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Le coup de colère de la CLCV : « Cette hausse de 5,9 % du prix de l’électricité n’aurait jamais dû avoir lieu ! »

L’arrivée de la concurrence aurait dû mécaniquement faire baisser les prix de l'électricité. En réalité, il n'en a rien été. / © Aurélie Audureau / maxppp
L’arrivée de la concurrence aurait dû mécaniquement faire baisser les prix de l'électricité. En réalité, il n'en a rien été. / © Aurélie Audureau / maxppp

Depuis le 1er juin, nous payons l’électricité 5,9 % plus cher. Un paradoxe puisque l’arrivée de la concurrence aurait dû faire baisser les prix. Pendant que les députés débattent du projet de loi énergie-climat, l’association de consommateur CLCV dénonce cette situation.
 

Par Luc Perot

Marie-Claude Fourrier, la vice-présidente de la CLCV en charge de la consommation ne décolère pas. « Cette hausse de 5,9 % de l’électricité n’aurait jamais dû se produire ! » tonne-t-elle. C’est vrai qu’une telle augmentation à peine le mouvement des gilets jaunes essoufflé a de quoi surprendre.

Pour comprendre ce qu’il s’est passé, il faut revenir quelques années en arrière. L’ouverture du marché de la distribution de l’énergie à la concurrence, en 2007 et le vote de la loi Notre par le Parlement français, fin 2010 étaient sensées aboutir à des offres plus compétitives de la part des différents fournisseurs… pour la plus grande joie des consommateurs. Ça, c’était en théorie. Parce qu’en réalité, c’est tout le contraire qui s’est produit.

Jusqu’à l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence, c’est l’Etat qui fixait les tarifs de l’électricité. Depuis, ce même Etat a voulu permettre aux nouveaux opérateurs de s’installer sur ce marché aux côtés d’EDF, en fixant à ce dernier un tarif dit règlementé. A charge pour les nouveaux entrants de se fournir auprès de producteurs étrangers.

Un grand perdant : le consommateur


Tout allait bien jusqu’à présent : les opérateurs pouvaient à la fois se fournir là où les prix étaient bas et revendre l’électricité aux consommateurs français avec une marge suffisante pour faire face à EDF, l’opérateur historique. Seulement voilà : depuis quelques temps, les cours mondiaux se sont mis à monter, rendant du même coup les tarifs pratiqués par EDF nettement plus compétitifs. Et la quasi-totalité des opérateurs présents sur le marché français de se retourner vers EDF pour lui acheter son énergie nucléaire, nettement moins chère. Avec un double effet pervers : EDF peine à produire une quantité suffisante d’énergie pour tout le monde et vend à un tarif minoré par rapport au marché, creusant encore un peu plus son propre déficit.

C’est précisément pour contrer cet effet que le gouvernement a pris la décision d’augmenter massivement les tarifs règlementés. Avec un grand perdant : le consommateur.

La CLCV accuse le gouvernement de « saper les fondements des tarifs réglementés »


 « Pour nous, explique Marie-Claude Fourrier de la CLCV, les tarifs règlementés devraient suivre logiquement l’évolution des coûts et non les soubresauts des fournisseurs alternatifs. Leur fonction, c’est avant tout d’assurer la stabilité des prix. Avec la méthode choisie par le gouvernement, c’est la priorité qui est donnée au court terme. Les alternatifs sont satisfaits d’avoir la quantité d’électricité nucléaire qu’ils désirent, et EDF trouvera quant à lui une compensation par une hausse de son tarif de gros. Les perdants de cette réforme, ce sont encore les consommateurs ».

La CLCV accuse le gouvernement de « saper les fondements des tarifs réglementés en les faisant tendre de plus en plus vers un tarif de marché maximum ».

Pas sûr que les manifestants des ronds-points qui ont peu à peu raccroché leur gilet jaune au porte-manteau soient ravis  de cette hausse brutale et de ses raisons.

Le webreportage de Luc Pérot :
Augmentation du tarif de l'électricité : le coup de colère de la CLCV
Depuis le 1er juin, nous payons l’électricité 5,9 % plus cher. Un paradoxe puisque l’arrivée de la concurrence aurait dû mécaniquement faire baisser les prix. Pendant que les députés débattent du projet de loi énergie-climat, l’association de consommateur CLCV dénonce cette situation. - France 3 Centre-Val de Loire - Luc Pérot

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