Début des soldes d'hiver : les commerçants entre fatalisme épidémique et espoir de reprise

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Écrit par Thomas Hermans
© THOMAS COEX / AFP

Alors que les soldes d'hiver commencent ce mercredi 12 janvier, la généralisation du télétravail par le gouvernement fait craindre une faible fréquentation des commerces. Pourtant, les stocks attentent d'être vendus.

On ne peut pas dire que les premières soldes de 2022 s'ouvrent sous les meilleures auspices. Dès ce mercredi 12 janvier, et jusqu'au 8 février, les commerces vont tenter à tout prix d'écouler les stocks qui se sont un peu trop accumulés sur leurs étagères cette année. Avec, en guise de frein, la nouvelle vague épidémique et les récentes annonces gouvernementales.

"On a vraiment une grosse baisse de fréquentation depuis plus de 10 jours et l'annonce du télétravail, les gens sortent moins dans le centre-ville", constate Cathie Delvallée, gérante de la boutique de vêtements et bijoux fantaisie Surya Soleil, à Châteauroux. Également présidente de l'association de commerçants "Les Boutiques de Châteauroux", elle dit avoir discuté avec des confrères "qui ont organisé des ventes privées qui ne marchent pas du tout". 

"Les soldes ne sont plus ce qu'ils étaient"

Et si elle témoigne d'un traditionnel "flottement" d'avant-soldes, les clients attendant l'arrivée des bonnes affaires, elle affirme que la baisse de ces derniers jours est "inédite". "Les gens doivent avoir peur et font des achats sur internet", estime de son côté Valérie Debrosse. Gérante depuis sept ans de la boutique de vêtements pour femmes Top Mod en centre-ville de Romorantin-Lanthenay, elle aussi constate une certaine désertion de la clientèle. 

De manière générale, elle considère que "les soldes ne sont plus ce qu'ils étaient, avec des clients qui n'attendent plus impatiemment l'ouverture". Elle pointe ainsi du doigt la responsabilité des grandes franchises, qui "font des promos toute l'année". "Nous on est des indépendants, on fait nos stocks un an à l'avance, on ne nous les reprend pas à l'envi."

Rien ne s'est passé comme prévu

Valérie Debrosse a d'ailleurs été un petit peu trop optimiste lors de ses commandes de l'année passée.

On a été plusieurs à se dire que ça allait forcément repartir, qu'on allait avoir les vaccins et que tout allait rentrer dans l'ordre. On a fait comme si on allait faire une année normale. Donc je n'ai pas commandé moins que l'année d'avant.

Valérie Debrosse, gérante Top Mod à Romorantin

Sauf que, entre temps, son activité a souffert des nouvelles vagues épidémiques et notamment du dernier confinement de mars à mai 2021. Alors, malgré un certain pessimisme, la commerçante attend beaucoup de ces nouveaux soldes pour écouler un stock plus important que prévu.

Avoir les stocks suffisants

Cathie Delvallée, elle, se montre plus optimiste. Ayant aussi préparé ses collections un an à l'avance, elle dit avoir "fait très attention" en commandant plutôt moins que les années précédentes. Résultat : le stock reste "relativement dans la norme" de ce qu'elle a connu auparavant. "Les gens ont tous besoin de sortir, ça reste un plaisir de faire du shopping. Donc on espère qu'ils vont venir", explique-t-elle.

À Blois, la boutique Mighty Moe Skateshop assure, elle aussi, avoir un stock suffisant pour passer des soldes en toute sérénité. Une période importante pour le commerce, dont l'activité a souffert des manifestations anti-pass sanitaire organisées régulièrement le samedi sur un parcours qui traverse le centre-ville. "C'est souvent en début d'après-midi, donc ça bloque la fréquentation d'une clientèle importante", regrette Marco, vendeur sur place depuis une dizaine d'années.

L'année dernière, les soldes d'hiver avaient dû être prolongés de deux semaines à la suite de ventes trop basses. En cause notamment, le couvre-feu à 18h qui empêchait de faire du shopping en rentrant du travail par exemple. Nul doute que, cette année encore, les autorités seront attentives aux chiffres des soldes.

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