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Délit d’entrave à la chasse : « Le texte ne vise pas à pénaliser les promeneurs mais les auteurs d’entrave »

Une partie de chasse-à-courre à Chatenoy (Loiret) / © Lionel BONAVENTURE / AFP
Une partie de chasse-à-courre à Chatenoy (Loiret) / © Lionel BONAVENTURE / AFP

Le sénat a adopté le 11 avril le principe d’un délit d'entrave pour sanctionner plus sévèrement les actions des  « anti-chasse ». Le sénateur LR du Loiret Jean-Noël Cardoux, rapporteur de l’amendement, met en avant la multiplication des actes de vandalisme. 

Par Ch.L

Le Sénat a adopté le 11 avril dernier le projet de "délit d’entrave à la chasse" punissable d’un an d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende pour le fait de s’opposer à un acte de chasse. 

La mesure a suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux. Des « pour » et des « anti » qui dénoncent notamment le risque pénal qui serait encouru pour une simple promenade non-autorisée sur un territoire de chasse.

Les actes de vandalisme et d’entrave à la chasse se multiplient

« Le texte ne vise pas à pénaliser les promeneurs mais bien les auteurs d’entrave à la chasse » avance le sénateur LR du Loiret Jean-Noël Cardoux, porteur de la mesure et lui-même chasseur. « Ces actions se sont multipliées depuis 3-4 ans en Bretagne, en Ile-de-France et dans le Grand Est où se pratique la vénerie. Les équipages sont à bout de nerf ».

Les « activistes » suivent la chasse à pied, courent dans les sous-bois, se mettent en travers des suiveurs et des chiens. « C’est arrivé l’an dernier lors d’une chasse à courre en Touraine » explique Hubert-Louis Vuitton, président de la Fédération régionale de chasse Centre-Val de Loire. La chasse à tir n’est pas épargnée pour autant. « Dans le Loiret et en Indre-et-Loire, on assiste à une recrudescence du sabotage des miradors dont les échelons sont sciés. Je rappelle que ces chasses se déroulent sur des propriétés privées. Chacun est libre de faire ce qu’il veut chez lui » s’agace H.Louis Vuitton.  Il espère qu’une peine forte  fera « peur » aux détracteurs de la cynégétique. Ils sont 110 000 à la pratiquer en Centre-Val de Loire.  Et 1 200 000 sur l’hexagone.  Pour de nombreuses régions françaises, la chasse représente un activité économique non négligeable.  

« C’est sous la pression de nombreux parlementaires que nous avons décidé de légiférer »  reconnaît le sénateur LR du Loiret Jean-Noël Cardoux, rapporteur de la mesure. Puni jusqu’à présent d’une contravention de 150 à 300 euros, le délit d’entrave à la chasse serait passible, s’il était adopté par les députés,  d’un an d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Une peine « lourde » réagit cet internaute. 
« Il est rare que les tribunaux appliquent la peine maximale. Nous recherchons à dissuader plus qu’à punir » estime le parlementaire. 

Reste que pour les défenseurs de l’environnement, c’est la mesure de trop. Et de dénoncer le poids du lobby des chasseurs, celui-là même qui aurait fait démissionner Nicolas Hulot du ministère de l’Ecologie en août 2018.   
 
 

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