Entretien avec le nouveau président de l’université de Tours, Arnaud Giacometti

A 53 ans, Arnaud Giacometti a été élu président de l’université de Tours ce lundi 30 novembre 2020. Entre gestion de la crise sanitaire, rénovation du site des Tanneurs et réorganisation du système de santé, l’ancien professeur en informatique a du pain sur la planche.
 
Un des premiers enjeux pour Arnaud Giacometti, élu président de l'université de Tours ce lundi 30 novembre 2020 : assurer le suivi de ses étudiants confinés.
Un des premiers enjeux pour Arnaud Giacometti, élu président de l'université de Tours ce lundi 30 novembre 2020 : assurer le suivi de ses étudiants confinés. © Romain Boulanger/ MaxPPP
L’université de Tours, Arnaud Giacometti la connaît par cœur et pour cause, cela fait aujourd’hui 26 ans qu’il y est entré en tant que professeur d’informatique. Ce lundi 30 novembre 2020, il en est devenu le président.  

Avec près de 60% des voix, l’homme de 53 ans prend la succession de Philippe Vendrix qui, quelques jours avant l’élection, avait décidé de ne pas se représenter.

Candidat pour la liste "L’Université ensemble", Arnaud Giacometti avait notamment été vice-président en charge des relations internationales de 2009 à 2016, co-directeur du département d'informatique de la faculté des sciences et techniques à Blois, puis élu directeur adjoint du Laboratoire d'informatique fondamentale et appliquée de Tours (LIFAT) en 2012.

Aujourd’hui, il sera donc responsable, pour au moins quatre ans, de l’organisation des sites universitaires de Chinon, de Blois et de Tours, qui rassemblent au total plus de 30 000 étudiants.
 Arnaud Giacometti : C’est l’aboutissement d’un long processus qui a commencé début janvier 2020. Au départ je ne pensais pas me présenter pour la présidence. C’est venu petit à petit, avec la volonté de proposer un véritable programme et pas seulement une force d’opposition.

Même si je suis un peu triste d’abandonner ma fonction de professeur-chercheur, c’est un réel honneur pour moi de prendre la tête d’un établissement aussi important et je suis conscient de la responsabilité que cela implique. C’est une marque de confiance de la part de tout le personnel et ça me touche beaucoup.
 Arnaud Giacometti : Notre priorité c’est tout d’abord de venir en aide aux étudiants les plus en difficulté en raison de la crise actuelle, que ce soit sur le plan éducatif, économique ou sanitaire. Nous souhaitons également renforcer au plus vite l’accompagnement et l’insertion des étudiants handicapés.

Côté formation, nous nous devons d’intégrer au mieux les nouveaux arrivants à l’université et ce même avec la situation exceptionnelle que nous vivons. Nous voulons également revaloriser les offres de master et d’y augmenter le nombre de place. Avec la crise sanitaire, l’un des enjeux c’est aussi d’accueillir au mieux les personnes qui voudront se réorienter et reprendre leurs études.

Côté nouveautés, nous avons cette fois-ci élu un binôme à la vice-présidence en charge de la recherche. Avec un versant plus scientifique et un autre davantage tourné vers les sciences humaines et sociales, essentielles au vu des enjeux sociétaux et environnementaux actuels. Nous avons également créé une vice-présidence chargée de recréer un lien avec la société civile, qui travaillera en étroite collaboration avec la municipalité de Tours.

Pour réaliser ces projets, je veux impliquer tout le monde : les professeurs, l’administration mais aussi les étudiants. C’est pourquoi nous avons élu ce jeudi 3 décembre l’étudiante Audrey Landrieve vice-présidente en charge des nouvelles solidarités et de la citoyenneté.Arnaud Giacometti : Nous avons constaté une augmentation des décrochages scolaires au premier semestre et nous devons urgemment remédier à ce problème. Nous prévoyons d’embaucher entre 150 et 250 tuteurs étudiants supplémentaires, ce qui permettra aux plus précaires d’entre eux de gagner un peu d’argent et aux décrocheurs de reprendre les cours.

Il est essentiel de reprendre les enseignements en présentiel dès le début du second semestre. Si le gouvernement reste sur l’idée de ne rouvrir les universités qu’à partir du 1er février, plusieurs filières décaleront leur calendrier pour ne reprendre leurs programmes qu’en présentiel.

Nous envisageons également de faciliter l’accès des étudiants à des stages si la réorientation n’est pas possible, car nous savons que ces expériences sont souvent formatrices pour eux et qu’elles leur permettent de mieux se projeter dans un projet professionnel. Reste à savoir si les entreprises seront en capacité de les accueillir.  Arnaud Giacometti : C’est en effet un sujet qui est souvent revenu dans les échanges que nous avons eu avec les étudiants et c’est tout à fait légitime. Concernant cette affaire, l’enquête est en cours et elle risque de durer un moment. Des défibrillateurs ont été installés dans les différents sites ou sont en cours d’installation.

Par ailleurs, nous prévoyons d’installer des permanences du système de santé universitaire (SSU) dans toutes les antennes de l’université.
 
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