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Epidémie de rougeole : recrudescence de cas en Indre-et-Loire

La vaccination est le meilleur moyen de lutter contre la rougeole. / © Schneyder Mendoza / AFP
La vaccination est le meilleur moyen de lutter contre la rougeole. / © Schneyder Mendoza / AFP

En région Centre-Val de Loire, 14 cas de rougeole ont été recensés depuis le 1er janvier 2019, dont 12 dans le seul département de l'Indre-et-Loire. En cause : une baisse de la couverture vaccinale.

Par Gaëlle Le Roux

"La couverture vaccinale en Centre-Val de Loire est insuffisante". L'agence régionale de santé, l'ARS, tire la sonnette d'alarme : depuis le 1er janvier 2019, 14 cas de rougeole ont été déclarés en Centre-Val de Loire, dont 12 pour le seul département de l'Indre-et-Loire (un cas a été recensé dans l'Indre, un autre en Eure-et-Loire). Parmi les 244 cas detectés depuis le début de l'année sur l'ensemble de la France, 30% des malades ont été hospitalisés.
 
Depuis le début de l'année, environ 80 personnes ont été hospitalisées en France après avoir contracté la rougeole. / © D. Pouget
Depuis le début de l'année, environ 80 personnes ont été hospitalisées en France après avoir contracté la rougeole. / © D. Pouget


La persistance de cette maladie, qui avait pourtant été pratiquement éradiquée dans les années 90, s'explique par une baisse conséquente de la couverture vaccinale. Dans la région, moins de 80% des enfants de moins de deux ans sont vaccinés, un taux qui tombe à 76% en Indre-et-Loire. Loin donc du seuil de 95% permettant d'éradiquer la maladie. Les jeunes adultes, entre 15 et 35 ans, ne sont pas non plus assez vaccinés. Le ROR ou MMR (vaccin en deux doses protégeant contre la rubéole, les oreillons, et la rougeole) n'est obligatoire que pour les enfants nés après le 1er janvier 2018.

"La rougeole n'est pas une maladie banale"


Or, rappelle l'ARS, la rougeole est une maladie extrêmement contagieuse, une personne contaminée peut infecter jusqu'à 20 individus (dix fois plus contagieux que la grippe!), et elle est surtout à l'origine de complications parfois gravissimes. "La rougeole n'est pas une maladie banale", martèle Zoha Maakaroun-Vermesse, pédiatre infectiologue CHRU de Tours. C'est une maladie qui peut parfois se compliquer d'atteintes des poumons, voire du cerveau – ce qu'on appelle des encéphalites – et peut entraîner le décès".
 


Malgré une intensification de la communication en faveur de la vaccination, de nombreuses familles restent sceptiques, voire hostiles à la vaccination. La faute aux "fake news", accuse Zoha Maakaroun-Vermesse. "Tout ce que les 'anti-vaccins' font circuler sur les réseaux sociaux au sujet des effets potentiellement indésirables est faux ! Cela fait peur aux gens", s'insurge-t-elle. Les "anti-vaccins" assurent ainsi, sur la base d'une étude datant de 1998, que l'aluminium présent dans les vaccins pouvaient être à l'origine de troubles du développement et provoquer des autismes. L'étude en question reposait sur le suivi de 12 enfants, elle a été retirée de la revue scientifique qui l'avait publiée : l'auteur avait falsifié les chiffres; il a depuis perdu sa licence.

Une nouvelle étude menée au Danemark, publiée début mars dans les très sérieuses Annales de Médecine interne aux États-Unis, se base sur le suivi de quelque 650 000 enfants pendant plus d'une décennie. Ses conclusions sont claires : les vaccins contre la rougeole n'augmentent pas les risques d'autisme. « L’étude soutient fortement le fait que le vaccin n’augmente pas le risque d’autisme, ne déclenche pas l’autisme chez les enfants susceptibles [ayant des facteurs de risque], et n’est pas associé avec un regroupement de cas d’autisme après la vaccination », écrivent les chercheurs. Elles confirment de précédent travaux menés en 2002 et portant sur 537 000 enfants danois.
 

 

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