Confinement : "Silence, ça tourne" chez les élèves du lycée Rotrou de Dreux

Privés de tournage, les élèves de la section Cinéma du lycée Rotrou de Dreux réalisent des court-métrages depuis chez eux. Une cinquantaine se trouve déjà en ligne sur parmafenetre.fr. Une initiative soutenue par des grands noms du cinéma français, Mathieu Almaric, Michel Gondry.
Déjà 55 films publiés sur le site Par ma fenêtre malgré le confinement. Pourtant l’exercice proposé ne semblait pas simple de prime abord. Raconter un souvenir tourné en plan séquence, depuis sa fenêtre, avec un smartphone, sans montage.  

C’est un exercice de cinéma pur. Il implique une réflexion sur le cinéma, sur les moyens, sur le geste de filmer Thierry Méranger, Coordinateur section Cinéma Lycée Rotrou de Dreux

"Il a fallu plusieurs prises pour réussir à cadrer et poser ma voix en même temps", reconnaît Gabrielle Fréville. La lycéenne est en terminale option cinéma.

Comme les 120 élèves inscrits dans ce cursus, elle a dû suspendre les tournages et les montages à cause du confinement. Un enfermement qu’elle évoque dans son film de 55 secondes "L’envol" tourné depuis la fenêtre de la maison familiale à Brézolles en Eure-et-Loir, où elle revient sur un épisode de son enfance, marqué par la maladie, qui a changé sa façon d’appréhender la vie.  

"Etre spectatrice d’un monde désert, désespérément, se demander quand ce cauchemar prendra fin, imaginer tout ce que l’on pourrait faire et vivre, une situation déjà vécue à l’âge de 7 ans… ".

L’envol

Un film de Gabrielle Fréville

Voir d'autres films : www.parmafenetre.fr

Révélateur de bio diversité

Au travers du projet Wind(OW) les élèves se révèlent dans leur diversité. Pour son petit "court" "Vivre masqué", Yassine Drii s’est inspiré du film "Elephant man" de David Lynch. La tête recouverte d’un sac en papier, le personnage tente de manger des pâtes. En arrière-plan, au-delà de la fenêtre, les immeubles du quartier laissent découvrir son environnement proche.

"Avec le confinement, on pensait que tout allait s’arrêter. C’était difficile. Le projet WIND(OW) nous permet de rester en contact les uns avec les autres, d’être solidaire, c’est vraiment une bonne idée".

Chaque film fait l’objet d’un commentaire. Les discussions créent une émulation. "Le projet  entretient la passion des élèves pour le cinéma mais il va bien au-delà", explique le critique et précurseur du projet Thierry Méranger. "Il leur permet d’aborder tous les aspects de la vie et d’assouvir leur besoin de communiquer."

Vivre masqué

Un film de Yassine Drii

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Mathieu Almaric, Michel Gondry et les autres

Filmer depuis sa fenêtre, en plan séquence, le cinéaste et acteur Mathieu Almaric s’est prêté à l’exercice… Ont suivi Michel Gondry, Rolf de Heer depuis l’Australie dans un bouleversant adieu à Mathilde… La photographe, Marlène Fisseau, ancienne élève de Rotrou, redécouvre le chant des oiseaux place de Clichy. Et ce n’est pas fini, une quinzaine de films sont en cours de réalisation nous assure Thierry Méranger. Les enseignants du lycée - toute discipline confondue - réfléchissent à leur contribution. 

Au retour des vacances scolaires, le 27 avril, les lycéens de Dreux, férus de cinéma, reprendront leur cours virtuel. Les films qu'ils réalisent pour le projet WIND(OW) ne compteront pas pour le contrôle continu et l'obtention du baccalauréat. Ils compteront pour bien plus que ça, puisque qu'ils auront contribué à révéler une part - même infime - de l'intimité de chacun. 
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