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Fake news, rien de nouveau

Extrait de "La rumeur", court métrage réalisé par des élèves du lycée Gaudier-Brzeska à Saint-Jean-de-Braye (45) avec l'association Régie Môme / © Régie Môme
Extrait de "La rumeur", court métrage réalisé par des élèves du lycée Gaudier-Brzeska à Saint-Jean-de-Braye (45) avec l'association Régie Môme / © Régie Môme

Quand des lycéens du Loiret enquêtent sur la Rumeur d’Orléans, une affaire de 1969, c’est tout un travail d’éducation aux médias qui se met en place. Récit de leur aventure filmique avec l’association Régie Môme.

Par Emilie Canton

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La rumeur court… métrage, un documentaire qui interpelle face aux rumeurs d’aujourd’hui


Elle court, elle court, la rumeur. Et ça ne date pas d’hier ce genre d’affaires. Des victimes, il y en a eu un peu, beaucoup, mais depuis que nos écrans nous passionnent, le phénomène fait tâche d’huile. Alors pour ne pas glisser sur la toile, déraper en étant trop crédule, il nous faut prendre du recul, avoir l’esprit critique et aiguiser notre sens de l’analyse. Pas facile pour les plus jeunes. C’est pour cela que l’association Régie Môme s’emploie à leur donner les outils nécessaires depuis plus de 20 ans. Pour parler de ce travail d’éducation à l’image et d’éducation aux médias, et du projet singulier sur la Rumeur d’Orléans avec des lycéens du Loiret, nous recevions Christophe Fraudin, globe trotteur réalisateur (« Du nord au sud TV ») et co-fondateur de l’association Régie Môme. C’était le 19 mars dernier dans « Ensemble, c’est mieux ! » sur France 3 Centre Val de Loire.
 
Christophe Fraudin, réalisateur "Du nord au sud TV" et co-fondateur de l'association Régie Môme sur le plateau d' "Ensemble, c'est mieux !" sur France 3 Centre Val de Loire
Christophe Fraudin, réalisateur "Du nord au sud TV" et co-fondateur de l'association Régie Môme sur le plateau d' "Ensemble, c'est mieux !" sur France 3 Centre Val de Loire
 

69, année « symptomatique » : histoire de la Rumeur d’Orléans


Voilà 50 ans tout juste que la presse nationale s’emparait de l’affaire. Entre le 7 et le 11 juin 1969, la rumeur d’Orléans faisait les gros titres et nous les gros yeux, devant de telles aberrations. Depuis le 10 mai de la même année, les soupçons flottaient sur la ville d’Orléans. Nauséabonds. Sur fond d’antisémitisme, des commerces juifs de prêt-à-porter étaient visés. On racontait que des jeunes filles disparaissaient dans leurs cabines d’essayage, qu’elles étaient droguées, enlevées et embarquées via des sous terrains dans un sous marin pour être vendues à un réseau de prostitution à l’étranger. Une légende urbaine à peine croyable que des lycéens de Saint-Jean-de-Braye dans le Loiret ont tenté de décrypter.


Des lycéens du Loiret ont mené l’enquête

 
La rumeur
Court métrage réalisé par des élèves du lycée Gaudier-Brzeska à St-Jean-de-Braye (45) avec la complicité de l'association Régie Môme et le soutien financier de la région Centre Val de Loire (dans le cadre du dispositif "Aux Arts, Lycéens et Appprentis !") - Régie Môme

Un film, une récompense et de nombreuses leçons à tirer. Voilà comment l’on pourrait résumer « La rumeur ». Prix de l’esprit critique décerné par l’académie d’Orléans-Tours en juin 2018, le film a été réalisé par des élèves de seconde Bac Pro Métiers Art de la Pierre et Intervention sur Patrimoine Bâti du lycée Henri Gaudier-Brzeska, à Saint-Jean-de-Braye (45), avec le soutien financier de la région Centre Val de Loire et de son dispositif « Aux Arts, Lycéens et Apprentis ! ». A leurs côtés, des professionnels de l’image de l’association Régie Môme et leurs professeurs les ont accompagnés dans les différentes phases d’écriture, de recherche, de tournage et de montage. Un travail complet, une véritable enquête qu’ils ont menée auprès d’experts : historien, spécialiste de l’éducation aux médias, archéologue et témoins. Résultat : un film riche de contenu et riche d’enseignement. « C’était intéressant de comprendre comment les rumeurs s’installent et toutes les mécaniques qui sont autour », souligne Christophe Fraudin.

A partir d’une histoire qui appartient au passé, des jeunes nous appelle ici à tirer des leçons sur nos comportements d’aujourd’hui face au flot d’actualités et aux fake news. Mais sont-ils eux, les jeunes, tout à fait maîtres de leurs écrans et de ce qui y circule ? Christophe Fraudin reconnaît que « rapidement quand on discute avec eux, on voit bien qu’ils suivent certaines rumeurs actuelles ». D’où l’intérêt d’un projet comme celui-ci d’éducation aux médias, à l’image, qui leur donne sinon un mode d’emploi, une piste de réflexion. « Quand on s’est quitté », conclut Christophe Fraudin, « je ne sais pas s’ils croyaient toujours en ces rumeurs, mais je suis certain qu’ils sont repartis avec un gros point d’interrogation ».


