Le verdict du procès de Sidney Amiel l'ex-avocat de Chartres jugé pour viol attendu ce vendredi

Sidney Amiel, ancien avocat du barreau de Chartres et ex-conseiller municipal, est jugé depuis mardi 6 juin par la cour d’assises de Versailles. Il est accusé de viol et agressions sexuelles sur 5 femmes entre 2003 et 2010 dont sa belle-fille de 13 ans. / © Max PPP - OLIVIER BOITET
Sidney Amiel, ancien avocat du barreau de Chartres et ex-conseiller municipal, est jugé depuis mardi 6 juin par la cour d’assises de Versailles. Il est accusé de viol et agressions sexuelles sur 5 femmes entre 2003 et 2010 dont sa belle-fille de 13 ans. / © Max PPP - OLIVIER BOITET

Sydney Amiel est jugé par la cour d’assises des Yvelines. L'ex-avocat du barreau de Chartres, un "dominateur" selon les experts, est accusé de viol et agressions sexuelles, entre 2003 et 2010, sur 5 femmes dont sa belle-fille alors mineure. 

Par Fabienne Marcel

C'est un procès fleuve qui a duré 3 semaines. L'ancien avocat du barreau de Chartres est accusé d'agressions sexuelles. 

Environ 10 ans d'emprisonnement requis 


"Environ 10 ans d'emprisonnement" ont été requis jeudi contre l'ex-avocat Sidney Amiel, accusé devant la cour d'assises des Yvelines d'un viol et de plusieurs agressions sexuelles et tentatives d'agressions sexuelles.

"Les faits reprochés sont aggravés par sa qualité d'avocat, ce qu'il (en) sait aurait dû le pousser à se contrôler", a estimé l'avocat général Bruno Meslin. "Ces choses-là peuvent être soignées, il n'a rien fait", a-t-il poursuivi.

"Je vous demanderai d'être relativement sévère avec lui en le condamnant à environ 10 ans d'emprisonnement", a-t-il requis, se disant "parfaitement convaincu de (sa) culpabilité" pour tous les faits reprochés.

L'ancien ténor du barreau de Chartres, aujourd'hui âgé de 67 ans, comparaît libre depuis le 6 juin pour des faits qui se seraient déroulés au sein de son cabinet sur deux clientes, une collaboratrice et une secrétaire. D'autres atteintes sexuelles auraient aussi eu lieu dans son cadre familial, son ex-belle-fille l'accusant d'attouchements à quatre reprises alors qu'elle était adolescente. Pour le viol dont l'accuse l'une de ses anciennes collaboratrices et qui se serait déroulé en 2003, il y a bien eu "contrainte et surprise, deux éléments qui caractérisent un viol", a estimé l'avocat général.

Et la victime présumée est "parfaitement crédible dans ce qu'elle dit", a-t-il souligné. Pour les autres parties civiles, M. Meslin a dit ne pas croire que Sidney

Amiel n'était que "tactile" avec elles, comme lui et ses proches n'ont cessé de le répéter. "En réalité, je crois qu'il ne se contrôle pas. Il se raccroche à des branches assez basses pour nous faire croire à des choses qu'il n'est pas possible de croire", a-t-il ajouté, balayant notamment la thèse des différents "complots" - professionnel, antisémite, policier - évoqués par la défense tout au long de l'instruction.
 

La défense pointe un dossier  avec des difficultés factuels

Me Frédéric Landon, avocat de la défense, a estimé pour sa part qu'il fallait dans ce "dossier hallucinant" et "complètement atypique", "s'imposer de la retenue".
"Ce dossier pose des difficultés factuelles" et "Sidney Amiel se défend mal, parce que c'est un avocat qui n'est pas à la place qui est la sienne", a estimé le conseil.
"Coureur de jupons", "infidèle", "grossier", "tactile", c'est "incontestable", a concédé Me Landon. "Que voulez-vous: les pieds-noirs, ça parle avec les mains", a-t-il ajouté, faisant valoir que pour chaque fait reproché et en l'absence de témoin, c'était "parole contre parole".
Dans ces conditions, a-t-il lancé aux jurés, "si vous le jugez coupable, vous prendriez un risque terrible". "Vous n'êtes pas là pour faire plaisir (aux victimes présumées), mais pour faire émerger une vérité judiciaire. Et si vous l'acquittez, ça ne dira nullement que ce sont des menteuses", a-t-il lancé.
Plus tôt dans l'après-midi, Me Pierre-Ann Laugery, conseil de la victime présumée de viol, avait dénoncé "un homme qui est dans la toute-puissance, capable de tout pour assouvir ses fins, pour pressurer, pour avilir, jusqu'à être sympathique, rigolo même" avec ses victimes.
"Ce n'est pas qu'un prédateur sexuel, c'est un dominateur sexuel", a-t-il asséné, appelant les jurés à libérer les victimes présumées de "la boule au ventre", de la "honte", de la "culpabilité" qu'elles ressentent depuis les faits. "C'est lui qui est coupable de tout ça, ne les laissez pas sur le bord du chemin", a-t-il encore demandé en concluant les plaidoiries des parties civiles.

Le dernier mot de l'accusé et le verdict sont attendus vendredi.


LIRE RAPPEL DES FAITS :

Sidney Amiel, l’ex-ténor du barreau de Chartres accusé de viol, a été décrit par les experts, mercredi à son procès comme un « dominateur », un « narcissique » au psychisme imprégné de sexualité. Aujourd'hui, retraité du barreau, Sidney Amiel nie catégoriquement les faits. Le sexagénaire se présente comme "un amoureux des femmes", certes un peu "volage", mais "jamais violent". L'ancien avocat est jugé depuis mardi 6 juin par la cour d'assises de Versailles pour un viol et des agressions sexuelles sur cinq femmes dont sa belle-fille, alors mineure de 13 ans. Les faits auraient été commis entre 2003 et 2010.

Il encourt 15 ans de réclusion.


Restez sur cette page pour connaître le verdict attendu ce vendredi 23 juin.


Live Tweet procès par Sanaa Hasnaoui 

 

Sur le même sujet

Florian Truchot, vise le plus haut niveau international en natation

Près de chez vous

Les + Lus