Elisabeth Borne Première ministre. "Expérimentée", "technicienne"... les élus réagissent en Centre-Val de Loire

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Écrit par Thomas Hermans et Bertrand Mallen

Emmanuel Macron a décidé de placer son ancienne ministre du Travail à Matignon. Une première pour une femme depuis 1992 et Edith Cresson. Entre louanges et critiques, la décision ne laisse pas indifférents les élus de la région.

Peu de surprise ce lundi 16 mai, malgré un vrai moment historique : Emmanuel Macron a nommé Elisabeth Borne Première ministre peu après 18h, alors que Jean Castex venait de poser sa démission. Une femme à Matignon, c’est une première depuis la courte prise de fonctions d’Edith Cresson : 11 mois entre 1991 et 1993 sous François Mitterrand. Ministre du Travail sortante, ancienne ministre des Transports et de la Transition écologique, Elisabeth Borne est en tout cas une fidèle parmi les fidèles du président de la République.

Cette nomination semble donc ravir les élu(e)s de la majorité en Centre-Val de Loire, à commencer par les femmes soutenant la majorité présidentielle. "Que ce soit une femme, c’est formidable, s’enthousiasme Nadia Essayan, députée MoDem du Cher. Ça ne va pas tout changer, mais c’est un symbole très important." Une manière, selon elle, de "crever le plafond de verre après l’épisode douloureux Edith Cresson". Elle estime ainsi que son aînée socialiste n’avait, à l’époque, "pas été soutenue, elle était constamment attaquée parce que c’était une femme". Depuis, "trois décennies ont passé, on se trouve dans un contexte complètement différent", argue la députée berrichonne.

Pas qu'une histoire de symbole

D’après elle, ce n’est en tout cas pas qu’une histoire de symbole. Elle prête à Elisabeth Borne "son expérience", qui faisait d’elle "le nom le plus solide" parmi ceux qui circulaient pour prendre la place laissée vacante par Jean Castex. "Elle est proche d’Emmanuel Macron, elle a été là tout le mandat, elle a une vraie vision sur ce qui a été fait, elle a en main tous les éléments pour continuer", défend Nadia Essayan.

Même enthousiasme du côté de Stéphanie Rist, députée LREM du Loiret, qui adresse à la nouvelle Première ministre de "chaleureuses félicitations". Sur Twitter, l'élue a salué "une femme d'État dont le travail est reconnu de tous les acteurs".

Député et chef de file des Républicains de l’Indre, Nicolas Forissier reconnait à la nouvelle locataire de Matignon de "connaître très bien ses dossiers, même si elle ne vient pas du même horizon politique que moi". Il attend un "gouvernement au quotidien" de sa part, même s’il l’estime "plus technicienne que politicienne, avec une approche de gestionnaire" : "Si le gouvernement ne redescend pas sur le terrain, ne revient pas de Paris pour faire confiance à la province, il va dans le mur", avertit le député LR.

De gauche ou de droite ?

Mais l'arrivée d'Elisabeth Borne à Matignon ne fait pas que des heureux. A l'extrême-droite, le porte-parole de Reconquête et député de Loir-et-Cher Guillaume Peltier a fustigé "toute la classe politique" qui "se soumet à la gauche". Y compris d'ailleurs Marine Le Pen, qui la "drague", ou Les Républicains, qui se soumettent à son "magistère", fustige-t-il.

La gauche, au contraire, a accueilli avec une certaine froideur la nomination de l'ancienne ministre du Travail, à l'origine de la réforme de l'assurance chômage. Nicolas Sansu, maire PCF de Vierzon et candidat aux législatives dans le Cher, a dénoncé le "million de chômeurs pénalisés" par cette réforme. "Ça borne sacrément à droite !"

Réserves aussi du côté de Charles Fournier, vice-président EELV de la région, pour qui le fait qu'une femme accède à Matignon est le "seul motif de satisfaction". Pour lui, le bilan d'Elisabeth Borne dans ses différents ministères depuis 2017 "a échoué à mettre la France sur la trajectoire nécessaire pour respecter les accords de Paris". Il lui reproche une co-responsabilité "de ces cinq ans de perdus pour le Climat", et de l'occasion manquée de "sortir le secteur de la mobilité de sa dépendance aux énergies fossiles" lors de son passage aux Transports.

Comme Nicolas Sansu, Charles Fournier lui reproche sa réforme de l'assurance chômage, "une politique brutale à l'égard des personnes les plus vulnérables". Le candidat aux législatives à Tours sous les couleurs de la Nupes rappelle, par la même, qu'Elisabeth Borne sera chargée de mener la réforme des retraites, Emmanuel Macron ayant promis de repousser l'âge de départ à 65 ans. 

Le gouvernement d'Elisabeth Borne n'est pas encore connu. Les ministres seront nommés par Emmanuel Macron sur proposition de sa nouvelle Première ministre. Après une vérification du casting par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.