Indre-et-Loire : les sinistrés de la sécheresse demandent justice

Dans le département, seules 24 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle cette année. Une reconnaissance très parcellaire, au regard des difficultés des sinistrés. 

En Indre-et-Loire, des centaines de maisons endommagées par la sécheresse.
En Indre-et-Loire, des centaines de maisons endommagées par la sécheresse. © France 3 CVDL
De Chambray-les-Tours à Ballan-Miré, jusque Esvres, même constat : leurs maisons vont craquer. En Indre-et-Loire, des centaines de maisons sont endommagées par la sécheresse qui a frappé le département ces dernières années. Les communes touchées partagent un point commun : un sol argileux, très sensible à cette variation climatique. 

Résultat, chez Michel Thielin, à Chambray : "Il y a 10 ans que les fissures sont apparues. La sécheresse, évidemment. Et comme il fait de plus en plus aride chaque été, toutes les maisons bougent" explique ce propriétaire aux murs désormais lézardés. 
 
Le domicile de Michel Thielin, à Chambray-les-Tours.
Le domicile de Michel Thielin, à Chambray-les-Tours. © France 3 CVDL


"Personne ne vient jamais sur place"


Pourtant, Michel Thielin ne bénéficiera pas de la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. "Cette année en Indre-et-Loire, 70 communes n’ont pas été reconnues, 24 l’ont été, on ne sait pas pourquoi", s'agace Christian Gatard. Maire de Chambray-les-Tours, il est également président de l'AZCA, l’Association des Communes en Zones Argileuses. "Ces arrêtés "Cat Nat" sont pris sur des critères du ministère de l’Intérieur, qui sont incompréhensibles : personne ne vient jamais sur place, personne n’a jamais constaté la réalité des dommages."

Pire encore : le ministère a pris la décision d'annuler la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle pour 3 communes, victimes de l'épisode de sécheresse de 2016. Pour l'AZCA, cette annulation surprise, c'est la preuve que l'attribution "se fait dans des formes discutables, sans transparence, en l’absence de critères motivés". "Nous demandons des nouveaux critères établis par des commissions d’experts indépendants et libres de toute pression politique", appuie Christian Gatard. 

Car l'état de catastrophe naturelle permet surtout aux propriétaires de bénéficier d'une indemnisation afin de prendre en charge des rénovations souvent coûteuses. A Ballan-Miré, Guy Saumureau n'a pas les moyens de financer les travaux de son domicile. "De mois en mois, ça se dégrade. Nous, on a travaillé toute notre vie, maintenant qu’on pourrait être heureux, en retraite, c’est des soucis qu’on ne mérite pas d’avoir."
 
Le domicile de Guy Saumureau, à Ballan-Miré.
Le domicile de Guy Saumureau, à Ballan-Miré. © France 3 CVDL

 
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