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Il y a 70 ans, les femmes obtenaient le droit de vote

Le 21 avril marque la date anniversaire du droit de vote et de l'éligibilité des femmes. Pour commémorer cet événement, l'hôtel de ville de Paris organisait mercredi dernier une cérémonie en présence du président de la République. Quatre élues du Loir-et-Cher ont fait le déplacement. 
Il y a 70 ans, en 1944, les femmes obtenaient le droit de vote et d'égibilité. Venues de toute la France, 300 édiles avaient rendez vous mercredi dernier à l'hôtel de ville de Paris pour commémorer l'événement en présence du président F.Hollande et d'Anne Hidalgo, maire de Paris. Parmi elles, quatre élues du Loir-et-Cher dont la première femme-maire de Cheverny, Lionella Gallard

vidéo:  Mère de trois enfants, le nouveau maire de Cheverny conjugue vie municipale et vie familiale (reportage France 3 Centre,  AG Emonet et de S.Françoise)
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Lionella Gallard, 1ère femme maire de Cheverny
En Loir-et-Cher, 57 communes sur 291 sont gérées par des femmes. C’est 12 communes de plus que que pour la précédente mandature. 

Le droit de vote des femmes obtenu suite à un amendement communiste

Le 21 avril 1944, à la suite d'un amendement du communiste Fernand Grenier, l'ordonnance portant sur l'organisation des pouvoirs publics à la Libération accordait aux femmes le droit de voter et d'être élues. Ce près d'un siècle après les hommes.
"En France, les femmes ont obtenu le droit de vote et d'éligibilité par un article dans une ordonnance ne portant pas sur leur citoyenneté. Leur entrée dans la République s'est ainsi faite par une porte dérobée", analyse Réjane Sénac, chargée de recherche CNRS au Cevipof et présidente de la commission parité au Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh).

Jusque-là, la déclaration universelle des droits de l'homme était appliquée... aux hommes

La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1789, "censée proclamer l'égalité de chaque individu", a instauré en réalité "un universalisme unisexué ne s'appliquant qu'à la moitié masculine de la population", souligne Réjane Sénac.
Cette exclusion des femmes de la citoyenneté, "ancrée dans un contrat social fraternel", explique, selon la chercheuse, pourquoi malgré l'obtention du droit de vote, elles sont longtemps restées écartées du monde politique.

Electrices mais peu élues

En 1993, elles ne sont que 5,7% à siéger au Parlement, à peine plus qu'au sortir de la deuxième Guerre mondiale. "On a assisté entre 1945 et les années 1990 à une baisse permanente du nombre de femmes élues à l'Assemblée nationale", relève aussi Françoise Picq, spécialiste de l'histoire du féminisme. "La persistance de la sous-représentation des femmes en politique a alors été interprétée comme le signe que des blocages structurels perduraient", souligne Réjane Sénac.

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