Météore dans le ciel breton : les réponses des spécialistes à vos questions sur ce bolide assez rare

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Écrit par Thierry Peigné
Capture d’écran des images du météore prises par la webcam du barrage d’Arzal dans le Morbihan
Capture d’écran des images du météore prises par la webcam du barrage d’Arzal dans le Morbihan © Capture webcam barrage d'Arzal - Damgan La Roche-Bernard Tourisme

Dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 septembre un "bolide", un météore très lumineux, a traversé la péninsule bretonne. Enregistrées par des webcams, les images impressionnantes montrent une boule de feu traverser le ciel. Les spécialistes en savent plus à cette heure sur ce phénomène peu fréquent.

La présence de ce "bolide" a très rapidement fait réagir sur les réseaux sociaux et ceci à peine le phénomène observé. De nombreuses vidéos de webcams de l'Ouest de la France et même du sud de l'Angleterre montrent un éclair illuminant le ciel quelques secondes avant de s'éteindre.

 

 

Quel est précisément le phénomène observé ?

Pour Sylvain Bouley, planétologue à l'Université de Saclay et membre du réseau d'observateurs spécialistes Fripon Vigie Ciel, il n'y a aucun doute sur le fait que c'est un bolide qui a traversé le ciel breton. Le bolide étant tout simplement un météore très lumineux.

La traînée lumineuse observée correspond à des poussières interplanétaires ou à des "cailloux" qui pénètrent dans l’atmosphère terrestre à très grande vitesse. "Ce qu'il faut savoir, c'est que tous les jours dans le ciel français, il y a des milliers météores, mais très peu sont observables car déjà en plein jour on ne les distingue quasiment pas et tous ne sont pas très lumineux. Cela correspond aussi à ce que l'on appelle des étoiles filantes la nuit" explique Bruno Mauguin, co-directeur du planétarium de l'espace des sciences de Rennes

 

De quelle origine était ce bolide ?

Pour Sylvain Bouley, il peut s'agir de poussières d'origine astéroïdale ou d'une comète. C'est la trajectoire précise et la vitesse du bolide qui vont permettre de déterminer son origine. Si la vitesse est de 11 à 20 km/s, c'est que le météore provient d'un astéroïde, et si la vitesse avoisine les 60 à 70 km/s, c'est que c'est d'une comète.
 

Quelle a été sa trajectoire ?

Pour l'instant, une trajectoire du bolide a été établie, mais "tous les calculs ne sont pas terminés et son parcours doit donc être affiné" précise Priscilla Abraham, co-directrice du planétarium de l'espace des sciences de Rennes et référente régionale du réseau Fripon Vigie Ciel. Il ne devrait pas y avoir de traces de météorite sur le sol car sa trajectoire se termine dans la Manche.

 

Pourquoi ce gros bruit sourd ?

Tous les bolides ne sont pas accompagnés d'un bruit sourd similaire à celui relayé ce dimanche soir par de nombreux témoins. "Le bruit correspond à l'onde de choc provoquée par la fragmentation du caillou dans l'atmosphère" précise le planétologue Sylvain Bouley. "Cela dépend aussi de sa taille et de sa vitesse d'entrée dans l'atmosphère" ajoute-t-il. 
 

Un phénomène fréquent ?

Ce phénomène n'est pas très fréquent, environ cinq fois par an en France. Le dernier observé remonte à la nuit du 31 août au 1er septembre dans le ciel alsacien. Il avait terminé sa course en Allemagne, rappelle Priscilla Abraham, co-directrice du planétarium de l'espace des sciences de Rennes et référente régionale du réseau Fripon Vigie Ciel. Pour Sylvain Bouley, la "boule de feu" observée dans la nuit était un gros bolide, comme on en voit rarement.

Priscilla Abraham ajoute que le dernier bolide aussi important visible en Bretagne date du 19 juillet 2011. 

 

 

Bolide, météore, météoroïde, météorite : quelles différences ?

Un bolide est donc un météore très lumineux, le météore étant lui-même "le trait lumineux observé lorsqu’une poussière interplanétaire ou un petit météoroïde pénètre dans l’atmosphère terrestre à très grande vitesse (entre 12 et 72 km/s)". 

Le site du réseau Fripon Vigie Ciel précise aussi que "la météorite est le caillou rocheux ou métallique qui est retrouvé sur terre, lorsqu’une partie d’un météoroïde suffisamment massif a réussi à traverser l’atmosphère et arriver au sol". Et un météoroïde est "une petite particule de quelques millimètres à quelques dizaines de centimètres de diamètre qui se déplace dans l’espace".

 

Peut-on aider la science si on a observé le phénomène ?

Priscilla Abraham, référente régionale du réseau Fripon Vigie Ciel, invite tous ceux qui ont observé le phénomène à relayer ce qu'ils ont vu et entendu sur le site Fripon Vigie Ciel. Et de préciser que plus de 250 personnes ont déjà témoigné.

 

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