Les jeunes en proie aux écrans et aux médias : une association roule pour eux

 
Camion de l'association Régie Môme / © Régie Môme
Camion de l'association Régie Môme / © Régie Môme

Ce film, « La rumeur » est l’une des innombrables réalisations de l’association Régie Môme, créée par Chantal Béaur Dubreuil, réalisatrice plasticienne et Christophe Fraudin. Depuis plus de 20 ans qu’ils travaillent avec les écoles, collèges, lycées et diverses structures d’accueil de la région et bien au-delà, ils ont permis à des milliers d’enfants, d’adolescents et de jeunes de se poser ce point d’interrogation essentiel pour ne plus être simples consommateurs d’images.

Là était la vocation de départ de l’association loirétaine : faire de l’éducation à l’image. Et puis les écrans se sont multipliés et avec eux la nécessité d’encadrer les enfants plus encore.

"Avant on travaillait sur la télévision, le cinéma", se souvient Christophe Fraudin, "comment elle fonctionne, comment on fabrique un film, aujourd’hui c’est important d’élargir notre propos. On amène les enfants à comprendre comment fonctionnent les réseaux sociaux, ce qu’ils voient sur youtube, comment tout cela se fabrique… Nos ateliers fonctionnent très bien, parce que ce dont nous parlons résonne dans ce qu’ils vivent et reçoivent au quotidien."

Cette année, les films des « mômes » de Régie Môme se sont articulées autour d’une thématique : la protection de l’environnement. Les réalisateurs en herbe n’ont pas manqué d’inspiration et il est ressorti de ces multiples aventures un journal, des fictions, des rencontres et des débats enrichissants. Mais alors que l’année scolaire se clôt doucement, la suite déjà se prépare.
 
Chantal Béaur Dubreuil, réalisatrice plasticienne et Christophe Fraudin, réalisateur, fondateurs de l'association Régie Môme / © Régie Môme
Chantal Béaur Dubreuil, réalisatrice plasticienne et Christophe Fraudin, réalisateur, fondateurs de l'association Régie Môme / © Régie Môme

De nouveaux projets de films sont déjà dans les tuyaux pour l’association Régie Môme. Et le retour de son festival est annoncé pour l’an prochain. Après avoir été mis entre parenthèses pendant quelques années, le festival « Carambolimages » se devait de faire son grand retour, pour permettre la projection des films réalisés par les enfants et les jeunes au public. Pour celles et ceux qui ont connus les belles heures de ce festival, nombre se souviendront qu’il faisait vibrer les mois de juin de Saint-Jean-de-Braye ou de Chécy, au rythme des émotions, de la fraîcheur, de la sincérité et de la bienveillance de tous ces enfants, ces jeunes et ces grands enfants, professionnels de l’image qui les accompagnaient toute l’année et sur la scène du grand festival. Nombre se souviendront de ces tournages en extérieur, réalisés devant un public sur gradins de 400 enfants. Ces silences « cinéma » magiques. Cette féerie d’images où les enfants invitaient les adultes à rêver avec eux, pour mieux rêver la vie ou vivre une vie rêvée. L’invitation se renouvellera, c’est officiel, en juin 2020. On y retrouvera des professionnels de l’image au cœur aussi grand que leur talent, et qui se plaisent à travailler avec les « mômes » de Régie Môme pour certains depuis des années, comme le scénariste Alain Layrac, le comédien Brice Ournac, l'auteur Jeunesse Frédéric Clément, le réalisateur Thierry Robert, le psychiatre Serge Tisseron, le grand reporter à la Rédaction Nationale de France 3 Morad Ait Habbouche, la marionnettiste de la Compagnie Ô Nathalie Chartier, le directeur de l'Astrolabe (scène de spectacles à Orléans) Frédéric Robbe, la DGA Responsable du Pôle Animation vie locale et Directrice de l'éducation à La Ferté Saint-Aubin (45) Flavie Barodine, le Trésorier et ex-Président Régie Môme Jacques Feller, l'ingénieur du son du Studio Nymia P.E. Mériaud, l'auteur, réalisateur et producteur de cinéma et de télévision français Fred Fougea, le réalisateur, scénariste, directeur de la photographie, ingénieur du son producteur et réalisateur d'images animalières Laurent Charbonnier ou, plus récemment entrés dans l’aventure, le compositeur Rémi Boubal et le vidéaste, photographe et conférencier Rémy Marion. La liste est longue de tous ceux qui ont croisé la route des enfants « Régie Môme » et le voyage n’est pas fini, au volant de ce drôle de camion bordeaux qui renferme 1 studio de montage et mille et un trésors.

Parce que l’éducation à l’image, comme le dit Christophe Fraudin : « ça marche avec des 4 ans, des 20 ans », c’est important et ça a du sens dans ce monde qui n’est plus tout à fait le nôtre mais celui des écrans.
 

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