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L'état d'urgence sera « sûrement prolongé » en janvier, annonce Manuel Valls

Manuel Valls, le 9 novembre 2016 à Paris. / © MAXPPP
Manuel Valls, le 9 novembre 2016 à Paris. / © MAXPPP

Le Premier ministre évoque notamment le contexte de l'élection présidentielle. Instaurée après les attaques du 13 novembre 2015, la mesure d'exception a déjà été prolongée de six mois fin juillet.

Par Avec AFP

Le Premier ministre français Manuel Valls a déclaré, dimanche 13 novembre à la BBC, que l'état d'urgence allait sans « doute être prolongé de quelques mois » en janvier. « Il est difficile aujourd'hui de mettre fin à l'état d'urgence, a-t-il estimé au cours de l'entretien. D'autant plus que nous allons nous engager dans une campagne présidentielle dans quelques semaines avec des meetings, avec des réunions publiques. Donc il faut aussi protéger notre démocratie. »

L'état d'urgence, instauré en France après les attaques du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis, a été prolongé de six mois fin juillet. Tout en déclarant vouloir rester « très prudent » à cet égard, le Premier ministre a estimé que le risque d'une attaque organisée par un commando comme cela avait été le cas un an plus tôt avait « plutôt tendance à diminuer ».

« En revanche nous pouvons faire face à des attaques du type de celle que nous avons connue à Nice. C'est à dire des individus qui sont actionnés directement par internet, par des réseaux sociaux, par l'[organisation] Etat Islamique sans avoir eu besoin de passer par la Syrie ou par l'Irak », a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement a défendu l'efficacité de l'état d'urgence : « Ce dispositif nous permet aussi des interpellations, des contrôles administratifs qui sont efficaces. »

« Qui osera » lever l'état d'urgence ? 


Ces déclarations confirment les propos tenus la veille dans L'Obs par Sébastien Pietrasanta, rapporteur PS de la commission d'enquête sur les attentats de 2015. Le député estimait que l'état d'urgence serait sans doute prolongé, « au moins jusqu'à la présidentielle » d'avril et mai 2017, et doutait de la possibilité politique d'une levée de la mesure. « Je l'ai dit en juillet à l'Assemblée nationale : seul un consensus politique, républicain, peut nous en sortir. Mais comment voulez-vous que cette décision soit prise après ce qu'il s'est passé à Nice, entre autres, et alors que nous sommes en pleine période pré-présidentielle ? »,  a-t-il fait valoir.

« Quelle sera la responsabilité de celui, en l'occurrence le président de la République ou le Parlement dans son ensemble, qui lèvera l'état d'urgence ?, a ajouté le député. Qui osera le faire ? »

M. Pietrasanta, regrette la « surenchère » actuelle, liée selon lui à la campagne de la primaire de la droite et à la future campagne présidentielle. Pour lui, inscrire l'état d'urgence dans le temps « revient nécessairement à le galvauder ».

«Néanmoins, la prolongation de l'état d'urgence permet la poursuite de certaines assignations à résidence, ou au préfet de prendre des dispositions particulières en matière d'ordre public, soulignait le député des Hauts-de-Seine. » 

Un an après des attentats, M. Pietrasanta estime que des progrès ont été faits, notamment, « même s'il reste beaucoup à faire», dans la « coopération européenne » ou entre les différents services.

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