmentation depuis cinq ans, ceux du secteur marchandise/logistique n'ont pas de treizième mois, rajoutez les incertitudes sur le congés de fin d'activité et des salaires ridicules, ce sont tous les salariés du transport qui sont maltraités"
 

Des revendications spécifiques


Vannes, Derval, Marseille, Lille, Nancy, Lyon, un peu partout en France ces actions de blocages, de barrages filtrants ou d'opérations escargot se sont répétées toute la matinée. Un appel à la grève pour ce lundi 16 décembre, à la veille de la grève de demain mardi contre la réforme des retraites, mais avec des revendications bien spécifiques : treizième mois pour tous les salariés du secteur transport, revalorisation des salaires, et maintien du dispositif de congés de fin d'activité.
 

Le Congé de Fin d'Activité


"Le CFA est trop souvent confondu avec un régime spécifique de retraite" rappelle William Morin de FO Transports, "or, ça n'a rien à voir". Le CFA est un accord de branche, entre syndicats, employeurs et l'Etat, qui permet aux conducteurs de partir en congés cinq ans avant l'âge légal de la retraite.

Il s'accompagne d'obligations paritaires : le salarié en CFA ne doit exercer aucune activité salariée pendant ce congé, l'employeur est tenu de ré-embaucher. Le dispositif qui prend en considération la pénibilité du travail existe depuis novembre 1996. Il est garanti jusqu'à fin 2020, mais l'Etat souhaite se retirer de l'accord.

"Difficile alors de de négocier entre employeurs et salariés sans savoir de quelle enveloppe on discute" déclare William Morin. "A cela s'ajoute les incertitudes actuelles sur l'âge pivot du départ à la retraite. De quoi parlons-nous? d'une décôte-malus à 62 ans? à 64 ans? d'une re-négociation tous les ans avec les employeurs? C'est bien trop flou!"

L'obligation d'embauche du CFA est également mise à mal, car les employeurs peinent à recruter. Il manquerait au moins 500 000 emplois dans la profession. 
 

Les salaires


Les conducteurs routiers le savent bien, ce qui fait le salaire ce sont les heures supplémentaires. "Le salaire horaire routier c'est à peine 10 centimes d'euros de plus que le SMIC. On ne s'en sort pas à 152 heures par mois, il faut faire minimum 200 heures, voire bien plus pour avoir un salaire décent". déclare William Morin. "Pas étonnant que les patrons aient du mal à recruter"
 

Une semaine délicate


Au milieu du conflit social sur la réforme des retraites vont s'ajouter d'autres opérations de barrages. Contacté ce matin, Christophe Provost de la CGT Transports annonce des actions ce mardi en Ille-et-Vilaine. "Barrages filtrants, opérations escargot, on ne sait pas encore, on se réunit ce soir pour en discuter". 

La ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne, qui a la tutelle sur les transports, a assuré ce lundi sur France 2 que "le gouvernement a confirmé aux routiers que ce congé de fin d'activité sera maintenu, il faut maintenant qu'il y ait des discussions avec les organisations patronales".
 

Tout dépend maintenant de la réunion qui a débuté  à 12H00 au siège de la Fédération nationale des transports routiers à Paris entre les représentants syndicaux et trois organisations d'employeurs, la FNTR, OTRE et Union TLF. 







 

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