Les documentaires de France 3 Centre-Val de Loire

Le lundi vers 23h00, un documentaire de 52 minutes raconte la vie des régions. 
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A la source du vin

Des amphores pour le vin / © Philippe Gasnier
Des amphores pour le vin / © Philippe Gasnier

Soucieux de faire un vin qui respecte à la fois la terre et les hommes, des vignerons de Loire partent en Géorgie à la découverte de la plus ancienne technique de vinification connue

Par Anne Lepais

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Soucieux de faire un vin qui respecte à la fois la terre et les hommes, des vignerons de Loire partent en Géorgie à la découverte de la plus ancienne technique de vinification connue, un savoir- faire millénaire qu’ils veulent associer aux expériences de non intervention, sans intrants extérieurs, qu’ils mènent dans le domaine de la vigne et du vin.

Ce film est le récit d’une aventure tant technique qu’humaine, une quête pour un vivre-ensemble harmonieux.

Ainsi, comme le vin qu’on tourne dans le verre, les images et les sons s’enroulent dans une ronde de correspondance entre l’ici et le là-bas, développant au passage des arômes profonds et joyeux de résistance, avec une note épicée d’espoir.

Rencontre avec Philippe Gasnier, le réalisateur 

Philippe Gasnier, réalisateur / © Girelle Production
Philippe Gasnier, réalisateur / © Girelle Production
► Comment s'est passé le tournage en Géorgie ? Comment avez-vous été accueillis ?

Nous sommes arrivés en Géorgie au terme d'un long voyage, à la frontière orientale de l'Europe. Quand on sort de l'aéroport de Tbilissi, on est tout suite interpellé par l'immense grappe de raisin, une statue de 5 mètres de haut. On est au pays du vin. C'est revendiqué, c'est une fierté nationale. On a affaire à des gens qui sont conscients d'avoir eu une influence sur le monde entier grâce à leur patrimoine viticole - qui remonte à 8000 ans. Des traditions qu'ils ont réussi à conserver, c'est extraordinaire ! En Géorgie, le vin a une posture sacrée. Le rituel du toast qui a disparu en France reste très vivant. C'est la base du fonctionnement de l'accueil. Il permet de se retrouver dans des communautés, d'être accueilli et de nouer des relations d'amitié forte. 


► En dehors de vos activités de documentariste, vous cultivez quelques arrhes de vigne dans le Val de Loire près d'Orléans. Faire un film sur le vin n'est donc pas le fruit du hasard ?

Mon père était d'origine vigneronne. Il a travaillé toute sa vie comme maître de chai dans le Saumurois. En faisant du vin, j'ai retrouvé ce lien. Quand j'ai planté ma vigne à la fin des années 90, j'ai choisi l'option de cultiver en bio et de m'intéresser aux méthodes de vinification naturelles et sans soufre. Ce qui m'a permis de rencontrer la bande de vignerons du Loir-et-Cher, des précurseurs en la matière. Regroupés autour de Thierry Puzelat, ils avaient à la fois une démarche environnementale rigoureuse, des vins gourmands... et des personnalités très intéressantes.

► Comment est né ce projet du film autour de cette technique très particulière de vinification en kvevri ? 

En 2007, à l'issue de la guerre civile, la Russie a imposé un embargo sur les vins géorgiens. Les producteurs n'ont alors pas eu d'autre choix que de se tourner vers l'Europe. Ce qui a permis de nourrir de nombreux échanges avec la France. A l'hiver 2011, grâce à la critique oenologique Alice Feiring, j'ai eu l'opportunité de rencontrer deux vignerons géorgiens à Orléans. Nous avons dégusté des vins vinifiés en kvevri. Une vraie découverte !
Très connue pour ses 500 cépages natifs, la Géorgie l'est un peu moins pour sa technique de vinification en Kvevri, qui sont d'immenses jarres de terre cuite enterrées. C'est aussi cela qui a passionné le groupe de vignerons du Loir-et-Cher qui a décidé de se rendre sur place pour goûter les vins et voir de plus près cette technique. Faire du vin avec une potiche enterrée, une callebasse et un bout de bois pour piger, ce qu'ils sont partis trouver en Géorgie, c'est un sens. Une aventure autant humaine que technique que j'ai eu envie de raconter. 
 (Propos recueillis par Ch.Launay)

« A la source du Vin » un film de 52'
Réalisé par Philippe Gasnier
Coproduit par Girelle Multimedia et Production et France 3 Centre