• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • DÉCOUVERTE
  • ECONOMIE
  • CULTURE
  • POLITIQUE

Désertification médicale : Edouard Philippe à la Maison de Santé Pluridisciplinaire de Sancoins

Le Premier Ministre, Edouard Philippe a rencontré le personnel de la maison de santé de Sancoins dans le Cher dans le cadre de sa visite de 3 jours dans le département. Un département qui souffre du fléau de la désertification médicale. / © Bérénice DUFAY - F3CVDL
Le Premier Ministre, Edouard Philippe a rencontré le personnel de la maison de santé de Sancoins dans le Cher dans le cadre de sa visite de 3 jours dans le département. Un département qui souffre du fléau de la désertification médicale. / © Bérénice DUFAY - F3CVDL

Cette Maison de Santé Pluridisciplinaire est née de la volonté des médecins locaux : mettre le pied à l'étrier à leurs jeunes confrères. Élargir l'offre de soins. Lutter contre la carence médicale. La Communauté de communes des Trois Provinces a dit banco. 

Par Theophile Mbaka

Une superficie de 1000 m² et plusieurs corps de métiers réunis

La Maison de Santé pluridisciplinaire de Sancoins que visite le Premier-ministre Edouard Philippe, est l'illustration de ce qu'il veut voir se multiplier sur le territoire national pour lutter contre la désertification médicale.
Nous sommes dans le Cher, en zone rurale. 3 médecins pour une population de 5700 habitants. Et il ne s'agit que d'un seul canton.
Quand on y ajoute les communes de Blet, Lurcy Lévys ou Bessais le Fromental, la situation devient presque kafkaïenne.
Seule réponse, les Urgences. Or celles-ci ne peuvent pas tout absorber. Elles ne peuvent pas à la fois traiter les cas lourds et toute la cohorte de "bobologies".
C'est dans ce contexte d'une activité à flux tendu et de pénurie aggravée que les médecins se sont concertés pour sortir de l'ornière.
La Maison de Santé Pluridisciplinaire est apparue comme une urgence vitale. 
Les professionnels de santé, en collaboration avec l'ARS, l'Agence Régionale de Santé et la MSA, la Mutuelle de Santé Agricole ont travaillé de concert pour concrétiser ce projet.

"Favoriser l'accueil des stagiaires, aussi bien futurs médecins que paramédicaux, assurer la mutualisation des coûts des locaux; du matériel et du personnel administratif"... c'était le cahier des charges.


Et bien entendu, réunir en un seul lieu, 4 médecins Généralistes dont 2 maîtres de stage universitaire, mais également des infirmières, un biologiste, un ostéopathe, une pédicure-podologue, un psychologue, une diététicienne, une psychomotricienne, des dentistes..ainsi que deux secrétaires.
C'est l'exemple de cette intégration réussie inaugurée en début d'année que le Premier-Ministre vient visiter et ne tarira sans doute pas d'éloges à leur endroit.

Un projet d'envergure et des moyens conséquents


Le coût? 1.507.600 euros, subventionné à 64%. Le loyer versé par les professionnels de santé est sensé couvrir l' emprunt contracté sur 20 ans.
La Région a également mis la main à la poche. Elle a accompagné le projet à hauteur de 365.000 euros soit 24,2%. Si on y ajoute les crédits européens FEADER, on avoisine les 47% de subventions.

► Au delà de cette visite ministérielle, quel bilan en matière d'offres et de continuité de soins dans le Cher?
Désormais les chiffres s'établissent ainsi. 
90 professionnels de santé dont 34 médecins généralistes, 33 infirmiers DE, 11 kinés.
La Région table sur 125 Maisons de Santé Pluridisciplinaire pour développer l'accès aux soins et ne plus être le dernier de la classe dans ce désert médical qui lui colle au talon malgré les efforts constants et conséquents.

Une offre alternative à la pénurie de médecins. Une réponse à la population rurale vieillissante


C'est un véritable casse tête pour les élus et un serpent de mer.
Comment résoudre le problème récurrent de la désertification médicale? Comment endiguer le départ à la retraite de médecins qui ne trouvent pas de remplaçant?
Comment gérer cette nouvelle patientèle pour les médecins encore en activité qui se retrouvent à travailler à flux tendu?
La population parfois ne sait plus à quel saint se vouer. Elle implore le ciel pour que leur médecin traitant reste encore en activité, le plus longtemps possible.
Comme à Châteauroux dans le Berry. Le Docteur Pierre-Henri Brousse, Généraliste âgé de 87 ans exerce depuis 56 ans
et ne compte pas s'arrêter. "Que feront mes patients sans moi? Je ne peux pas les laisser sur le bord de la route et prendre ma retraite. C'est impossible " me confiait-il au cours d'un reportage.
Les Maisons de Santé" Pluridisciplinaire, c'est un long processus.
Au départ, il y a eu des tâtonnements. Chacun a joué sa partition. Face aux difficultés grandissantes, les élus et les communes ont commencé à travailler de concert. De plus en plus.
L'un des derniers projets en date, la MSP ouverte à Sancoins par la communauté des communes des Trois Provinces est assez exemplaire..
" Offrir à la population sur un même site, une offre médicale de proximité diversifiée de premier secours. Améliorer la qualité de la prise en charge des patients par le renforcement de la coordination des soins. Améliorer les conditions d'exercice des professionnels de santé dans des zones fragilisées. Favoriser l'implantation en zone de revitalisation. Mutualiser les connaissances et les savoirs. Attirer de nouveaux professionnels de santé grâce à un accueil de stagiaires et d'étudiants de Deuxième et  et Troisième cycle..."
Mis bout à bout, on dirait un bréviaire.
En réalité, il s'agit d'un condensé des bonnes pratiques pour réussir l'ouverture d'une Maison de Santé Pluridisciplinaire et lutter contre le désert médical qui avance...Inexorablement.








A lire aussi

Sur le même sujet

"BatOloire" : le transport atypique de l'été à Orléans

Les + Lus