Départementales 2021 : déviation de Jargeau, haut débit, déserts médicaux... 4 choses à savoir sur le Loiret

Le candidat de la droite Marc Gaudet, et sa majorité, ont aujourd'hui une mainmise sur le Loiret où plusieurs épineux dossiers sont encore sur le feu, comme la déviation de Jargeau, ou la disparition des services publics. Voici 4 choses à savoir sur les enjeux des élections dans votre département.

L'église de Vieux Bourg au bord de la Loire et du canal d'Orléans à Saint Jean de Braye - Photo d'illustration
L'église de Vieux Bourg au bord de la Loire et du canal d'Orléans à Saint Jean de Braye - Photo d'illustration © Anne Oger/MAXPPP

Ces 20 et 27 juin, les Loiretains éliront leur nouveau Conseil départemental. 42 sièges sont en jeu dans le département, un des plus dynamiques de la région Centre-Val de Loire. C'est d'ailleurs dans le Loiret que la population a le plus augmenté ces dernières années, avec près de 5 500 nouveaux Loirétain.e.s entre 2015 et 2018. 

La majorité départementale, conduite par la droite, est représentée par Marc Gaudet, élu en 2017 et agriculteur au civil. Sur-représentés dans le département, avec 18 cantons aquis à leur cause sur 21, la droite et le centre espèrent bien garder leur mainmise. La liste de droite et du centre n'a renouvelé qu'un tiers de ses candidats, selon nos confrères de France Bleu, privilégiant la cohérence interne à l'arrivée de nouveaux visages.

En 4 ans seulement, cette majorité de droite arrive aux élections avec beaucoup de dossiers encore en cours. Certains sont assez peu avancés, ou rencontrent beaucoup de résistances, ce qui permettrait à une nouvelle majorité d'y mettre son empreinte politique. Ces dossiers sont donc devenus des enjeux pour ces élections départementales.

Enjeu n°1 : la déviation de Jargeau

S'il y a bien un projet départemental qui crispe de toute part, c'est celui de la déviation de la RD 921 entre Jargeau et Saint-Denis-de-l'Hôtel. Le projet, connu du public depuis près de 20 ans, "prévoit la création d’une route nouvelle à 2 voies entre la RD 13 au sud sur la commune de Marcilly-en-Villette et la RD 960 à l’est de la commune de Saint-Denis-de-l’Hôtel", et un pont sur la Loire flambant neuf.

Budget de ce colossal réaménagement : 58,1 millions d'euros. Sans compter, disent les militants écologistes, les incalculables dégâts collatéraux infligés à l'environnement. Le nouveau tracé passe en effet par des zones naturelles jusque-là préservées, et surtout dans une zone classée au patrimoine mondial de l'UNESCO pour ses paysages. Recours en Justice, contestation des compensations écologiques, recensement des espèces protégées de la zone... Les écologistes ont fait feu de tout bois, installant même un village sur la zone à défendre.

L'affaire pourrait être aussi simple, presque caricaturale dans la répartition des rôles. Sauf que la déviation de Jargeau, de nombreux habitants de la commune et des alentours la veulent. Car pendant ce temps, la RD 921 passe dans les centres-villes. 15 000 véhicules défilent en moyenne par jour, dont plusieurs milliers de poids lourds. Les habitants qui vivent le long de l'axe sont épuisés, et frustrés par la longue attente. "On préfère sauver des grenouilles et des petites fleurs que nos gamins qui crèvent des pots d’échappement", témoigne un riverain pro-Jargeau auprès de la République du Centre.

La bataille n'est donc pas finie, et en entraîne d'autres avec elle. La déviation de la RD 948 visant là aussi à éviter les centres-villes, et à réguler le trafic aux abords du château de Sully-sur-Loire, a été suspendue le temps de statuer sur le sort de Jargeau, et reportée "sur le prochain mandat".

Enjeu n°2 : la progression du Très Haut Débit

La 4G et la fibre dans tout le Loiret, ce ne devrait pas être dans longtemps, mais ce n'est pas précisément pour demain non plus. Le Loiret a commencé le déploiement du projet Lysséo, qui prévoyait initialement la couverture de l'ensemble du territoire en Très Haut Débit (THD) d'ici 2024, notamment "en offrant au moins un point d’accès au THD dans chaque commune".

Lancé en 2014 pour un budget de 149,5 millions d'euros sur 30 ans, Lysséo a été conçu en deux phases :

En janvier 2020, le Conseil départemental a validé la création d'une nouvelle délégation dédiée à la généralisation rapide de la fibre, pour donner un "coup d'accélérateur" à sa politique numérique. Il a également annoncé une nouvelle échéance pour les 262 communes concernées par la phase 2. Si le futur Conseil départemental tient la promesse faite par la gouvernance de Marc Gaudet, la fibre devrait être généralisée fin 2022. L'Arcep, le gendarme des télécommunications, estime la couverture fibre du Loiret entre 50% et 80%.

Enjeu n°3 : la lutte contre les déserts médicaux

Dans le Loiret, si l'on veut être soigné, mieux vaut ne pas vivre trop éloigné d'un hôpital. C'est le constat tiré de la carte de France de la désertification médicale, publiée en novembre 2020 par Le Guide Santé. Le site spécialisé classe les zones, en se fondant sur la définition d'une zone classée "sans difficulté" :

Si au moins un critère est manquant, la commune est considérée comme sous-dotée. Et si aucun des trois n'est coché, elle est classée en désert médical. Attention : ces critères ne prennent pas en compte la difficulté de trouver un spécialiste ou "de tomber sur le bon médecin au bon moment", les difficultés des territoires sont donc potentiellement sous-évaluées.

Sur la carte du Loiret, seules trois zones sont encore considérées en désert médical, mais près de la moitié des communes sont considérées comme ayant des difficultés d'accès aux soins, les zones sans difficultés étant concentrées autour des pôles hospitaliers. Il y a donc encore du boulot.

Cela, le département le sait bien. La construction de maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) et de cabinets médicaux a été investie par le département à hauteur de 2 millions d'euros en 8 ans. Des bourses d'étude, un soutien financier à l'achat de matériel ou encore l'organisation de soirées d'accueil ouvertes à tous les internes en médecine... Le Loiret n'a pas chômé, mais la partie n'est pas gagnée. Entre 2017 et 2020, le département n'est parvenu qu'à stabiliser son nombre de médecins : 79 arrivées, pour 79 départs.

Enjeu n°4 : la ligne ferrorivaire Orléans-Châteauneuf

La ligne SNCF, longue de 27 km, reliant Orléans à Châteauneuf-sur-Loire a été fermée aux voyageurs en 1939. La question de la rouvrir a été posée pour la première fois en 1993, et aujourd'hui, nous y sommes encore. On appelle ça un serpent de mer. Le dossier s'est animé en 2018 quand la Région et le Département se sont alliés pour présenter le projet de réouverture d'une ligne utile à quelque 8000 voyageurs par jour. Mais le préfet du Loiret avait finalement refusé de signer la déclaration d'utilité publique, tuant le projet dans l'oeuf.

Le Loiret et la Région avaient promis de ne pas baisser les bras : une nouvelle étude devrait être présentée devant un comité de pilotage. A ses anciens arguments, se rajoute désormais la préoccupation écologique et le rêve de moins en moins fou de lancer sur ces rails le premier train hydrogène. Le Conseil économique social et environnemental régional (Ceser) s'est également prononcé en faveur du projet de réouverture de la ligne, en janvier 2021. Un projet encore suspendu à un fil, dans lequel le Conseil départemental aura un rôle important à jouer au cours des prochains mois.

 

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