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“Enfants du silence, Enfants de prêtres” : l'évêque de Bourges reçoit l'association le 13 juin

L'évêque de Bourges rencontre le 13 juin une association d'enfants de prêtres - Photo d'illustration / © Ye Aung THU / AFP
L'évêque de Bourges rencontre le 13 juin une association d'enfants de prêtres - Photo d'illustration / © Ye Aung THU / AFP

La question des enfants de prêtre fait partie des secrets de polichinelle de l'Eglise. Monseigneur Jérôme Beau reçoit prochainement une association d'enfants de ces pères hors du commun. 

Par Y.H avec AFP

"Pour moi, ce n'est pas une question taboue", assure Mgr Jérôme Beau. L'évêque de Bourges recevra le 13 juin des membres de l'association "Enfants du silence, Enfants de prêtres"
 

Mgr Beau veut "rappeler la règle" 


En février, le cardinal Beniamino Stella, préfet de la Congrégation pour le clergé à Rome, avait précisé au public la procédure appliquée aux prêtres devenus pères depuis une dizaine d'années, formalisée en 2017 par un document interne. Si, en principe, un prêtre doit attendre ses 40 ans pour être autorisé à quitter le clergé, une dérogation est prévue pour ceux ayant une progéniture. 

"Je rappellerai la règle, et elle doit être respectée: celle du bien de l'enfant et le fait d'assumer cet enfant", a anticipé Mgr Beau auprès de l'AFP. Pour lui, l'Eglise doit pouvoir dire : "il faut arrêter le ministère et s'occuper du bien de l'enfant."

Actuellement, environ 80% des demandes d'abandon de l'état clérical sont liées à des enfants déjà nés. Mais tous les prêtres devenus pères ne renoncent pas à la prêtrise et peuvent obtenir de leur hiérarchie un changement de paroisse, si celle-ci les soutient. Dans le cas d'un différend entre un prêtre et sa hiérarchie, c'est l'intérêt de l'enfant et donc la sortie de la vie cléricale qui prime. 

Deux cas particuliers, cependant : si l'enfant en question est déjà adulte, ou s'il naît au sein d'un foyer ou un autre homme assume déjà le rôle de père... Pas sûr qu'une simple confirmation des règles en vigueur suffise à apaiser les souffrances de ces enfants aux origines tenues secrètes.  
 

Les enfants du non-dit


Fille d'un prêtre et d'une religieuse, Anne-Marie Jarzac, la fondatrice de l'association, a décidé il y a plusieurs années de briser le sceau qui entourait sa naissance. "Le célibat des prêtres n’est pas une loi divine mais ecclésiastique. Elle n’a été instaurée par le pape Grégoire VII qu’en 1074, ce qui signifie qu’il n’avait rien d’obligatoire avant cette date. Jamais Jésus n’a formulé une telle requête" rappelle-t-elle en 2014 dans une interview pour Le Monde.

L'année de sa naissance, en 1949, le Vatican refuse de laisser son père retourner à l'état laïc. Elle sera confiée à une autre famille catholique, pendant deux ans. On estime qu'au moins 4000 enfants sont nés d'un père appartenant au clergé dans le monde, un chiffre sans doute très sous-estimé. "Encore aujourd’hui, ils inspirent mépris et moquerie et peuvent rarement parler de leur histoire durant leurs études ou au travail. Comme s’ils ne représentaient que la lourde transgression dont ils sont issus" regrette Anne-Marie Jarzac. 

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