Centre-Val de Loire : que prévoit le “plan santé 2022” du gouvernement face à l'épineux problème du désert médical

© France 3 CVDL
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En Centre-Val de Loire, il n'y a pas assez de professionnels de santé et notamment de médecins. Pour tenter de régler ce problème et transformer le système de santé, le gouvernement a lancé un plan appelé "ma santé 2022". Quelles sont les principales mesures prises sur notre territoire ? 

Par Isabelle Racine

Qui n’a pas connu des difficultés pour trouver un médecin traitant ? ou attendu six mois avant d’avoir un rendez chez un spécialiste ? ou bien encore patienté des heures aux urgences ?
La désertification médicale est un phénomène qui touche le Centre-Val de Loire. C’est même une des régions les plus touchées dans notre pays. Pour mieux lutter contre la désertification médicale sur tout le territoire, le gouvernement a lancé le plan "ma Santé 2022". Pour le ministère de la santé, il faut repenser le système de santé "pour garantir à tous les français une meilleure prévention et un accès à des soins de qualité". La communauté médicale, dans sa globalité, doit travailler ensemble, faire évoluer les métiers et la façon dont les professionnels interagissent entre eux.
Voici les grandes lignes du plan "ma Santé 2022" et leurs applications en Centre-Val de Loire :
 

Naissance d'un nouveau métier, celui d'assistant médical

Le plan "ma santé 2022" prévoit de créer un nouveau métier, entre infirmier et médecin : il s'agit d’augmenter les compétences des infirmiers(ères) en créant une nouvelle fonction, celle d’assistant médical. En clair, il s’agit de former des infirmières (deux années de formation en plus du cursus classique) pour leur permettre de pratiquer certains actes, de faire certaines prescriptions ou encore d'adapter des traitements. Le but clairement affiché est de « soulager » le médecin, en réduisant sa charge de travail pour lui permettre de se concentrer sur d’autres pathologies. "Les infirmiers en pratique avancée" disposent ainsi de compé­tences élargies pour viser un double objectif : améliorer l’accès aux soins ainsi que la qualité des parcours des patients.
L’infirmier en pratique avancée (IPA) est un nouveau diplôme d’État reconnu au grade de master. Il sera délivré à l’issue d’une formation universitaire de deux ans. Depuis la rentrée de septembre 2019, les étudiants peuvent bénéficier de cette formation dans le cadre d’un parcours commun aux universités de Tours et Angers. La durée d’expérience requise en qualité d’infirmier diplômé d’État pour être autorisé à exercer en pratique avancée est de 3 ans.
Quatre domaines d’intervention sont ouverts à la pratique avan­cée infirmière :
► pathologies chroniques stabilisées,
► pré­vention et polypathologies courantes en soins primaires,
► oncologie et hémato-on­cologie, maladie rénale chronique, dialyse et transplantation rénale
► la psychiatrie et la santé mentale.

Depuis la rentrée 2019 : trois infirmiers libéraux et onze infirmiers salariés de la région Centre-Val de Loire sont inscrits à la formation dispensée à Tours et Angers. La région Centre-Val de Loire compte 22 049 infirmiers.
 

Création des CPTS, des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé

"Le plan santé 2022" souhaite créer des communautés de santé sur une territoire afin que des professionnels de santé libéraux (médecin, infirmier, kiné, dentiste, pharmacien) travaillent ensemble sur une zone pour assurer une meilleure coordination de leurs actions et garantir un meilleur accès aux soins des patients. Le gouvernement entend un "engagement collectif" de tous les professionnels pour une meilleure organisation des professionnels de santé au bénéfice des patients mais aussi pour eux-mêmes.

« Les CPTS, les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé incitent les professionnels de santé d’un même territoire à s’organiser entre eux pour répondre aux besoins de santé de la population : par exemple, trouver des mé­decins traitants pour les patients qui en sont dépourvus, organiser une réponse aux demandes de soins non pro­grammés, proposer plus d’actions de prévention, favori­ser le maintien à domicile des personnes âgées et mieux coopérer entre médecins de toutes spécialités, notamment autour des pathologies chroniques, dans une logique de responsabilité collective sur un territoire. » Agence Régionale de Santé

Douze Communautés Professionnelles Territoriales de Santé sont signées en région Centre-Val de Loire. La 13ème CPTS « O’Tours » devrait voir le jour en octobre 2019. Dans notre région, l’objectif est de couvrir l’ensemble du territoire d’ici 2022.
L'ambition affichée de gouvernement est de créer 1 000 CPTS d’ici 2022 sur le territoire national.

 
État d'avancement des communautés professionnelles territoriales de santé en Centre-Val de Loire / © ARS
État d'avancement des communautés professionnelles territoriales de santé en Centre-Val de Loire / © ARS


Développement de la télémédecine 

L’objectif de l’ARS Centre-Val de Loire, qui met en action le plan gouvernemetal, est de développer le recours à la télémédecine en accompagnant davantage les professionnels de santé et les patients. Cela se traduit par :
► l’organisation de formations, d’ateliers, de groupes de travail pour aider les professionnels de santé à mieux identifier les cas où la télémédecine apporte une valeur ajoutée pour le médecin et des bénéfices pour les usage du système de santé,
► un soutien financier, avec les autres financeurs de la région, à l’acquisition de matériel de télémédecine, au financement d’une plateforme régionale de télémédecine.
 

Dans le Cher, on teste de nouvelles organisations

Dans le Cher, un dispositif (avec l’association DENTACESS 18 et le Groupement Hospitalier de Territoire du Cher a été mis en place pour faciliter l’accès aux soins bucco-dentaires des personnes à mobili réduite. Pour réaliser les dépistages, une infirmière se déplace di­rectement dans un EHPAD ou une structure pour personnes handicapées. Grâce à une caméra endo-buccale, l’infir­mière réalise un recueil de données cryptées, ainsi que des clichés et vidéos de la cavité buccale. Ces informations sont ensuite transmises, via une plateforme sécurisée de télémédecine (Covotem) à un chirurgien-dentiste qui les interprète et établit un bilan comprenant les préconisa­tions à suivre par le patient ou le résident. Un rendez-vous chez un chirurgien-dentiste est fixé si des soins den­taires s’avèrent néces­saires.

Une première phase test a été réalisée dans cinq ehpad du Cher entre septembre 2018 et septembre 2019 et a permis d’ef­fectuer 445 dépistages.
Les dépistages vont être étendus, dès septembre 2019, aux 42 ehpad et 18 structures pour personnes handicapées du département du Cher soit une population de 4 200 personnes à dépister sur trois ans.
Six chirurgiens-dentistes et deux infirmières spécifiquement formées sont impliqués dans ce projet.
 

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