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Eure-et-Loir : les dirigeants de l’usine Konecranes de Vernouillet convoqués devant le tribunal administratif

© F3 Centre
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La direction de l’usine Konecranes, à Vernouillet, doit être entendue au tribunal de Chartres lundi 18 février. Les employés, menacés de licenciement en raison d’un redéploiement de la production en Allemagne, lui reprochent notamment de refuser de leur montrer ses chiffres.
 

Par Richard Duclos

Lundi 18 février, une partie du personnel de l’usine Konecranes de Vernouillet, en Eure-et-Loir, sera devant le tribunal administratif de Chartres pendant l’audience de ses dirigeants. Le fabricant d'engins de levage et de grues est convoqué devant la justice après un recours en référé déposé par le CE.

Celui-ci dénonce l’absence de communication de la part de la multinationale finlandaise, alors qu’une centaine d’emplois sont menacés. Mis en concurrence avec d’autres usines du groupe pour la fabrication d’une nouvelle génération de palans électriques, le site de Vernouillet n’a en effet pas été retenu, au profit d’une usine allemande. Et la direction n’ayant trouvé aucune solution de remplacement, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a été déclenché.
 
 

"On se moque de nous"


Le CE a mandaté des experts pour examiner les comptes de l’entreprise, mais ces experts n’ont toujours pas obtenu les chiffres demandés. "On se moque de nous", proteste José Pereira, le secrétaire du CE. Au-delà des chiffres comptables, c’est les critères mêmes qui ont conduit Konecranes à choisir l’Allemagne et pas Vernouillet que les employés ignorent. "On ne sait rien. On sait seulement que nous n’avons pas été choisis, poursuit José Pereira. Nous avons eu des réunions avec les dirigeants, mais ils ne donnent pas de réponses, ou fournissent des documents au dernier moment, sans que l’on puisse les étudier avant les réunions".

Mardi 12 février, les dirigeants de Konecranes ont été reçus à Bercy par Jean-Pierre Floris, le commissaire interministériel à la réindustrialisation. Une délégation de salariés s’est aussi rendue à Paris, mais a été bloquée à l’entrée du ministère de l’Economie. Les employés n’ont pas insisté, un rendez-vous avec ce même Jean-Pierre Floris étant déjà prévu mercredi 20.

D’après José Pereira, la direction a promis de maintenir tous les emplois jusqu’au 31 décembre 2019. Mais les 120 salariés s’inquiètent d’être licenciés avant cela. A Dreux, le pôle service après-ventes (une trentaine d’emplois) craint lui aussi pour son avenir si l’activité de production est délocalisée. Pour l’heure, seul un repreneur aurait manifesté un intérêt pour l’usine, "mais aucune visite n’est a priori prévue", souligne le secrétaire du CE.

Dans l’incertitude quant à leur sort, les salariés continuent de se rendre à l’usine. "Mais nous n’avons plus le cœur à travailler", fait remarquer José Pereira, chez Konecranes depuis plus de 40 ans.


Mise à jour :

A la demande de l'avocat de la direction, l'audience de Konecranes a été reportée au 11 mars prochain.

 

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