Indre-et-Loire : la future équipe de France de floorball en démonstration à Montbazon

En accueillant la future équipe de France féminine de floorball du 1er au 3 janvier 2021, le club des Salamandres de Montbazon (Indre-et-Loire) veut continuer de promouvoir ce sport encore méconnu, dans l'espoir qu'il soit enfin reconnu. 

L'équipe des Salamandres lors du tournoi international de floorball face à St Lô.
L'équipe des Salamandres lors du tournoi international de floorball face à St Lô. © Miguel Péru

Que font les Suédois lorsqu'ils sortent du boulot ? Non, ce n'est pas une devinette de mauvais goût. En tout cas, Miguel Péru répondrait sans hésiter "le floorball". C'est d'ailleurs comme cela qu'il a découvert ce sport encore peu connu en France. Lorsqu'il vivait en Suède, où il est incontournable. "J'ai découvert le floorball car, là-bas, après le travail, tout le monde a sa crosse à la main et part jouer avec ses collègues", glisse-t-il. 

C'est même le sport national de ce pays scandinave, assure Miguel Péru. Pour cause : il a été développé dans les années 1970 par des joueurs de hockey sur glace qui cherchaient à s'entraîner en été, lorsque les patinoires étaient fermées. De son grand frère, le floorball n'a gardé que la crosse. Pas de patins, pas de protections, pas (ou très peu) de contacts physiques.

T-shirt, short, basket, deux équipes de cinq joueurs s'affrontent sur un terrain semblable à celui du handball. De son grand frère, le floorball a surtout gardé la rapidité et la technique. Les crosses en fibres de carbone sont légères et maniables, comme les balles utilisées. 

Après huit ans en Suède et en Finlande, Miguel Péru a rapporté un peu de Scandinavie lors de son retour en France. L'animateur périscolaire propose alors la pratique du floorball dans les écoles de Montbazon, près de Tours, et de ses alentours. Désireux de démocratiser ce sport, il ouvre avec sa femme un club en 2013, toujours à Montbazon.  

Sept ans plus tard, fort de ses 105 licenciés (85 enfants et 20 adultes), le club des Salamandres du Val de l'Indre est l'un des plus grands clubs de floorball de France. Ses équipes enchaînent les compétitions régionales, nationales et internationales, et ont même eu le droit à une mascotte salamandre pour encourager les jeunes joueurs. Si le Covid-19 est passé par là et a ralenti l'activité du club, les Salamandres attendent avec impatience une autre victoire – même un "honneur" : la visite, du 1er au 3 janvier 2021, de l’équipe de France féminine de floorball. 

Objectif : coupe du monde ?

Equipe qui reste – certes – à créer. Pour ce faire, 23 joueuses se retrouvent à Montbazon autour du nouveau sélectionneur de l’équipe nationale et de son équipe (le tout dans le respect des consignes sanitaires). A la fin de la rencontre, composée d'entraînements et d'exercices, 17 joueuses seront sélectionnées pour participer aux qualifications de la coupe du monde de foorball, qui a lieu en février 2021. 

"Cela va être difficile", concède Miguel Péru, face à des équipes "colossales" comme celles de la Suède, de la Finlande ou encore de la République Tchèque. Le vice-président des Salamandres, qui est aussi responsable des compétitions à la fédération Française de floorball, relativise : "Mais c'est un début, et c'est comme ça qu'on apprend". La participation de la France aux qualifications pour la coupe du Monde est surtout une opportunité à ne pas manquer pour le floorball français. "Il important que la France soit représentée, car nous voulons montrer que nous sommes une nation qui développe le floorball", souligne Miguel Péru. "La France a un rôle à jouer"

Car, si le floorball est reconnu par le Comité international olympique depuis 2011, il ne l'est toujours pas en France. Il est donc inexact de parler de "fédération française de floorball", celle-là étant encore une association. Pourtant, près de 45 clubs de floorball existent en France. Un "paradoxe" que Miguel Péru explique par le fait que le floorball n'est pas "assez connu ni reconnu" en France. Et ce, malgré une médaille de l'Assemblée nationale reçue en 2018 récompensant Miguel Péru et Cécilia Lair pour "le développement du floorball" dans le pays et des invitations envoyées à l'Etat pour assister à des tournois internationaux. 

Le vice-président des Salamandres espère présenter prochainement un dossier complet au ministère des Sports pour avancer dans sa reconnaissance et se donne un an ou deux "pour être à la hauteur". Alors, si accueillir la future équipe de France de floorball est une fierté, celle-ci est aussi mêlée à l'envie de "crédibiliser ce sport". "Je veux montrer que ce sport est beau et qu'il vaut le détour", insiste Miguel Péru.

Médiatiser ce sport, "qui reflète les valeurs d'aujourd'hui"

Car Miguel Péru en est convaincu : le floorball est en parfaite adéquation avec les valeurs de respect et d'accessibilité qui "reflètent la société d'aujourd'hui". "Ce sport est adapté pour les jeunes, il est pédagogique et sécurisé", ajoute-t-il.  Il prend l'exemple d'un enfant de son club, en situation de handicap. S'il avait peur des ballons de football par exemple, "il a réussi à avoir sa place dans le milieu collectif du floorball, qui n'est pas agressif".

Les Salamandres de Montbazon (en noir) contre les Griffons D’Oc lors d'un match amical.
Les Salamandres de Montbazon (en noir) contre les Griffons D’Oc lors d'un match amical. © Miguel Péru

Même "pour les plus timides", continue le vice-président du club des Salamandres. "Tout le monde peut y trouver sa place. Il a une accessibilité que tous les sports n'ont pas. La seule épreuve physique nécessaire est de courir". Miguel Péru met un point d'honneur à rappeler que le floorball se joue aussi en équipe mixte et encourage les filles à pratiquer ce sport aux côtés des garçons, afin que "plusieurs styles de jeu se complètent".

Miguel Péru note aussi l'accessibilité financière de ce jeu, avec le prix des crosses qui peut varier entre 15 et 200 € selon leur qualité. Il conclut : "La mentalité nordique est parfaitement reflétée dans le floorball".

 

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