« Il n’y a pas que les profs, au rectorat aussi on souffre », le cri d’alarme des salariés de l’académie Orléans-Tours

Le rectorat de l'Académie d'Orléans-Tours est situé rue Saint-Etienne, derrière la cathédrale Sainte-Croix. / © Google Street View
Le rectorat de l'Académie d'Orléans-Tours est situé rue Saint-Etienne, derrière la cathédrale Sainte-Croix. / © Google Street View

Des syndicats dénoncent le mal-être au travail des agents du rectorat de l'Académie Orléans-Tours. Une délégation intersyndicale a été reçue par la secrétaire générale de l'académie ce lundi 17 février pour alerter sur les conditions de travail au sein du service DSI.

Par Barbara Gabel

"Il n’y a pas que les profs à l’Éducation Nationale : dans les bureaux du Rectorat on souffre aussi, mais ça s’entend moins", pouvait-on lire dans le communiqué de presse de la CGT, SGEN-CFDT et Sud Education, daté du 15 février.

Reçue par le rectorat de l’Académie d’Orléans-Tours ce lundi 17 février après une demande d'audience, une délégation intersyndicale a fait part du malaise grandissant des agents du rectorat. Les représentants syndicaux se sont notamment exprimés sur la situation de travail au sein de la DSI (Division des systèmes d’information), et plus largement sur les conditions de travail des agents travaillant sur les sites de Saint-Etienne et rue Molière.
 

Deux décès en janvier 2020

Si les organisations syndicales ont décidé d’alerter sur la situation au travail au sein de la DSI, c’est parce que la charge de travail aurait explosé avec la mise en place des réformes de l'Éducation Nationale. Par ailleurs, elles ont appris le décès soudain de deux agents au mois de janvier 2020.

Le premier serait un suicide, "difficilement imputable aux service de la DSI", nous dit le SGEN-CFDT d'Orléans-Tours. Le deuxième agent serait, toujours selon le syndicat, "décédé d'une crise cardiaque qui nous donne la conviction que le stress qu'il subissait au travail depuis plusieurs mois est l'une des causes".

D'après les éléments consultés par France 3, ce deuxième agent avait signalé un fait de harcèlement moral par le biais du registre de santé et sécurité au travail 15 jours avant son décès. Pour le moment, aucun lien n’est établi entre son décès et la situation de mal-être au travail.
 

Une situation prise "très au sérieux" au rectorat

Au rectorat, on confirme que la situation "est prise très au sérieux" et que "des réponses ont été apportées avec une amélioration des conditions de travail, tout particulièrement des locaux." On ajoute "qu'une intervention est prévue de la part du chef du service concernant les relations interpersonnelles au travail".

"Un discours du déni", répond-on du côté de la CGT Educ’action Orléans-Tours. "Il y a un gros décalage entre le discours institutionnel du bien-être au travail et la réalité sur le terrain."

 

 

Le CHSCT saisi pour une enquête

Ces éléments ont amené les organisations syndicales à saisir le CHSCT académique pour une enquête. Ce sujet sera à l’ordre de sa prochaine réunion programmée le 19 mars prochain. Si l’enquête est ouverte, elle aura pour objectifs d’évaluer les liens éventuels avec le travail pour ces deux décès et d’examiner les conditions de travail pour l’ensemble des agents de la DSI.

Les syndicats l'assurent, il ne s'agit pas que d'un mal-être au sein de la DSI. "On voit parfois des collègues des autres services en pleurs", témoigne la secrétaire académique de la CGT Educ’action Orléans-Tours. "La cause est générale et ce sont les plus fragilisés qui y passent."
 

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