Urgences : “les soins primaires se font à l'hôpital, c'est un signe de dysfonctionnement”

© France 3 Bretagne
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2300 professionnels de santé ont lancé un "un appel pour des états généraux de l'hôpital public" relayé par le JDD ce 22 septembre. Le professeur Gilles Edan, neurologue au CHU de Rennes s'alarme de la situation, comme ses collègues.

Par E.C

"Nous, chefs de service et responsables d'unités de soins, médecins hospitaliers, internes, cadres de santé, infirmières, aides-soignantes, alertons une nouvelle fois sur l'aggravation des conditions de travail" ce sont les mots des signataires "d'un appel pour des états généraux de l'hôpital public." publié ce 22 septembre dans le JDD. Ils ajoutent "un point de rupture est franchi, la sécurité n'est plus assurée." 
 


"L'accès aux soins n'est pas optimal" 


Gilles Edan, neurologue au CHU de Rennes fait partie des signataires. Il ne peut que confirmer la gravité de la situation vécue par les urgences : délai pour les patients dont l'afflux ne cesse de croître, conséquences sur les soignants victimes de violences et surchargés de travail. Tout cela pose la problématique de la continuité des soins. 

Les soins primaires, non programmés, se font désormais à l'hôpital, c'est un facteur de dysfonctionnement

Lui aussi plaide pour des états généraux qui réunissent la société civile avecc les non malades (ceux qui paient pour le système), les patients, les autorités et les soignants aussi bien du public que du privé. Il relève que selon les territoires, les "ingrédients" ou problématiques ne sont pas les mêmes "la situation du bassin rennais n'est pas la même qu'à Saint-Brieuc". "Il faut se rassembler et réfléchir ensemble, sans se limiter à son pré carré." "Il faut des indicateurs qui permettent de voir les moyens dont on a besoins." 

Il énonce les difficultés actuelles : "les spécialistes quittent l'hôpital car la prise en charge devient trop lourde à assumer" et il ajoute "aux urgences, il y a de l'argent pour recruter mais les postes ne sont pas pourvus. Résultat, on n'a pas le personnel le plus expérimenté." Il pose la question de la rotation des effectifs "Combien de temps les soignants restent-ils aux urgences dans leur carrière ?"

 

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