Pass sanitaire : en conflit avec la préfecture d’Eure-et-Loir, le zoo-refuge La Tanière appliquera finalement la loi

La préfecture d’Eure-et-Loir avait donné 48 heures au zoo-refuge La Tanière près de Chartres, pour appliquer le pass sanitaire. Après deux jours d’attente et face au risque de fermeture administrative, le parc animalier a fini par céder : il effectuera bien des contrôles à l'entrée.
Entrée du zoo-refuge La Tanière, le 3 août 2021.
Entrée du zoo-refuge La Tanière, le 3 août 2021. © Juliette Roché / France Télévisions

Jusqu’au dernier moment, Patrick Violas, responsable du zoo-refuge La Tanière à Nogent-le-Phaye près de Chartres, n’a pas voulu céder. Après l’annonce ce jeudi soir d’une conférence de presse de la préfecture d’Eure-et-Loir pour le lendemain matin (visible ci-dessous), le fondateur du zoo-refuge avait laissé entendre que la fermeture administrative du site serait annoncée.

La préfète Françoise Souliman l'a elle-même cru cela puisqu'elle avait signé ce jeudi soir l'arrêté imposant la fermeture administrative. Mais Patrick Violas l'a appelée tard dans la soirée pour annoncer qu'il revenait sur sa décision et qu'il appliquerait la loi : La Tanière ne fermera pas ses portes.

"Une catastrophe pour nos animaux"

Il explique les motifs de ce changement dans une vidéo YouTube (ci-dessous), mais aussi au micro de France 3 Centre-Val de Loire : "On était pris en otage : soit on était fermé ce matin, et c’était une catastrophe pour nos animaux ; soit on appliquait le pass sanitaire comme on le fait, mais avec deux fois moins de visiteurs."

 

La préfète, elle, se dit "soulagée à la fois pour la santé publique, évidemment pour les animaux de la Tanière aussi. L’Eure-et-Loir, comme tous les départements de France doit appliquer la loi républicaine".

"Tous services de l’Etat confondus, nous avons été à l’écoute, à la très grande écoute de la Tanière, et ces derniers jours encore plus peut-être, encore plus créatifs, et nous avons été entendus, mais tard", souffle-t-elle.

Entendus, pas si sûr, vu que Patrick Violas ne démord pas de son idée première :"On continue à réclamer notre jauge en extérieur, on pense qu’on pourrait très facilement avoir 40m2 par personne, avec le port du masque et cela règlerait bien des problèmes."

Les problèmes en question, c'est la fréquentation : le propriétaire de La Tanière misait sur 60.000 visiteurs en juillet, 100.000 en août. Sauf qu'il s'agit uniquement d'estimations : le zoo-refuge vient d'ouvrir ses portes le 11 juin dernier et n'a donc pas de chiffre d'affaires de référence.

Des aides après l'été ?

Un chiffre d'affaires qui "est uniquement pour les animaux", rappelle Patrick Violas. "On est à but non lucratif, j’ai zéro salaire. On va faire les comptes à la fin du mois et on va demander des aides. J’espère que l’Etat tiendra sa parole."

Françoise Souliman a en effet confirmé en conférence de presse que les pertes des zoos et parcs animaliers "vont être estimées à la fin de l’été". "Des systèmes de dédommagement pourront être créés, mais pour l’instant nous n’avons pas encore les teneurs du calcul de ce montant, et comment cela va être fait, temporise-t-elle. Une chose est sûre d'après elle : "La Tanière ne sera pas exclue.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
zoo animaux nature vaccins - covid-19 santé société covid-19