DATA. COVID-19 : Quelle était la situation dans les hôpitaux de la région lors des autres déconfinements ?

Ce lundi 3 mai marque la fin des restrictions de déplacements et le retour partiel des élèves dans leurs établissements scolaires. Le calendrier de levée des mesures est annoncé, mais avons-nous tiré des leçons des précédents déconfinements ? 

Depuis plus d'un an, le personnel soignant est en première ligne pour lutter contre la pandémie. Photo d'illustration
Depuis plus d'un an, le personnel soignant est en première ligne pour lutter contre la pandémie. Photo d'illustration © IP3 PRESS/MAXPPP

Hier, lundi 3 mai, débutait la première phase du troisième déconfinement. Nous vous l'expliquions : elle est synonyme de fin des restrictions de déplacement et de reprise partielle des cours en présentiel pour les collégiens et lycéens. 

Pour ce qui est de la seconde étape, le rendez-vous est fixé au 19 mai. A cette date, le gouvernement espère être en mesure de décaler le couvre-feu à 21 heures, rouvrir les lieux de culture et les terrasses des bars et restaurants. Le chef de l'Etat précisait toutefois dans son interview à la presse régionale que cette levée des restrictions ne serait possible que si la situation sanitaire le permettait. 

Ce plan de déconfinement en quatre étapes est décrié par plusieurs professionnels de santé dans divers médias, à l'image de Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon à Paris, invité chez nos confrères de RTL"Peut-être que ça va se stabiliser mais je ne vois pas par quel miracle". Il juge les prises de décisions gouvernementales "de plus en plus écartée de la logique scientifique". 

Des chiffres en hausse mais des déconfinements différents ... 

En Centre-Val de Loire,  les chiffres sont en hausse par rapport aux autres dates de déconfinement. Cependant, selon Christophe Lugnot, le directeur de cabinet de l'Agence Régionale de Santé, le nombre de patients en réanimation diminue "depuis le pic qui, je pense, a été atteint jeudi 22 avril. Mais nous sommes encore très haut donc il faut rester très prudent".

De plus, il est important de rappeler que les conditions de déconfinement n'étaient pas les mêmes à ces trois périodes. 

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Le 11 mai 2020, les commerces, jugés aujourd'hui essentiels, comme les librairies ou les fleuristes, étaient autorisés à rouvrir au même titre que les magasins de textile. Or, ces derniers demeurent fermés dans cette première étape. Le trafic SNCF restait en revanche volontairement limités l'année dernière, alors qu'il revient peu à peu à la normale cette semaine, favorisant donc les déplacements inter-régionaux. 

Si l'on compare ce lundi 2 mai au deuxième déconfinement, qui était effectif à partir du 15 décembre 2020, les deux sont assez similaires. Légère nuance : le couvre-feu était fixé à 20 heures en décembre, contre 19 heures aujourd'hui. La crainte d'un rebond épidémique demeurait surtout à l'approche des fêtes de fin d'année, moment propice aux regroupements familiaux et par conséquent à une potentielle transmission du virus. Reste à savoir si ce sera également le cas à l'approche des week-ends de l'Ascension et de la Pentecôte.

... et une situation sanitaire mieux appréhendée

Thierry Prazuck, chef du service des maladies infectieuses au CHR d'Orléans, estime que le calendrier de déconfinement établi par le gouvernement pourra être tenu "Même si on ne l'observe pas encore de façon franche, on sent déjà une légère détente en service de réanimation et les derniers chiffres sont à la baisse". En effet, selon les bulletins d'information de l'Agence Régionale de Santé, le nombre de personnes en soins critiques est passé de 214 à 198 entre le lundi 26 avril et le lundi 3 mai.

Le médecin observe aussi que les patients hospitalisés ne sont plus les mêmes que lors des deux confinements précédents. "On a encore des personnes âgées qui ne sont pas vaccinées, mais on a surtout des patients plus jeunes, qui ne sont pas des publics prioritaires parce qu'ils n'ont pas forcément des co-morbidités". Il martèle donc l'importance de la vaccination, une arme face au virus que nous ne possedions pas lors des précédents confinements, et va même jusqu'à demander son ouverture à un public plus large. 

Une vaccination plus massive, combinée à l'arrivée des auto-tests dans les établissements scolaires : pour Thierry Prazuck, les conditions de déconfinement sont plus optimales. "Même si je pense qu'il y a aussi une connotation politique, (les élections régionales et départementales se tiennent les 20 et 27 juin prochain, ndlr) il fallait donner un calendrier à la population". Une façon de montrer qu'après plus d'un an de pandémie mondiale, on commence (peut-être ?) à voir le bout du tunnel. 

 

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