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Une épidémie de bronchiolite précoce et intense en Bretagne. “Du jamais vu” pour les spécialistes de Rennes

L'épidémie de bronchiolite arrive très tôt cette année en Bretagne / © Laurent Theillet - Maxppp
L'épidémie de bronchiolite arrive très tôt cette année en Bretagne / © Laurent Theillet - Maxppp

Par Benoit Thibaut

La bronchiolite est une infection respiratoire touchant les bronches des jeunes enfants de moins de 3 ans. Ce virus est très répandu, et très contagieux.

En ce mois d'octobre 2021, la Bretagne fait partie des quatre régions les plus touchées par l'épidémie de bronchiolite.

Selon les chiffres de Santé publique France, en Bretagne, un passage sur deux aux urgences pour bronchiolite entraine une hospitalisation. 

En France, c'est 30% des enfants de moins de 2 ans qui sont affectés par la bronchiolite chaque année.

Après La Provence-Alpes-Côte d'Azur, la Bretagne avec le Centre-Val de Loire et l'Auvergne fait partie des régions les plus touchées. 

Une épidémie jamais vue aussitôt tôt en Bretagne

Pour Thierry Coufon, spécialiste de la kiné respiratoire à Rennes, "en 28 ans d'expérience je ne me rappelle pas d'avoir vu l'épidémie de bronchiolite arriver si tôt".

D'expérience, son carnet de rendez-vous est rempli par la bronchiolite à partir de la mi-novembre, et jusqu'à la fin de l'hiver. Mais cette année, le téléphone a commencé à s'emballer dès la baisse de température qu'a connue la Bretagne mi-septembre. Le virus apprécie fortement une température basse. Thierry Coufon précise que " le virus de la bronchiolite se développe particulièrement entre 0 et 4 degrés ".

le virus de la bronchiolite se développe particulièrement entre 0 et 4 degrés

Thierry Coufon

Cette bronchite asthmatiforme de type VRS, nom du virus responsable de près de 80% des bronchiolite en France, n'a pas touché la Bretagne de façon égalitaire.

Les Côtes d'Armor connaissent un niveau d'hospitalisation suite à un passage aux urgences plus important que le reste de la région.

  

Pour Thierry Coufon, habituellement la Bretagne est plutôt " en troisième wagon après le Nord de la France et la région parisienne ". Mais cette année, " après les mois confinés et la distanciation, les jeunes enfants ont moins eu leurs défenses immunitaires mise à l'épreuve ". Voilà qui explique, pour ce spécialiste de la kiné respiratoire, que " l'infection frappe plus fort que les autres années dans toute la France ".

Une épidémie qui inquiète les autorités sanitaires

Une observation confirmée par Santé publique France qui indique dans son bilan hivernal que l'épidémie de bronchiolite est attendue "de plus grande ampleur que celle observée chaque année [...] du fait de la moindre stimulation immunitaire induite par la faible circulation du virus lors de l'hiver 2020, ainsi que dans un contexte de levée des mesures barrières. Un tel phénomène a été observé en Australie qui a rapporté [...] une épidémie d’intensité inhabituelle". 

Une épidémie de bronchiolite qui inquiète les autorités sanitaires. Toujours selon Santé publique France dans son bulletin du 13 octobre 2021, le nombre d'enfants passés aux urgences pédiatrique en France a progressé de 38% en une semaine. 

La très grande majorité (88 %) de ces jeunes malades est âgée de moins de 1 an.

Une gène respiratoire pour les tout-petits 

Les signes habituels de la bronchiolite sont une difficulté respiratoire, des sifflements, une perte d'appétit, une forte toux nocturne associée à une perte de sommeil. En cas de cas grave, des traces blanches peuvent apparaitre autour des lèvres de l'enfant indiquant une cyanose buccal.

Le docteur Victor Nadjior, installé à Rennes, constate également une augmentation progressive des cas de bronchiolite dans sa patientèle.

Pour ce médecin, le premier geste afin de lutter contre l'obstruction respiratoire est le soin de nez. Des lavages réguliers, afin de lutter contre la gène respiratoire. 

En cas de gène plus importante, de la ventoline peut être prescrite afin de favoriser la ventilation des bronches.

Pour le médecin, si l'encombrement est important et sans signe de détresse respiratoire, "j'ai tendance à prescrire des séances de kiné respiratoire par un spécialiste, les résultats sont efficaces."

Le docteur Nadjior précise qu' il oriente "directement vers l'hôpital" en cas de signe d'une détresse respiratoire.

Les gestes qui soulagent

Il existe des gestes qui soulagent les nourrissons comme les fameux soins de nez, ou de mettre les enfants sur le dos avec une inclinaison de 30 degrés, ainsi que d' aérer sa chambre. Fractionner ses repas et lui donner régulièrement de l'eau sont des solutions pour bien l'alimenter. 

Pas une maladie grave

La bronchiolite n'est pas une maladie grave, et si elle est prise à temps, en quelques semaines la gène respiratoire disparait. 

Le corps médical travaille en réseau, pédiatre, généraliste, kiné, univers hospitalier, tous se serrent les coudes pour passer l'hiver. 

Les tout petits sont particulièrement vulnérable aux froids et l'âge de la première infection à la bronchiolite est important pour le nourrisson.

Un bébé infecté avant ses deux mois a plus de chances de développer un asthme du nourrisson. Asthme qui peut disparaitre avec l'âge.

Vers 3 ans, les enfants apprennent à se moucher, ils subissent moins d'encombrement et les parents peuvent enfin prendre rendez-vous chez le pédiatre pour d'autres raisons que ce virus hivernal.

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