Dreux : malgré les cinémas fermés, le festival Regards d’Ailleurs projette des films pour les scolaires

Consacré à l’Irlande, le festival Regards d’Ailleurs se déroule du 17 mars au 14 avril 2021. Il s’adresse cette année uniquement aux scolaires, de la maternelle au lycée, dans l’agglomération de Dreux et dans le Nord de l'Eure-et-Loir.

Après une édition tronquée en 2020, le festival Regards d'ailleurs 2021 remet à l'honneur l'Irlande. Les projections ont lieu dans l'amphithéâtre du lycée Rotrou de Dreux, ainsi que dans plusieurs établissements.
Après une édition tronquée en 2020, le festival Regards d'ailleurs 2021 remet à l'honneur l'Irlande. Les projections ont lieu dans l'amphithéâtre du lycée Rotrou de Dreux, ainsi que dans plusieurs établissements. © Association Fenêtre sur Films / Google Maps

Tous les cinémas sont fermés depuis fin octobre. Impossible donc de faire des projections dans les salles obscures de Dreux et de l’Eure-et-Loir. Malgré cela, l’association Fenêtre sur Films a réussi le tour de force d’organiser son festival Regards d’Ailleurs, consacré à nouveau à l’Irlande (voir encadré).

L’édition 2020 qui devait se dérouler du 11 mars au 8 avril avait dû s’arrêter brusquement au bout de quatre jours, avec l’annonce du premier confinement. Alors un an après, il fallait trouver une solution.

"Nous sommes partis du principe qu’à partir du moment où les cours étaient maintenus, on pouvait, dans le respect des règles sanitaires, organiser des séances dans des lieux vastes qui permettent la distanciation et sans mélanger les classes", explique Thierry Méranger, le délégué général et artistique du festival.

Un retour aux sources

Ce choix apparaissait aussi comme un retour aux sources : "Il est né en même temps que l’option cinéma du lycée Rotrou de Dreux, raconte Thierry Méranger. Avant de devenir un festival tout public, il était destiné aux lycéens qui choisissaient cette spécialité."

C’est donc logiquement qu’une partie des projections se déroule dans cet établissement. La proviseure Patricia Bouzouina était elle aussi déterminée à faire aboutir le projet malgré la situation sanitaire.

"Ce qui est important pour nous, c’est de maintenir le cinéma, de montrer que l’art n’est pas mort, explique-t-elle. C’est d’autant plus important que nous avons la spécialité d’arts visuels au lycée, donc cela donne du sens à ce que font nos élèves." Ils sont en effet plus de 80, de la seconde à la terminale, à avoir pris cette option.

35 dans un amphi de 200 places

En plus du soutien de la Ville de Dreux, le lycée et l’association ont obtenu l’accord de la direction académique d’Eure-et-Loir qui leur a clairement dit "tant qu’on peut maintenir, on maintient", rapporte la proviseure.

Il faut dire que les conditions offertes par l’établissement permettent l’organisation de l’événement : "On a un amphithéâtre qui ressemble à une salle de cinéma, décrit-t-elle. Quand on accueille les élèves, ils sont maximum 35 dans un amphi de 200 places."

Les jours de projection, le lycée organise en moyenne quatre séances par jour, avec l’aide de cinq professeurs, pour ses propres lycéens mais aussi pour des élèves extérieurs, de la 6e à la terminale.

L’accès à l’amphithéâtre se fait par une entrée indépendante. "C’est aéré et nettoyé entre chaque séance. On est très vigilant", insiste Patricia Bouzouina.

Double travail

La suspicion d’un variant ce vendredi dans l’établissement ne devrait donc pas empêcher pour l’instant le maintien du festival. Le médecin scolaire a d’ailleurs décidé de renvoyer chez eux 51 cas contacts potentiels.

Cette édition est malgré tout éprouvante pour l'association car les séances changent parfois notamment quand des classes sont en demi-jauge et qu’il faut organiser deux projections au lieu d’une. "C’est extrêmement dur, cela double le travail d’organisation", souffle le délégué général.

C'est d'ailleurs ce qui risque de se passer dès la semaine du 29 mars, car la proviseure a décidé de passer en "hybridation totale", c’est-à-dire que tous les élèves travailleront une partie du temps en distanciel.

20 établissements

Pour les élèves de maternelle et de primaire, l’association a acheté deux kits de vidéo-projection et va "montrer des programmes dans les classes qui en ont fait la demande", poursuit-il. L'association a d'ailleurs mis en ligne une vidéo sur son compte Facebook pour montrer le résultat :

Thierry Méranger précise : "On n’a pas la vocation à faire cela. Ce sont vraiment les circonstances exceptionnelles qui nous y amènent, on veut juste que le lien soit maintenu et nous le faisons en accord avec le cinéma CinéCentre de Dreux, partenaire du festival."

Pour l’instant, une vingtaine d’établissements, de la maternelle au lycée, participe à l’événement, et une douzaine de bénévoles organise les projections. "On reçoit encore des sollicitations, d’autres vont encore s’inscrire", prédit-il. Il sait très bien que cette édition n’atteindra jamais l’affluence de 2019, avec 5.000 scolaires.

Si on en avait la moitié, ce serait une énorme victoire. 

Thierry Méranger

Lancé le 17 mars, le festival se déroulera jusqu’au 14 avril. Voire au-delà : "On vit une année tellement hors norme, on ne s’interdit pas de refaire une projection après si on a des demandes de classes", avance-t-il. En respectant bien entendu les règles sanitaires et légales.

L’Irlande à l’honneur

Chaque année, le festival Regards d’Ailleurs est consacré à un pays différent. Sauf en 2021. L’édition 2020 était en effet consacrée à l’Irlande mais s’était brutalement arrêtée avec le confinement à la mi-mars.  

L’équipe organisatrice a donc choisi de reprendre ce pays celte "parce qu’on avait une grande frustration, reconnaît Thierry Méranger. On avait aussi fait l’acquisition de certains droits des films."

Plusieurs programmations ont été mises en place :

  • "Tout-petits irlandais" pour les maternelles
  • "Petits irlandais" pour les primaires
  • Pour les collèges et les lycées.

Parmi les films qui devraient plaire aux plus grands, Thierry Méranger, par ailleurs critique aux Cahiers du Cinéma, mise sur Le Cheval venu de la mer de Mike Newell, et The Snapper de Stephen Frears.

"On va aussi leur montrer des courts-métrages d’une société de production irlandaise", dont le fondateur Tomm Moore est nommé aux prochains Oscars. "On essaye de montrer des films qui renvoient à quelque chose de plus joyeux. Il n’y a pas que des histoires de Brexit, de problèmes politiques ou de terrorisme", explique le critique et directeur artistique.

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