VIDEO. Plastique, fibres, produits chimiques... Quand les épaves de bateaux polluent la rivière

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Écrit par Catherine Deunf (avec Sandrine Ruaux)
durée de la vidéo : 01min 53
Enlèvement des épaves de bateaux abandonnées dans la Vilaine ©France Télévisions. Sandrine Ruaux, Manon Le Charpentier, Ludovic Tafforeau.

3000 €, c'est le coût pour sortir une épave de l'eau et la déconstruire. Un coût pris en charge par la Région et donc le contribuable quand le propriétaire abandonne son bateau. 23 épaves viennent d'être extraites de la Vilaine.

Près de deux tonnes à sortir de l'eau. L’opération est délicate. Ce voilier long de 7 mètres, ou plutôt ce qu'il en reste, était abandonné dans l'estuaire de la Vilaine.

Fracassé sur la roche, rempli d'eau, il fait partie des 23 épaves sorties de l'estuaire de la Vilaine entre Redon (Ille-et-Vilaine) et La Roche-Bernard (Morbihan).

Ça, c'est de la résine et de la fibre, c'est très polluant et c'est plein de produits chimiques.

Cyril Thébault

Commandant de la brigade nautique de Quiberon

Une première pour la Région Bretagne, propriétaire du domaine public fluvial, à l'initiative de cette opération de grande envergure. Il faudra une dizaine de jours au total pour collecter toutes les épaves repérées.

Détachant un morceau de la coque du bateau que les techniciens peinent à hisser sur la berge, Cyril Thébault, commandant de la brigade nautique de Quiberon, montre les fibres qui s'en détachent : "Ça, c'est de la résine et de la fibre, c'est très polluant et c'est plein de produits chimiques."

Des propriétaires irresponsables

Une épave représente un danger pour autrui et une infraction au code de l'environnement. Dans un premier temps, les maires prennent un arrêté de péril et des affichettes sont collées sur le bateau demandant au propriétaire de dégager son bateau de l'eau.

Puis, si rien n'est fait, des poursuites peuvent être engagées. Mais encore faut-il retrouver les propriétaires indélicats.

C'est le travail auquel s'attelle la brigade nautique de Quiberon, et la tâche s'avère ardue : "Les bateaux parfois sont vendus plusieurs fois, passent de mains en mains. Malheureusement, la partie administrative ne suit pas toujours, alors on interroge les propriétaires un à un pour remonter au dernier propriétaire."

3000 € par bateau

Une fois extraits de l'eau, ces bateaux se dirigent vers un centre de déconstruction agréé. "Là, ils vont procéder à la dépollution, puis les épaves sont disséquées et éliminées", explique David Moy, directeur des canaux à la Région Bretagne. 

Sortir une épave de l'eau coûte entre 1000 et 1500 €. À cela s'ajoutent 1500 € de frais pour le retraitement. Une enveloppe de 3000 € par bateau que la Région aimerait bien récupérer. Elle dépose donc plainte pour chaque embarcation.

C'est de la responsabilité de chaque propriétaire d'évacuer son bateau, ce n'est pas à la collectivité publique et donc aux contribuables de prendre ça en charge.  

David Moy

Directeur des canaux à la Région Bretagne 

"Il faut que les propriétaires comprennent qu'il existe une filière d'élimination des bateaux sur laquelle il y a des financements de l'Etat, insiste David Moy. C'est de la responsabilité de chaque propriétaire d'évacuer son bateau, ce n'est pas à la collectivité publique et donc aux contribuables de prendre ça en charge."

Après l'estuaire de la Vilaine, la Région va débarrasser celui du Blavet et celui de la Rance de leurs bateaux poubelles.

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