Malfaiteurs condamnés relâchés: la police choquée

Le représentant du syndicat policier "Alliance" d'Eure-et-Loir se dit choqué après que la justice a relâché jeudi, faute de places en prison, trois malfaiteurs condamnés à trois mois de prison ferme, une décision qui a suscité la "surprise" de Manuel Valls. 

Maison d'arrêt de Chartres dans laquelle les condamnés auraient dû purger leur peine. L'un deux avait été reconnu coupable de "violences sur policier, outrages et conduite en état d''ivresse".
Maison d'arrêt de Chartres dans laquelle les condamnés auraient dû purger leur peine. L'un deux avait été reconnu coupable de "violences sur policier, outrages et conduite en état d''ivresse". © France 3 Centre
" On se demande ce qui se passe. Après avoir interpellé des voyous, nous avons besoin que le pénal suive derrière. [Cette décision de relâcher ces trois condamnés] nous laisse désemparés " a  commenté Marc Thiéfry, responsable départemental du syndicat policier Alliance (Eure-et-Loir)


L'affaire révélée par l'adjoint de la circonscription de sécurité publique de Dreux. 

Dans un rapport adressé jeudi à la Direction centrale de la sécurité publique, le commandant de police de Dreux écrit que l'officier de police judiciaire de permanence s'est vu signifier, par instruction verbale du substitut de permanence du parquet, de  " libérer sans délai"  ces trois malfaiteurs " sans suites judiciaires au prétexte que la maison d'arrêt de Chartres était pleine ". Le policier " dénonce ces instructions iniques et lourdes de conséquences ". Cette décision est susceptible de provoquer, selon lui " le sentiment d'impunité que peuvent avoir ces délinquants, chevronnés pour la plupart ".

Le parquet de Chartres a assuré samedi ne pas avoir eu connaissance de ce rapport, ajoutant " n'avoir pas reçu la consigne ", comme l'écrit le rapport
du commandant de police, de ne plus enregistrer le moindre écrou jusqu'au 1er septembre à la maison d'arrêt de Chartres.

Manuel Valls "inquiet des conséquences"

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls s'est déclaré samedi  " très surpris de cette décision et inquiet de ses conséquences  ", dit-on dans l'entourage du ministre. " Cette décision très étonnante", relève M. Valls, " va à l'encontre de la stratégie décidée conjointement par la Chancellerie et l'Intérieur qui vise à accroitre le concours des forces de sécurité pour faire exécuter les peines". 

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a demandé des explications au parquet de Chartres. Les magistrats devront s'expliquer cette semaine sur la non-exécution des peines de prison ferme des trois condamnés. 


La surpopulation carcérale bat de nouveaux records

Le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint, début juillet, un nouveau record à 67.977 pour seulement 57.320 places. La maison d'arrêt de Chartres n'échappe pas à la surpopulation. Selon le quotidien l'Echo républicain, le nombre de détenus a explosé depuis le début de l'été. Ils étaient 203 il y a quinze jours alors que la prison est en capacité d'accueillir 112 détenus. Soit une suroccupation de 76% 

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