Insolite : l'une des plus grandes collections de chars d'Europe au milieu de la Beauce

Christian Dours dans son Sherman M4A1-75. / © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Christian Dours dans son Sherman M4A1-75. / © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

La collection de Christian Dours, entreposée à quelques kilomètres de Chartres, est composée de modèles réels, et en état de marche ! 

Par Avec AFP

"Cela peut paraître étrange et un peu anachronique. Aimer une fleur, un parfum... Oui, on peut le comprendre, mais des chars ! Je ne les aime pas pour le côté arme, mais pour l'histoire qu'ils représentent, pour la puissance qu'ils déploient et pour la mécanique qu'ils renferment", clarifie Christian Dours.

A quelques kilomètres de Chartres, au beau milieu de la Beauce, ce passionné conserve l'une des plus grandes collections d'Europe de chars. Des modèles réels, en état de marche, et avec pièces d'origine. Parmi les plus belles pièces, un Sherman M4, construit en 1942 . "Il n'en reste pas plus de dix dans le monde", affirme le collectionneur. 
 

"Ce soldat est mort dans les bras de mon père"


Lorsqu'il était enfant, il jouait avec des modèles réduits de chars américains de la Seconde Guerre mondiale."Vers l'âge de 6/7 ans, j'ai été touché en voyant une photo de mon grand-père, devant chez lui à Chartres, serrant dans ses bras un tout jeune soldat américain à côté d'un véhicule militaire half-track qui venait de recevoir une grenade allemande. En réalité, ce soldat est mort dans les bras de mon père."
    
Christian Dours est encore bouleversé lorsqu'il repense à ce moment. "On leur doit tout à ces gamins américains venus se faire tuer pour notre liberté. A partir de là, j'ai beaucoup lu d'ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale et j'ai été bercé dans cet univers grâce à mes grands-parents. Ils m'ont emmené sur les plages du débarquement."
 

"Un musée, c'est la mort"


Il y a 20 ans, il a décidé de donner une autre dimension à sa passion d'enfance. "J'ai acheté mon premier char à un gendarme dans le nord de la France. Il le vendait parce qu'il avait failli se tuer en roulant avec", se souvient-il en riant. Le plus souvent, il récupère des épaves, qu'il ramène à la vie avec d'autres passionnés, uniquement avec des pièces d'origines, collectées de par le monde.  "Je commence à avoir un bon réseau !" souligne-t-il. 

Pourtant, pas question de créer un musée "Ce que j'aime, c'est conduire mes chars dans mes champs autour de chez moi, de les voir défiler durant les commémorations, faire monter les gamins et les adultes dedans. Je les aime vivants. Un musée, c'est statique, c'est la mort."
 
Balade en char dans les champs de la Beauce. / © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Balade en char dans les champs de la Beauce. / © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Christian Dours a aussi fourni des réalisateurs pour des films autour de la Seconde Guerre Mondiale, dont le très célèbre Il faut sauver le soldat Ryan. En attendant de transmettre sa collection à ses enfants, il reste à Christian Dours deux chars à restaurer... s'il n'en acquiert pas d'autre d'ici là !

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