Les cyanobactéries menacent tout le bassin de la Loire et les activités sur le fleuve

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La vigilance au cyanobactéries, déjà de mise depuis début août dans le Cher, l'Indre et le Loir-et-Cher après la mort de trois chiens, s'est étendue cette semaine à l'Indre-et-Loire et au Maine-et-Loire. Cela menace les activités nautique et la pêche sur le fleuve et ses affluents. 

Par Flora Battesti avec AFP

La suspicion de présence de cyanobactéries après le décès de 13 chiens s'étend désormais à tout le bassin de la Loire et menace les activités sur le fleuve et ses affluents, de la pêche aux activités nautiques, en passant par la chasse.

La vigilance, déjà de mise depuis le début du mois dans les départements du Cher, de l'Indre et du Loir-et-Cher après la mort de 3 chiens, s'est étendue cette semaine à l'Indre-et-Loire et au Maine-et-Loire après la mort foudroyante de 10 autres.

"Nous avons eu des annulations... Il y a des gens qui ont peur de tout", se plaint Claire Faucon, gérante d'une société de location de canoé-kayak à Chinon où un chien est mort lundi sur les bords de la Vienne.

Pourtant, les symptômes font penser à des cyanobactéries : "le chien a été pris de vomissements puis de convulsions. Transporté rapidement chez le vétérinaire, l'animal est décédé", a précisé la préfecture d'Indre-et-Loire.

Les cyanobactéries ou algues bleues, présentes dans le monde entier, peuvent provoquer chez l'être humain des symptômes divers : "irritation cutanée, crampes d'estomac, vomissements, nausée, diarrhée, fièvre, angine, céphalées, douleurs musculaires et articulaires, vésicules autour de la bouche et atteinte hépatique", selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ces toxines, qui peuvent être mortelles pour des animaux, sont produites par des algues favorisées par les nitrates et proliférant dans les eaux calmes ou stagnantes à la faveur de l'étiage et des températures estivales.



Une vigilance renforcée



Dans les départements touchés, les autorités recommandent de ne pas laisser les animaux boire ou se baigner, en particulier dans des eaux stagnantes, de tenir les chiens en laisse en bord de rivière, de ne pas consommer l'eau ou les poissons qui y sont péchés et d'éviter pour les personnes le contact avec l'eau des rivières.

La baignade, réputée dangereuse, est interdite habituellement dans le Cher, la Loire et la Vienne en dehors des zones surveillées dont la qualité de l'eau est contrôlée. Mais de nombreux estivants bravent cette interdiction, s'inquiètent les autorités, qui ont décidé de fermer des plages surveillées, comme à Orléans, le plan d'eau de l'Île Charlemagne.

A Montrichard dans le Loir-et-Cher, où la baignade dans le Cher a été interdite du 3 au 9 août, "la plage était déserte. Des touristes sont certainement partis et le bar-restaurant de la plage a vu son activité chuter", déplore le premier adjoint au maire, Pierre Langlais.



Chasser sans son chien




La présence présumée de cyanobactéries a même perturbé l'ouverture de la chasse au gibier d'eau, lundi. Sur recommandation du président des Chasseurs de Loire Laurent Roussel, la plupart des chasseurs ont chassé sans leur chien. "On préfère ne pas prendre de risques", commente Laurent Roussel. "Nous aimons nos chiens et ça ne pardonne pas : apparemment la mort est foudroyante", insiste-t-il. "C'est dommage, la chasse en été, c'est surtout le plaisir de la balade avec le chien."

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