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Jeanne d'Arc au sacre d'Antoine Bourdelle

Jeanne d'Arc au sacre d'Antoine Bourdelle au musée des Beaux-Arts d'Orléans / © France 3 Centre-Val de Loire
Jeanne d'Arc au sacre d'Antoine Bourdelle au musée des Beaux-Arts d'Orléans / © France 3 Centre-Val de Loire

Lors de son procès, comme on lui reproche d’avoir placé son étendard trop près du roi pendant le sacre, Jeanne d'Arc rétorque à ses juges : « Il avait été à la peine, c’était bien raison qu’il fût à l’honneur ».

Par Anne Lepais

L'artiste : Antoine Bourdelle

Au XIX siècle, il n’est pas rare que les sculpteurs ne sculptent pas mais ne soient que concepteurs de leurs œuvres, d’autres, en revanche, sont des praticiens. C’est le cas d’Antoine Bourdelle (Montauban, 1861 – Paris, 1929) qui commence sa carrière comme sculpteur à l’école des Beaux-Arts de Toulouse. Il va vite rentrer dans l’atelier de Rodin pour réaliser les œuvres du maître, rencontrer Camille Claudel et s’imposer sur la scène artistique.

En 1909 il décide de s’émanciper et choisit d’imposer son style en rupture total avec celui de Rodin.
Il expose en un Héraclès archer qui représente l'un des douze travaux d'Héraclès, celui où il doit abattre les oiseaux du lac Stymphale - une commande du financier et mécène Gabriel Thomas -  La sculpture en bronze doré présentée au salon de la Société nationale des beaux-arts de 1910, dans sa dimension monumentale (2m50/2m40) fit sensation.

Ce succès le propulse sur le devant de la scène. Il décide alors de se lancer dans une grande carrière et réalise l’année suivante une Jeanne d’Arc au sacre qui rencontre également un très grand succès.

 

L'oeuvre : Jeanne, figure mystique et intemporelle


C’est une Jeanne d’Arc à l’iconographie totalement tranchée par rapport à l’ensemble des représentations de la pucelle du XIXème que vous pouvez découvrir au musée des Beaux-Arts d’Orléans.



Lors de son procès, comme on lui reproche d’avoir placé son étendard trop près du roi pendant le sacre, elle rétorque à ses juges : « Il avait été à la peine, c’était bien raison qu’il fût à l’honneur ».
 
Cette image de Jeanne à l’étendard est inlassablement déclinée par les artistes. Antoine Bourdelle nous livre ainsi une Jeanne hiératique, le regard levée vers le ciel, fièrement dressée, l’étendard fermement tenu en main. Le statisme de la figure est adouci par l’enroulement de l’étendard dans son dos. La rectitude de l’attitude de Jeanne saisie au moment où elle semble communiquer avec le monde céleste n’est pas sans rappeler la Jeanne d’Arc au sacre du roi Charles VII de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867). Comme lui, Bourdelle trace une auréole autour de la tête de Jeanne, utilisant ici l’étendard comme support. L’œuvre date de 1909, l’année de la béatification de Jeanne. Musée historique et archéologique de l’Orléanais
 
 
L'oeil d'expert sur l'oeuvre d'Olivia Voisin la directrice du musée. 
Jeanne d'Arc au sacre d'Antoine Bourdelle
C’est une Jeanne d’Arc à l’iconographie totalement tranchée par rapport à l’ensemble des représentations de la pucelle du XIXème que vous pouvez découvrir au musée des Beaux-Arts d’Orléans. - France 3 Centre-Val de Loire - Bérénice Du Faÿ, Gilles Maury et Eve Manier